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Vendredi 09 Mai 2008
10:59

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TWILIGHT ZONE : THE MOVIE (LA QUATRIEME DIMENSION : LE FILM) (1983), DVD zone 1

« Vous ouvrez les portes avec la clé de l'imagination, au-delà s'étend une autre dimension. Une dimension du son. Une dimension de la vue. Une dimension de l'esprit. Vous vous déplacez à la frange de l'ombre et de la substance des choses et des idées. Vous venez de pénétrer dans la quatrième dimension. »



TWILIGHT ZONE : THE MOVIE (LA QUATRIEME DIMENSION : LE FILM) (1983), le DVD zone 1
Film à sketches mis en scène par quatre réalisateurs renommés, TWILIGHT ZONE : THE MOVIE rend hommage à la série fantastique THE TWILIGHT ZONE (1959-1964) créée par Rod Serling (1924-1975). Le long-métrage se compose en majeure partie de ‘remakes' de quelques épisodes de THE TWILIGHT ZONE, tout en y ajoutant une touche plus personnelle, par la présence d'un prologue et d'un premier segment inédits. La participation de plusieurs acteurs ayant joué plus de vingt ans auparavant dans la série témoigne de la volonté de faire un clin d'œil au passé. Après avoir interprété plusieurs personnages marquants dans quatre épisodes de la série (Time Enough at Last, Mr. Dingle the Strong, The Obsolete Man, The Printer's Devil), Burgess Meredith (1907-1997) tient office de narrateur dans le film. Quant à Carol Serling, la veuve de Rod Serling, elle est créditée comme consultante du projet et fait même une apparition dans le dernier segment (en incarnant la passagère de l'avion s'adressant aux hôtesses de l'air, près des toilettes où John Lithgow s'est enfermé).

Malheureusement, TWILIGHT ZONE : THE MOVIE est surtout connu pour un accident tragique qui s'est déroulé en plein tournage. En effet, lors d'une séquence censée se passer au Vietnam, l'acteur Vic Morrow (1929-1982) et deux enfants furent fauchés par un hélicoptère. Accusé d'homicide involontaire avec quatre autres membres de son équipe, le réalisateur John Landis fut finalement déclaré non coupable. À sa sortie, le film ne rencontra pas le succès escompté, tant auprès du public que de la critique. Quelques années après, les séries télévisées THE NEW TWILIGHT ZONE (1985-1989) et THE TWILIGHT ZONE (2002), se réclamant héritières de Rod Serling, continrent quelques pépites parmi beaucoup d'épisodes médiocres, en égalant rarement l'œuvre originale de Serling.

Prologue (John Landis)

Sur une route en pleine nuit, le conducteur d'une voiture (Albert Brooks) et son passager (Dan Aykroyd) tuent le temps en jouant à reconnaître des génériques d'anciennes séries télévisées.

Un prologue amusant, en forme d'hommage nostalgique aux séries des années 60, notamment THE TWILIGHT ZONE. L'impression prometteuse laissée par cette courte séquence introductive sera hélas vite refroidie par la vision du premier segment.

Segment 1 (John Landis)

Homme viscéralement raciste, Bill Connor (Vic Morrow) voyage involontairement dans le temps pour se retrouver pris pour ceux qu'il exécrait jusqu'alors : un Juif en pleine Seconde Guerre Mondiale, un Noir dans les filets du Ku Klux Klan et un Vietnamien pourchassé par des soldats américains.

Seul segment à ne pas être un remake, cette histoire est dans l'esprit des épisodes écrits par Rod Serling dénonçant le racisme, en particulier l'antisémitisme de ses contemporains. Le personnage de Bill Connor se rapproche ainsi du bourreau nazi (Oscar Beregi) qui, visitant son ancien camp, ne pouvait alors plus échapper aux fantômes des prisonniers juifs qu'il avait persécutés dans Deaths-Head Revisited (1961) ; ou de cet apprenti Führer (Dennis Hopper) conseillé par le fantôme d'Adolf Hitler dans He's Alive (1963). Le sentiment de malaise procuré par le court-métrage de John Landis est encore plus vif lorsque l'on sait que l'acteur Vic Morrow est réellement mort en plein tournage.

Segment 2 (Steven Spielberg)

Dans une maison de retraite, un nouvel arrivant (Scatman Crothers) propose aux pensionnaires de jouer ensemble avec une boite en fer, afin de retrouver les sensations de la jeunesse.

Avec ce remake calamiteux de l'épisode Kick the Can (1963), Steven Spielberg témoigne d'un grand manque de subtilité. Dégoulinant de bons sentiments, le récit propose même une fin atténuée, nettement moins amère que celle de la version de 1963 où un vieil homme aigri (Russell Collins) se retrouvait finalement tout seul, faute d'avoir cru à temps au merveilleux. On notera tout de même la présence chaleureuse de Scatman Crothers (1910-1986) en espèce de démiurge, et de Murray Matheson (1912-1985) qui interprétait autrefois le clown facétieux dans Five Characters in Search of an Exit (1961), l'un des meilleurs épisodes de THE TWILIGHT ZONE.

Segment 3 (Joe Dante)

Une jeune femme (Kathleen Quinlan) est invitée par un jeune garçon (Jeremy Licht) à manger chez lui. Elle découvre que la famille de l'enfant semble vivre dans une terreur permanente.

Ce remake de l'épisode It's a Good Life (1961) dans lequel un enfant omnipotent terrorise son entourage par ses pouvoirs surnaturels, est comme le précédent segment, plus optimiste que son modèle. Le choix d'humaniser le jeune Anthony tend à rendre l'atmosphère nettement moins angoissante que dans la version de 1961. Les références à la série de Rod Serling sont multiples, comme la mention de la ville Willoughby (où se déroulait A Stop at Willoughby) ou la présence d'acteurs vus auparavant dans THE TWILIGHT ZONE des années 60, en particulier Kevin McCarthy (Long Live Walter Jameson), Patricia Barry (The Chaser, I Dream of Genie), et surtout Bill Mumy qui incarnait le petit Anthony dans l'épisode de 1961 ! Fait exceptionnel, Bill Mumy reprendra le rôle d'Anthony dans une intéressante suite à It's a Good Life, intitulée It's Still a Good Life contenue dans la série THE TWILIGHT ZONE (2002). Un rare cas où un acteur aura eu l'opportunité de jouer le même personnage enfant puis adulte, avec 40 ans d'intervalle. Avec The Toys of Caliban (1986), THE NEW TWILIGHT ZONE proposera une sorte de semi-remake de It's a Good Life, en montrant un couple ayant un adolescent handicapé mental capable de matérialiser tout ce qu'il désire, contraint de vivre coupé du monde pour éviter les catastrophes.

Segment 4 (George Miller)

Alors qu'il est tétanisé par la peur de voyager en avion, John Valentine (John Lithgow) réalise avec horreur qu'une créature s'est posée sur l'une des ailles qu'elle entreprend de démantibuler.

Il s'agit du remake de l'épisode Nightmare at 20,000 Feet (1963) avec William Shatner, qui adaptait une nouvelle écrite par Richard Matheson. Dans la version de 1963, William Shatner interprétait un cadre dépressif, soutenu par sa femme présente dans l'avion, tandis que John Lithgow est un informaticien ayant la phobie de l'avion. Le segment mis en scène par George ‘MAD MAX' Miller est efficace mais il perd en dimension humaine. Shatner composait un personnage fragilisé par sa dépression, confronté à une situation surnaturelle, se heurtant à l'incrédulité des autres passagers. Dans une scène inégalable et touchante, Shatner faisait passer dans son regard tristesse, indignation et colère lorsqu'il prenait conscience que l'un des employés de la compagnie aérienne l'écoutait en faisant semblant de le croire. Shatner se résignait au silence et à agir à l'insu de tous. L'épisode de 1963 se caractérisait par un calme apparent, tandis que George Miller opte très rapidement pour une ambiance chaotique, dans laquelle John Lithgow est à la frontière de la démence et de l'hystérie. Le point fort de la version de Miller est très certainement la créature nettement plus impressionnante et menaçante que celle de l'épisode de 1963, où Nick Cravat (1912-1994), dans sa combinaison pelucheuse, ressemblait plus à un panda qu'à un monstre maléfique !

TWILIGHT ZONE est disponible en format panoramique 1.85:1, d'après un transfert anamorphique (16:9) respectant le format original de présentation. Le grain est léger, les noirs manquent parfois de profondeur, mais somme toute l'image est assez satisfaisante.

Le DVD contient la version originale anglaise en Dolby Digital 5.1, en Dolby Digital 2.0 Stereo, la version française (produite en France) en Dolby Digital 2.0 Mono et la version espagnole en Dolby Digital Mono 2.0. Le son est plutôt dynamique, que ce soit en 5.1 ou en 2.0. Le doublage français d'époque est moyen, du fait que l'on reconnaît les voix des mêmes comédiens sur plusieurs personnages dans un même épisode. Jacques Dynam (1912-2004), qui avait déjà doublé Burgess Meredith, en particulier dans ROCKY III (Sylvester Stallone, 1982), est le narrateur de la version française. Curieusement et de manière bien peu cohérente, Serge Sauvion double Dan Aykroyd dans le prologue, mais pas dans le quatrième segment où il prête sa voix à Jeffrey Lampert, tandis qu'Aykroyd se retrouve doublé par un autre ! Vic Morrow est impeccablement doublé par Bernard Fresson (1931-2002), Scatman Crothers par Robert Liensol, Kevin McCarthy par Raymond Loyer (1916-2004) et John Lithgow par Marc François. Des sous-titres en anglais, portugais et chinois (curieux choix pour un titre Warner) sont disponibles pour le film.

Le film est sorti le même jour en DVD, HD DVD (...un morceau de Spielberg sur HD DVD !?) et Blu-ray dans des éditions similaires.

Supplément :

Bande-annonce de TWILIGHT ZONE : THE MOVIE (durée : 1'17'')

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TWILIGHT ZONE : THE MOVIE (durée : 101'06'') souffre de la comparaison avec la série de Rod Serling, en peinant à en restituer l'atmosphère. Il est dommage que cette édition ne propose aucun supplément. Les événements tragiques ayant marqué le tournage du film expliquent sans doute cette absence.

Studio éditeur : Warner
Date de sortie : 9 octobre 2007

Film : 3/5
Image : 4/5
Son VO : 4/5
Son VF : 3/5
Bonus : 0,5/5



Pascal Laffitte
pascal@uneporte.com

Jeudi 25 Octobre 2007

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