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Vendredi 3 Septembre 2010
20:36

ZOMBI 2 (25th Anniversary Special Edition), l’édition DVD zone 1

Incursion éprouvante dans le monde du macabre, ZOMBI 2 de Lucio Fulci débarque enfin sur les tablettes dans une luxueuse édition DVD 25ème anniversaire digne de la sulfureuse réputation acquise par le film au cours des années. Si certains cinéphiles préféreront passer leur tour devant l’étalage sanglant proposé par ce bal des zombies, les amateurs d’émotions fortes ne se priveront sans doute pas du plaisir de dévorer à pleines dents chacune des minutes de cette appétissante édition spéciale.



ZOMBI 2 (25th Anniversary Special Edition) (1979), l’édition DVD zone 1
ZOMBI 2 (25th Anniversary Special Edition) (1979), l’édition DVD zone 1
Pour les consommateurs s’interrogeant sur l’existence d’un premier volet à ce film, sachez qu’il n’en existe pas officiellement. ZOMBI 2 fut titré ainsi afin de profiter du succès de ZOMBIE, titre italien donné à DAWN OF THE DEAD de George A. Romero. On remarque d’ailleurs que le générique présenté au début du film titre ZOMBIE et non ZOMBI 2.

Dans un hôpital de fortune situé à Matoul dans les Caraïbes, le docteur Menard (Richard Johnson) et son équipe doivent affronter une alarmante situation. Depuis quelques temps, les morts de l’île reviennent mystérieusement à la vie, quittant les cimetières pour s’attaquer aux vivants qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin. Pendant que Menard tente par tous les moyens de régler cette invasion qui sème la terreur aux alentours, sa fille Anne (Tisa Farrow), qui habite New-York, s’inquiète de n’avoir pas reçu de nouvelles de son père depuis plusieurs semaines. Aidée par le journaliste Peter West (Ian McCulloch), elle décide donc d’entreprendre un long et périlleux voyage afin de le retrouver.

C’est dans les années 50 que Lucio Fulci débarqua dans le paysage du cinéma italien. Artisan ambitieux, il fut acteur, scénariste et assistant-réalisateur avant de se retrouver en 1959 aux commandes de sa première production, une obscure comédie baptisée I LADRI. Durant toutes les années qu’il passa derrière la caméra (c’est-à-dire jusqu’au début des années 90), Fulci pondit 56 films dont la très grande majorité ont aujourd’hui sombré dans un oubli complet. En fait, à quelques exceptions près, les cinéphiles auront presque exclusivement retenu du cinéaste la flopée de films d’horreur qu’il pondit entre la fin des années 70 et le début des années 80. C’est en effet durant cette période que le style outrancier de Fulci (déjà présent dans ses films depuis le milieu des années 60) atteignit son paroxysme et que le réalisateur parvint à faire sa marque dans un genre cinématographique marqué par l’expression d’une violence malsaine soulignée par de nombreux excès d’hémoglobine. Fulci fut d’ailleurs baptisé « the Godfather of gore » par ses fans, une marque de reconnaissance appréciable même si, dans les faits, les initiés du cercle des amateurs d’horreur furent les seul à reconnaître, à sa juste valeur, le talent particulier de ce cinéaste marginal. Lorsqu’il mourut en 1996 des suites d’un virulent diabète, la carrière de Lucio Fulci était en plein déclin. Suite à la crise économique du cinéma italien et au désintérêt du public pour les films sanglants, Fulci fut contraint de tourner des productions bon marché distribuées directement sur le marché de la vidéo. S’étant toujours refusé à des compromis d’ordre commercial, la plupart des projets qu’il élabora au cours des dernières années de sa vie ne virent jamais le jour. N’eut été de l’arrivée en force du format DVD et des efforts de certains éditeurs pour ressusciter dans leur intégralité les œuvres significatives du réalisateur, Lucio Fulci aurait sans doute aujourd’hui sombré dans un oubli complet. Un nom obscur dans un vieil ouvrage sur le cinéma italien.

Le style particulier de Lucio Fulci peut sembler difficile à aborder pour de nombreux cinéphiles. Attaché à représenter une violence pure, Fulci privilégie une approche totalement dénuée d’humour, de façon à dévoiler au spectateur les abîmes d’un cauchemars indiscutablement sérieux. Si la formule a le mérite d’être audacieuse, elle donne parfois lieu à des moments grotesques où le manque de moyens (et parfois de talent) rend risible certaines démonstrations gore qui auraient peut-être nécessité un second degré afin de justifier certains excès. Ainsi, si certaines oeuvres du réalisateur sont, hormis quelques bémols, des réussites dans leur genre bien particulier (ZOMBI 2 (1979), CITY OF THE LIVING DEAD (1980), L’ALDILA (THE BEYOND) (1981), HOUSE BY THE CEMETERY (1981)) d’autres multiplient maladroitement les démonstrations de cruauté (THE NEW YORK RIPPER (1982)) ou tombent carrément dans les affres du ridicule (MANHATTAN BABY (1982)). Cela dit, ZOMBI 2 marquait en 1979 une première expérience pour le cinéaste dans l’élaboration de scènes d’une férocité aussi extrême. Malgré quelques films tournés précédemment ne lésinant pas sur la dureté des images (A LIZARD IN A WOMAN’S SKIN (1971), DON’T TORTURE A DUCKLING (1972)), la frontière franchie par ZOMBI 2 sur le territoire de la violence était indiscutablement nouvelle. Devant ces nouveaux horizons, un retour en arrière était désormais impossible pour le réalisateur.

Décrit par certains de ses collaborateurs comme un être difficile d’accès et naturellement porté sur le sadisme, Fulci aurait, semble-t-il, compris en réalisant ZOMBI 2 que l’univers des films d’horreur était ce qui manquait à sa vie pour atteindre un équilibre longtemps recherché. Après avoir tourné en rafale des comédies, des films musicaux, des drames d’aventure, des westerns, des giallos et tout un tas d’autres productions de bas étage que son statut de tâcheron l’obligea à diriger, Fulci trouva dans le film d’horreur ce qui le faisait vraiment vibrer. Il débuta donc avec ce film la seconde phase de sa carrière, une période durant laquelle il put approfondir son exploration d’un monde où les fantasmes misogynes font bon ménage avec les terreurs les plus extrêmes.

Lorsqu’il aborda le tournage de ZOMBI 2, Fulci ne se montra pas enthousiasmé outre mesure par les possibilités du projet. Sa carrière étant au ralenti depuis plusieurs mois, il fut même légèrement forcé d’accepter, et ce malgré un salaire peu alléchant, de réaliser le film. N’étant pas encore tout à fait conscient de ses capacités à mettre en scène une œuvre d’un style aussi singulier (et du plaisir qu’il allait prendre à le faire), il fallut à Fulci un certain temps pour aborder avec le sérieux nécessaire la préparation du film. En cours de tournage cependant, il renoua doucement avec la passion du cinéma et s’abandonna graduellement à de nouvelles visions d’horreur. Une nouvelle approche artistique, marquée par une propension insistante pour le morbide et la violence, est finalement née du tournage de ZOMBI 2, un film qui porte définitivement le sceau d’un nouveau Lucio Fulci. Ce style brutal, brillamment agencé à une mise en scène soignée, deviendra d’ailleurs un important point de référence pour les œuvres qu’il tournera ensuite. Idem pour cette troublante orientation à confondre des éléments de nature sexuelle à des actes d’une férocité presque insoutenable.

Malgré qu’il soit signé du nom de son épouse Elisa Briganti, Dardano Sacchetti est en fait le véritable auteur du scénario de ZOMBI 2. Ayant refusé de voir son nom associé au film pour des raisons d’ordre personnel, il a néanmoins suivi avec intérêt l’élaboration du tournage. Si le résultat final ne fut pas tout à fait à la hauteur de ses espérances (principalement pour cause de manque de moyens financiers), le scénariste n’en demeure pas moins assez satisfait du film dans son ensemble. Définissant son scénario avant tout comme un drame d’aventure et non comme une classique histoire de terreur, Sacchetti ne cache pas la fierté qu’il éprouve quant à la construction narrative de son récit. Expliquant que la première moitié du film est volontairement mystérieuse quant à la nature exacte des zombies, l’auteur bombe le torse quand il évoque les quelques développements d’ordre fantastique incorporés à la trame de ZOMBI 2, notamment au niveau des références à la pratique vaudou. Cette facette folklorique mariée à l’univers des zombies est sans doute ce qui distingue le plus ZOMBI 2 des films tournés précédemment par George A. Romero. Il ne faut pas cependant oublier qu’une thématique semblable avait déjà été exploitée dans THE PLAGUE OF THE ZOMBIES (1966), une production de la Hammer signée John Gilling.

Si certains trouvent à redire sur les faiblesses du scénario de ZOMBI 2, d’autres (dont je fais partie) préféreront plutôt critiquer la minceur des personnages et la pauvreté des interprétations. Comme pour beaucoup de productions tournées en Italie à cette époque, les producteurs décidèrent, afin d’assurer une distribution internationale à leur film, de garnir l’affiche de ZOMBI 2 de quelques noms d’origine américaine et anglo-saxonne. Le personnage principal féminin fut donc attribué à Tisa Farrow, mieux connu sous l’appellation de « sœur de Mia Farrow ». Actrice qui mit un terme définitif à sa carrière cinématographique au début des années 80 (après être apparue dans le cultissime et très mauvais ANTROPOPHAGUS (1980) de Joe D’Amato), elle avait tourné dans deux ou trois œuvres recommandables et d’un genre plus accessible avant de se retrouver sur le plateau de Lucio Fulci. Même si l’unique « grand moment de sa carrière » demeure pour plusieurs sa courte apparition dans MANHATTAN (1979) de Woody Allen, il ne faudrait pas passer sous silence le méconnu FINGERS (1978) de James Toback mettant également en vedette Harvey Keitel. À savoir si Tisa Farrow est une actrice de talent, ce n’est pas ZOMBI 2 qui répondra à cette question. Cantonnée à un rôle sans intérêt, elle ne fait en bout de ligne que suivre Ian McCulloch dans une série de péripéties qui les mèneront sur l’île diabolique de Matoul. Acteur de troisième zone, Ian McCulloch n’offre pas non plus une performance des plus inoubliable. Complètement minéral devant les hordes de zombies affamés, il s’avère à peine attachant pour le spectateur. Richard Johnson, qui joue le docteur Menard, s’en tire avec un peu plus de brio. Surtout connu pour son incarnation du docteur Markway dans le sublime THE HAUNTING (1963) de Robert Wise, l’acteur impose ici un jeu très physique qui sied parfaitement aux besoins de ce récit. N’hésitant pas à insuffler quelques excès à son personnage, il parvient à créer un docteur fou relativement crédible. Mis à part Auretta Gay et Al Cliver (un grand habitué des films de Lucio Fulci), le film propose également la présence à l’écran de Olga Karlatos, épouse de docteur Menard contre qui les zombies exerceront leur sauvagerie. C’est véritablement elle qui propose le personnage le plus marquant de ZOMBI 2. Campant une femme effrayée et au bord de la folie, Olga Karlatos demeure la meilleure incarnation de cette terreur pure tant ambitionnée par Fulci. Star vénérable du cinéma italien, l’actrice fut également remarquée par le grand public dans quelques productions un peu plus accessibles. L’un de ses rôles les plus connus est sans doute celui de la mère de Prince dans PURPLE RAIN (1984) de Albert Magnoli.

Les plus observateurs remarqueront également le petit rôle tenu dans le film par Lucio Fulci. À titre d’indice, sachez qu’il donne la réplique au journaliste Peter West dans une scène se déroulant au début du film. Fulci s’octroya à de nombreuses reprises de petits rôles dans ses propres films. Il campa même le rôle principal de l’une de ses dernières réalisation, une œuvre intitulé A CAT IN THE BRAIN (1990). Un peu à son image, le personnage qu’il incarne est habité par d’effroyables visions d’horreur … un personnage d’ailleurs baptisé « docteur Lucio Fulci ».

ZOMBI 2 est présenté dans son format d’image respecté de 2.35:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9). Pour ceux qui possèdent déjà l’ancienne édition ANCHOR BAY de ce film et qui se demandent si l’acquisition de ce nouveau produit est pertinente, sachez que le travail accompli ici au niveau du transfert tient presque du miracle. L’image a perdu le grain gênant qu’on lui connaissait et le niveau de luminosité, beaucoup mieux calibré, offre désormais à l’ensemble un degré de détail élevé ainsi qu’une meilleure définition des contours. Mis à part de légers défauts provenant de l’état du matériel source pour lesquels il fut sans doute impossible d’effectuer une correction (j’ai noté entre autres la présence d’une rayure horizontale qui apparaît de temps à autre dans la portion gauche de l’écran), rien ne laisse place à la déception. Nous avons droit à un rendu visuel impeccable de cette production qui, même si elle ne brille pas par une direction-photo des plus élaborée, propose quand même de belles images, surtout grâce à un souci évident du cadrage. Film « gore » oblige, on remarque également que les flots de sang sont beaucoup plus rougeoyants et qu’ils ont perdu cette teinte fade et décolorée qui gâchait un peu, dans les précédentes éditions, l’impact de quelques effets chocs.

Contrairement à l’édition ANCHOR BAY qui n’offrait le film qu’en version anglaise, celle-ci ajoute maintenant en option une piste en italien. Chacune des langues est offerte en trois formats sonores différents, soit Dolby Digital 5.1, Dolby Digital 2.0 Stéréo et Dolby Digital 1.0 Mono. Malgré la qualité évidente de chacune de ces bandes, celle de format Dolby Digital 5.1 se démarque évidemment (et fort agréablement) des autres pistes qui souffrent des limites de leur format. Proposée dans un mixage procurant une expérience de visionnement optimale (en tenant compte des limites d’un enregistrement sonore datant de 1979 et provenant d’une production à petit budget), cette bande offre un environnement sonore riche où chacun des éléments de l’ensemble trouve une place de choix dans un tout bien balancé. Le spectateur remarquera par exemple le travail effectué sur l’excellente et très malsaine partition musicale de Fabio Frizzi ou encore le niveau de clarté des différents effets sonores qui accompagnent les scènes chocs du film. Du point de vue des dialogues maintenant, je constate qu’ils demeurent toujours audibles et qu’ils s’intègrent adéquatement à l’environnement sonore. Pour ceux qui choisiront de visionner le film en italien (qui n’est pas nécessairement la version originale puisque toutes les voix étaient enregistrées en studio dans ce type de production), il est possible de sélectionner des sous-titres anglais pour accompagner le visionnement. L’absence totale de français est donc la seule véritable lacune de cette superbe édition spéciale.

La présentation visuelle de cette édition 25e anniversaire de ZOMBI 2 est appréciablement luxueuse. Présenté dans un fourreau cartonné, le boîtier double disque offre un insert présentant la sélection des chapitres ainsi qu’une reproduction de l’affiche originale du film. Répartie sur les deux disques, les nombreux suppléments s’avèrent pour la plupart d’un très grand intérêt. En voici l’énumération.

Disque 1

Food for the Worms (12m23)
Une entrevue avec Captain Haggerty, acteur incarnant le fameux « zombie sur le bateau » que l’on peut apprécier en ouverture du film de Fulci.

The Zombi Gallery (11m00)
Images tirées du film et matériel promotionnel présenté avec un accompagnement musical composé par Chris Otter.

Commentaire audio
Déjà présente sur l’édition ANCHOR BAY, cette piste de commentaires est livrée par l’acteur Ian McCulloch qui incarne Peter West dans le film. L’acteur donne sa vision de ZOMBI 2 et s’attarde aux souvenirs de tournage entourant la production. Très anecdotique, cette piste nous livre malgré tout des informations pertinentes qui mettent en relief des aspects non traités dans Building a Better Zombie, documentaire exhaustif que l’on retrouve sur le disque 2.

Zombi 2 : The Original Trailer (2m24)
Bande-annonce non-restaurée présentant des extraits de différents moments forts du film et soulignant la présence au générique de chacun des comédiens.

Disque 2

Raising the Dead (6m00)
Une entrevue avec Walter Patriarca, responsable des costumes pour ZOMBI 2.

Building a Better Zombie (97m31)
La pièce de résistance de cette édition DVD est sans contredit ce documentaire en dix parties totalisant une durée d’environ 98 minutes. À travers différents thèmes abordés, les artisans de ZOMBI 2 (exception faite du regretté Lucio Fulcio et de la plupart des acteurs) s’expriment sur les différents aspects de la production et sur la vision qu’ils ont de cette œuvre devenue aujourd’hui culte. Il arrive que certains intervenants se contredisent entre eux et même qu’ils s’emportent légèrement (ah, ce tempérament méditerranéen !) mais dans l’ensemble, ce documentaire est d’un intérêt soutenu et s’avère une mine d’or pour le fan en quête d’informations croustillantes à propos de la création de ce film.

Il est à noter que mise à part les interventions de Enzo G. Castellari et de Al Cliver qui s’expriment en anglais, les témoignages inclus dans ce document sont présentés en italien avec sous-titres anglais imposés.

I- Genesis of the Zombie
C’est au réalisateur Enzo G. Castellari (KEOMA (1976)) que fut d’abord proposé la réalisation de ZOMBI 2. À cause de ses exigences salariales un peu trop élevées, les producteurs décidèrent finalement d’opter pour Lucio Fulci. Pour les besoins de ce tournage, Fulci eut à travailler en étroite collaboration avec le scénariste Dardanno Sachetti, un artisan très réputé dans le singulier monde du cinéma d’exploitation italien. Sachetti décrit ici avec moult détails la démarche empruntée pour l’écriture du scénario de ZOMBI 2 et se confie sur la nature de sa collaboration avec le réalisateur.

II- Fulci VS Romero
Contrairement à DAWN OF THE DEAD de George A. Romero, ZOMBI 2 de Lucio Fulci ne doit pas être perçu comme une oeuvre métaphorique mettant en relief les travers d’une société en crise. Selon le scénariste Dardanno Sachetti, il s’agit avant tout d’un film d’aventure dont le but premier est de provoquer la peur chez le spectateur. Dans l’équipe de ZOMBI 2, tout le monde se défend bien de la moindre ressemblance entre le film de Fulci et le film de Romero et ce, malgré un titre laissant fortement supposer un désir de profiter du succès de ce dernier (Rappelons que ZOMBIE fut le titre choisi en 1979 par Dario Argento pour la distribution de DAWN OF THE DEAD en territoire italien).

III- Soundtrack
Il est impossible d’aborder ZOMBI 2 sans s’attarder à la musique du compositeur Fabio Frizzi (CITY OF THE LIVING DEAD (1980, THE BEYOND (L’ALDILA (1981), MANHATTAN BABY (1982). Partie intégrante du plaisir procuré par le visionnement de cette œuvre, ces mélodies de synthétiseurs aux accents glauques s’impriment dans notre cerveau avec l’insistance brutale d’un coup de machette. Frizzi parle ici des circonstances qui l’ont mené à mettre en musique ZOMBI 2 et de l’importance de sa relation avec Lucio Fulci.

IV- Living Dead
Les créateurs d’effets spéciaux de ZOMBI 2 aiment à souligner la supériorité artistique de leurs zombies en les comparant aux zombies bleus créés par Tom Savini pour le film DAWN OF THE DEAD. Ils expliquent ici comment ils sont parvenus, malgré d’imposantes limites de temps et d’argent, à renouveler entièrement l’aspect visuel de ces créatures revenues de l’au-delà pour dévorer la chair des vivants.

V- The Eye
La légende raconte que l’actrice Olga Karlatos aurait fondu en larmes durant le tournage de cette éprouvante scène où un éclat de bois doit pénétrer son oeil. Dans ce segment du documentaire, les concepteurs de cette réussite absolue en matière d’effets visuels nous explique comment ils sont parvenus à obtenir un effet aussi convaincant, confiant même au passage qu’ils n’avaient jamais espéré un résultat final d’un tel réalisme.

VI- Throat
Ce qui enthousiasma le plus Lucio Fulci durant le tournage de ZOMBI 2, ce furent les nombreux effets spéciaux qui servirent à concrétiser sa vision violente. Particulièrement réussies, ces scènes montrant des zombies s’attaquant à la gorge de leurs victimes continuent encore de nous faire frissonner. On nous explique ici les différentes trouvailles employées pour la création de ces scènes où les jugulaires en prennent pour leur rhume.

VII- Shark
ZOMBI 2 nous présente la seule scène de l’histoire du cinéma où un zombie doit affronter un requin. Particulièrement originale, cette scène fut concoctée à la dernière minute et nécessita de la part de l’actrice Auretta Gay une participation particulièrement éprouvante. Effrayée au plus haut point et ne sachant pas très bien nager, elle devait, pour les besoins du tournage, plonger nue dans l’océan et frayer à travers un inquiétant décor où se baladait également un requin. Comme elle refusa à la dernière minute de plonger, Fulci décida lui même de la balancer à l’eau, une réaction extrême qui suscita des réactions parmi les membres de l’équipe de tournage.

VIII- New York City
Dans un but purement économique, la production italienne de ZOMBI 2 décida de se passer d’un permis de tournage pour filmer la plupart des scènes se déroulant dans le décor new-yorkais. Ainsi, ces scènes furent tournées à la sauvette pendant qu’un membre de l’équipe était délégué pour s’assurer que la police ne passait pas dans le coin. Même cette superbe scène où l’ont voit les hordes de zombies déambulant sur le pont de New-York fut élaboré de cette manière.

IX- Cast
Les artisans du film se remémorent les souvenirs qu’ils conservent des différents comédiens de la production. Al Cliver livre quelques témoignages qui, vu son anglais très approximatif, ne sont pas d’un grand intérêt.

X- Bloody Succes
À sa sortie, ZOMBI 2 obtint un succès mondial qui imposa une nouvelle limite au cinéma d’horreur. Fiers et nostalgiques, tous les intervenants du documentaire nous livrent une dernière pensée sur ce tournage qui fut visiblement une inoubliable expérience pour eux. Sont également livrés ici des hommages de circonstance à la mémoire de Lucio Fulci.

An Evening With Dakar (3m34)
Totalement inutile mais néanmoins sympathique, ce supplément nous présente Dakar, l’un des acteurs de ZOMBI 2, qui, à défaut de nous livrer ses commentaires sur le film, se contente de pousser la chansonnette en s’accompagnant à la guitare.

Zombie Trailer Reel
Une sélection de douze bande-annonces dédiées à des production mettant en vedette de méchants zombies. Parmi les films représentés citons entre autres FLESH EATER, ZOMBIE HOLOCAUST ainsi que les 3 suites tournées à ZOMBI 2, soit ZOMBIE 3,4 et 5.

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C’est en 1968 avec NIGHT OF THE LIVING DEAD que le réalisateur George A. Romero lança la mode des films de mort-vivants. Filon en or pour un cinéma d’exploitation italien en quête de recettes, ce thème d’épouvante occupa pendant plus d’une décennie une horde de réalisateurs qui s’attelèrent à pondre des films trop souvent plus mauvais les uns que les autres. Bien qu’il rehausse incontestablement les standards de qualité du film du genre, ZOMBIE 2 de Lucio Fulci n’en est pas moins considéré comme une œuvre mineure dans l’histoire du cinéma. Largement célébré par les aficionados de l’horreur extrême, le film reste encore boudé par un grand nombre de cinéphiles qui persistent à voir en Fulci un tâcheron sans la moindre vision. Pour le novice à cet univers particulier, ZOMBI 2 est une œuvre qui s’aborde prudemment et avec l’ouverture d’esprit que nécessite ses nombreux excès sanglants. Malgré qu’il ne soit pas tout en haut de ma liste dans mon palmarès personnel des meilleurs films de cette catégorie (LET SLEEPING CORPSES LIE (1974) de Jorge Grau et DAWN OF THE DEAD (1978) de George A. Romero étant mes petits favoris), je considère néanmoins ZOMBI 2 comme une réussite qui mérite sa place parmi les œuvres cultes du cinéma d’horreur italien des années 70. Chacun des visionnements de ce film vient d’ailleurs me rappeler à quel point le profond malaise qu’il procure continue d’être un délicieux plaisir coupable. Estomacs sensibles s’abstenir !

Une autre édition du film fut lancée par l’éditeur BLUE UNDERGROUND au cours des derniers mois. Techniquement comparable, elle n’offre cependant pas la quantité impressionnante de suppléments inclus sur l’édition SHRIEK SHOW de Media Blasters.

Studio éditeur : Media Blasters
Date de sortie : 3 août 2004

Film : 3,5/5
Image : 4,5/5
Son VO : 4,5/5
Bonus : 5/5



François Lajoie
francois@dvdquebec.com

Lundi 18 Octobre 2004


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