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Vendredi 3 Septembre 2010
20:38

UNDERWORLD, DVD (Superbit) zone 1

Premier film de Len Wiseman en temps que réalisateur, celui-ci nous emmène dans l'univers des vampires et loups-garous. On plonge ici directement en plein cœur d’un conflit entre les deux prédateurs de la nuit, dont les liens vont nous être révélés au cours du film. Len Wiseman préfère l’action aux longs dialogues et à la mise en place de son univers. Aussi, l’action est-elle privilégiée par-dessus tout, laissant le soin aux effets spéciaux d’apporter au film tout son intérêt. UNDERWORLD est à mi-chemin entre Blade (cela n’aura échappé à personne) et Matrix, surtout pour le style vestimentaire et quelques trucages bien reproduits.



UNDERWORLD, le DVD (Superbit) zone 1
UNDERWORLD, le DVD (Superbit) zone 1
L’histoire : Depuis plusieurs siècles, le clan des Vampires et celui des Lycans se livrent une guerre sans merci afin de s’éradiquer les uns les autres ; perdue au milieu de cette guerre dont tout le monde a oublié les raisons, Selene (Kate Beckinsale), une tueuse de loups-garous très zélée, va se retrouver par hasard au centre de toute l’histoire et des raisons de la guerre entre ces Loups-garous et ces vampires.

L’histoire est donc partagée entre ces deux clans : les Vampires, a qui on attribue d’entrée de jeu une descendance noble, vivent dans une certaine insouciance derrière les clôtures ultra protégées et sophistiquées de leur château, se délectant de sang cloné (et oui c’est plus ce que c’était) pour les uns et agissant comme de véritables agents secrets pour les autres ; armes, dernières technologies militaires et utilisation intensive du téléphone portable... le tout dans un décor et une ambiance très gothiques, accompagnées par le style de musique rock ad hoc. Les puristes des films de vampires ne retrouveront pas ici nos bons vieux crochus à la soif jamais étanchée. Non c’est un bien autre souci qui les préoccupe : les Lycans, plus connus sous le nom de loups-garous ; ceux-ci sont à l’opposés des vampires dans leur façon de vivre, cantonnés dans les souterrains de la ville, leur seul but dans l’existence étant de tuer des vampires ou être tués par eux. Plus brutaux et moins raffinés, ils ne demeurent pas moins organisés autour d’un chef, Lucian, qui voue une haine implacable aux vampires mais plus particulièrement à l’un de leurs aînés : Viktor. Ces deux personnages vont se révéler être à l’origine du conflit qui oppose les Lycans aux Vampires depuis des siècles, les uns furent les gardes diurnes des seconds un temps.

Vous l’aurez compris, Len Wisemen ne s’est pas embarrassé à approfondir un scénario dont la trame assez mince n’est que le prétexte pour dépenser la quasi-intégralité du budget du film dans les effets spéciaux, au demeurant fort réussis. Tout le film baigne dans la pénombre et il faut bien reconnaître que le directeur photo (et la post-production) a dû avoir bien du travail pour obtenir une luminosité et un éclairage constants d’un bout à l’autre du film. L’utilisation de la pénombre n’exclut pas l’utilisation de quelques couleurs, certes assez basiques, très prononcées sur le bleu nuit ou bleu acier. Très stylisés, les décors en deviennent presque irréels. Sur le visuel, on ne peut pas reprocher grand chose au film, celui-ci est tout à fait conforme à ce que l’on pouvait en attendre, noir à souhait, intégrant parfaitement les très nombreux effets spéciaux et le tout bien sanguinolent, mais pas trop (il faut vendre le film tout de même). Hormis donc les prouesses visuelles, il ne reste pas grand chose d’autre à se mettre sous la canine.

On retrouve la très jolie Kate Beckinsale, dans une tenue tout de cuir moulant, dans le rôle de Selene une vampire guerrière pourchassant le lycanthrope et qui va tomber amoureuse d’un vulgaire humain Michael (Scott Speedman) pourchassé par les lycans. Sa motivation est une assez bonne trouvaille du point de vue de l’histoire... La mise en scène très efficace en matière de bataille et de scènes d’actions ne laisse aucune place au duo d’amoureux que sont censés former Selene et Michael, un couple bien improbable. On a la curieuse impression que seule Kate Beckinsale se donne la peine de jouer laissant les autres très loin derrière à commencer par Scott Speedman (Michael) un peu venu là en touriste et Shane brolly (Kraven) dont on ne comprend pas bien l’origine de la relation avec Kate Beckinsale (Selene)… Il faut bien avouer que cette dernière tire bien son épingle du jeu, ce qui n’est pas vraiment le cas des autres acteurs comme Bill Nighy (Viktor) (le pauvre se trouve sous perfusion d’hémoglobine dès son réveil et franchement cela fait un peu désordre de le voir déambuler avec ses tuyaux… ) ou Michael Sheen (Lucian), dont pourtant le choix semble être excellent, ne parviennent pas à convaincre.

Bien que très décousu, et ne partageant qu’avec parcimonie les clefs de l’histoire, le film, même s’il se montre très efficace, souffre tout de même d’un manque d’originalité évident. Les efforts pour décrire les deux mondes dans lesquels évoluent vampires et lycans restent trop sommaires et la direction prise par le film ne permet pas de pénétrer davantage les structures des ces deux sociétés qui se combattent. C’est dommage car le film manque cruellement de liant à ce niveau. Il faut bien avouer que les recherche médicales effectuées par les lycans peuvent être perçues par le spectateur comme d’assez mauvais goût surtout lorsqu’en écho du côté des vampires nous retrouvons un discours sur la pureté des races de la part de Viktor qui n’est pas sans sentir le soufre. Pour peu que l’on creuse un peu tout ça, ce n’est pas de très bon goût.

L'image est livrée au ratio 2.35:1 avec transfert anamorphosé (16:9), respectant sa présentation en salle. Bien que le film se déroule de nuit, ce transfert est parfaitement réussi. On ne relève aucun problème d’encodage ou de compression. Les contrastes sont bien marqués et rehaussent la définition de l’image qui est impeccable. Tout étant dans des couleurs sombres, celles-ci sont restituées de manière très fidèle. Les dégradés de noirs permettent de découvrir un très grand nombre de détails. Aucun artefact (points, rayures, taches etc.). En toute franchise, bien qu’on en attendait pas moins pour cette édition « Superbit », elle ne fait cependant que reproduire la qualité déjà présente sur l’édition les éditions précédentes. On lui accordera un léger plus mais sans grande conviction.

Côté son, c’est sans surprise pour cette bannière que l’on retrouvera uniquement la version originale anglaise sur deux pistes : l’une au format Dolby Digital 5.1 est tout simplement impressionnante, puissante et très dynamique. Elle développe un environnement sonore toujours renouvelé qui plonge le spectateur au cœur du film sans jamais le relâcher. Tous les canaux sont sollicités, les arrière ne s’arrêtant jamais de délivrer le moindre effet sonore. Les canaux avant, très puissants également, surprennent. Mais même surpuissante, cette piste ne bascule jamais dans un maelström sonore. Les basses finissent par vous achever tellement le canal .1 (LFE) est tout simplement dévastateur, c’est d’autant plus flagrant qu’à la moindre scène ou la bande-son se fait muette on peut juger instantanément, par contraste, de la puissance sonore délivrée par ce canal. Une puissance qui accompagne un enveloppement ambiophonie rarement aussi pointu. À la trame sonore vient se greffer la musique adéquate à ce genre de film avec des groupes comme a Perfect Circle ou The Damming Well dont la plupart des titres a été écrite, co-écrite ou remixée par Danny Lohner, guitariste, bassiste et clavier de Nine inch Nails ; cela vous donne une idée du style musical. La seconde bande-son est encodée DTS 5.1 : bien évidemment elle bénéficie de toute la dynamique de son homologue mais, en toute franchise, la différence est peu flagrante entre les deux pistes ; si, indéniablement, les pistes DTS apportent parfois une puissance supplémentaire à une bande-son Dolby Digital, ce n’est pas réellement le cas ici ; également, un éventail de détails est généralement plus perceptible grâce au format DTS et à sa compression moindre, mais encore ici la différence est tellement minime qu’il est bien difficile de lui donner l’avantage. Des sous-titres en anglais, français et espagnol sont disponibles.

Pour ceux et celles qui arriveraient tout juste dans le monde du format DVD, qui dit « Superbit » dit absence de suppléments pour ainsi permettre (et c’est la prétention de l’éditeur) à l’image et au son de prendre toute la place ; une qualité de ce côté qui se veut supérieure (sur papier et toujours selon l’éditeur...).

Vous l’aurez compris UNDERWORLD n’est pas un très grand film mais une excellente production de série B à qui on a donné tous les moyens de mener à bien un film d’action aux effets visuels, certes pas très originaux, mais parfaitement réussis ; une trame sonore également qui pourrait faire rougir pas mal de très grosses productions actuelles. Cependant, faible d’un scénario peu exploité, UNDERWORLD ne décollera pas de la catégorie des films de divertissement et ne laissera pas un souvenir impérissable. Cette édition « Superbit » est difficile à recommander car en définitive la différence est bien mince entre elle et les précédentes éditions, je pense particulièrement à l’édition du réalisateur (accompagnée d’un second DVD rempli de suppléments et tout cela pour le même prix où presque, alors à vous de voir mais l’édition présente ne s’avère pas indispensable). On suivra avec intérêt le second volet « Underworld : Evolution » toujours réalisé par Len Wiseman.

Studio éditeur : Sony Pictures
Date de sortie : 26 octobre 2004

Film : 3/5
Image : 4,5/5
Son VO : 4,5/5



Yann Algoët
yann@dvdquebec.com

Lundi 17 Janvier 2005


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