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THE PETRIFIED FOREST (1936) (THE GANGSTER FILM COLLECTION), le DVD zone 1Nouveau titre de la « Gangsters Collection », THE PETRIFIED FOREST aborde toutefois le merveilleux monde du banditisme des années 1930 sous un angle différent, laissant place à une passionnante étude de caractère.
Aux abords de la Forêt Pétrifiée, située en plein cœur de l'Arizona, se trouve une petite station station-service perdue dans l'immensité désertique de la région. Un mystérieux vagabond, Alan Squier (Leslie Howard) y débarque et fraternise avec les gens de l'endroit, dont Gabby Maple (Bette Davis), serveuse et fille du propriétaire, jeune fille rêveuse songeant à des jours meilleurs en France, du moins lorsqu'elle n'est pas occupée à surveiller les allées et venues de Gramps (Charley Grapewin), son grand-père, vieil homme roublard et pince-sans-rire se plaisant à ressasser sans cesse des souvenirs de jeunesse. Cette rencontre est cependant troublée par l'arrivée de Duke Mantee (Humphrey Bogart) et de sa bande. Traqué par la police après avoir perpétré un vol de banque, Mantee a la ferme intention de rester planqué à la station et d'y séquestrer ses occupants. Ainsi commence un long jeu de chat et de la souris qui sera l'occasion pour ces gens de milieux divers d'exposer leurs rêves et déceptions, pendant que le filet des autorités se resserre peu à peu sur Mantee et sa bande.
Grand succès de l'époque ayant consolidé les statuts respectifs de Leslie Howard (PYGMALION, GONE WITH THE WIND) et Bette Davis (OF HUMAN BONDAGE, LITTLE FOXES), THE PETRIFIED FOREST fut aussi l'occasion pour Humphrey Bogart d'y trouver son premier rôle marquant. Les quelques années suivantes verront Bogie accumuler les personnages de gangsters salopards chez la Warner jusqu'à ce qu'il devienne enfin une vedette à part entière en personnifiant le Sam Spade de Dashiell Hammett dans THE MALTESE FALCON (1941), premier film inoubliable du cinéaste John Huston. Dans la forme, THE PETRIFIED FOREST s'apparente aux productions habituelles du genre et qui sont monnaie courante chez la Warner. On y retrouve le même climat sombre et réaliste caractérisant les « gangsters movies » du studio. Cependant, le script de Charles Kenyon et de Delmer Daves (futur réalisateur de RED HOUSE et BROKEN ARROW) adapté de la pièce de Robert E. Sherwood, de par ses origines théâtrales, laisse beaucoup de place à une psychologie plus fouillée des protagonistes. La mise en scène souple, aérée et attentive du réalisateur Archie L. Mayo (BORDERTOWN), tout en étant du même coup dépouillée, permet donc aux comédiens d'apporter une touche plus nuancée, construisant ainsi leurs personnages de l'intérieur. L'intérêt est porté manifestement beaucoup plus sur les rapports de force établis entre les individus évoluant dans le cadre choisi plutôt que sur l'intrigue policière elle-même, qui ne sert ici que de prétexte. Cette sobriété du traitement est aussi renforcée par l'absence quasi-totale de partition musicale, exception faite d'un bref thème présent au générique. Le tandem Leslie Howard-Bette Davis, réuni pour la deuxième fois après OF HUMAN BONDAGE (John Cromwell, 1934), offre encore une fois une performance éblouissante. Encore jeune à l'époque et à l'aube d'une brillante carrière, Bette Davis transperce l'écran de sa beauté particulière et de son regard perçant et intense. Howard, quant à lui, offre une performance solide mais volontairement discrète afin de laisser place libre à Bogart, reprenant ici son rôle tenu lors de la représentation de la pièce originale à Broadway. Ayant tenu le même rôle à ses côtés sur les planches, Howard insista auprès du producteur Hal B. Wallis afin de laisser Bogart reprendre le rôle de Duke Mantee, que Edward G. Robinson (LITTLE CAESAR) devait interpréter au préalable à l'écran. Initiative heureuse de la part de Howard, puisque Bogart fut ici une révélation, éclipsant presque tous ses partenaires sur son passage avec ce rôle de criminel troublé et à la croisée des chemins, se situant aux antipodes du Rico Bandello de LITTLE CAESAR ou bien du Tom Powers de PUBLIC ENEMY, beaucoup plus exubérants et flamboyants. THE PETRIFIED FOREST est offert en format plein écran 1.37:1 noir et blanc, respectant son format original de présentation en salle. Malgré une présence parfois très marquée d'un grain dans l'image, le transfert offert ici est tout de même honorable, proposant un rendu des contrastes acceptable et une bonne profondeur des noirs. Évidemment, l'âge avancé du matériel source utilisé laisse entrevoir à l'occasion quelques poussières et fourmillements mais, somme toute, l'effort fourni pour le résultat est tout de même admirable et le plaisir du visionnement est constant. Le film est disponible seulement dans sa version originale anglaise par le biais d'une piste en format Dolby Digital 1.0 Mono. L'environnement sonore étant évidemment concentré uniquement sur le canal central, les puristes de haute-fidélité devront ici s'abstenir. Toutefois, les véritables cinéphiles n'en tiendront pas rigueur, puisque celle-ci, fidèle à la présentation de l'époque, offre des dialogues toujours bien compréhensibles tandis que les effets ambiants sont très bien juxtaposés à l'ensemble, procurant ainsi une écoute plus qu'agréable. Des sous-titres français, anglais et espagnols sont offerts en accompagnement. Le studio chouchou des cinéphiles a encore une fois concocté un ensemble rempli de suppléments stimulants dont voici le contenu : Warner Night At The Movies Servant de complément et pouvant être visionnés antérieurement au film présenté, les segments suivants servent à situer THE PETRIFIED FOREST dans le contexte de son époque : -Introduction du critique de cinéma Leonard Maltin. -Bande-annonce originale du film BULLETS OR BALLOTS (William Keighley, 1936) mettant en vedette Edward G. Robinson (LITTLE CAESAR), Joan Blondell (THE PUBLIC ENEMY) et Humphrey Bogart. -Extrait d'un film d'actualité de la série Vitaphone Newsreel couvrant la récente abdication du roi Edouard VIII au trône d'Angleterre (afin de pouvoir épouser une Américaine) et la réélection du président Franklin Delano Roosevelt en 1936. -Court-métrage vaudevillesque intitulé RHYTHMITIS mettant en vedette Hal Le Roy et Toby Wing, couple de stars de boulevard célèbres à l'époque mais aujourd'hui complètement absents de la mémoire collective. -Dessin animé de la série Merrie Melodies intitulé THE COO-COO NUT GROVE s'amusant à pasticher quelques-unes des vedettes de l'heure du grand écran. Commentaire audio de Eric Lax Célèbre biographe de Humphrey Bogart, Lax nous fait cadeau d'une piste de commentaire bien menée et remplie d'analyses, d'informations et d'anecdotes de toutes sortes entourant tous les aspects du film, que ce soit à propos du tournage, des artisans y ayant participé, de même qu'une biographique exhaustive de chaque acteur de la distribution principale. C'est avec une aisance déconcertante que l'on peut entendre Lax sauter d'un sujet à un autre tout en restant bien ancré sur le déroulement du film pour y ajouter quelques commentaires sur certaines scènes spécifiques. Excellent ! The Petrified Forest : Menace In The Desert Petit documentaire de 16 minutes récapitulant les principales étapes de la rédaction du script, du tournage et de la post-production de THE PETRIFIED FOREST jusqu'à sa sortie sur les écrans. Y sont incluses plusieurs extraits d'entrevues, notamment avec Eric Lax et l'historien cinématographique Robert Sklar, qui se concentrent surtout sur l'impact que ce film a eu sur la carrière d'Humphrey Bogart. Gulf Screen Theater Radio Broadcast Adaptation radiophonique de la pièce de Robert E. Sherwood, diffusée le 1er juillet 1940, et mettant en vedette Tyrone Power (THE MASK OF ZORRO) dans le rôle d'Alan Squier, Joan Bennett (LITTLE WOMEN) dans le rôle de Gabby Mapple et Humphrey Bogart, reprenant encore une fois le rôle de Duke Mantee. Theatrical Trailer Bande-annonce originale du film diffusée en salle. ------------------------------------------------ Plus proche d'un thriller psychologique que d'un véritable film de gangsters, THE PETRIFIED FOREST n'en est pas moins excellent en proposant un récit palpitant d'où ressort un portrait cru et sans concession de la nature humaine. S'il ne répond pas exactement aux mêmes critères que les autres films de cette collection, il n'en constitue pas moins une belle surprise. Studio éditeur : Warner Date de sortie : 25 janvier 2005 Film : 4,5/5 Image : 3,5/5 Son VO : 3,5/5 Bonus : 5/5 Marc Lespérance marcl@dvdquebec.com Lundi 21 Mars 2005
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