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Vendredi 3 Septembre 2010
20:22

THE DAY AFTER TOMORROW (LE JOUR D’APRÈS), le DVD zone 1

Se faisant discret dans les salles depuis Le Patriote, Roland Emerich nous revient 4 ans plus tard avec un nouveau blockbuster estival. Celui qui réinventa le genre « God Bless America » avec Independance Day nage cette fois-ci à contre-courant avec THE DAY AFTER TOMORROW : un film catastrophe (et non catastrophique) destiné à nous faire plonger pour quelques centaines d’années en pleine ère glaciaire. Tout un programme.



THE DAY AFTER TOMORROW (LE JOUR D’APRÈS), le DVD zone 1
THE DAY AFTER TOMORROW (LE JOUR D’APRÈS), le DVD zone 1
Climatologue réputé œuvrant pour le gouvernement des États-Unis, Jack Hall (Dennis Quaid) est témoin de la rupture catastrophique d’une gigantesque calotte de glace alors qu’il effectue des recherches en Antarctique. De retour sous des cieux plus tempérés, Jack n’a d’autre choix que de tirer la sonnette d’alarme devant les gouvernements du monde entier : le réchauffement de la planète et, par extension, la fonte des glaces, pourrait perturber les courants assurant notre climat tempéré au point de déclencher une nouvelle ère glaciaire… des arguments qui sont loin d’être suffisants pour convaincre un vice-président des États-Unis (Kenneth Welsh) persuadé d’avoir affaire une nouvelle fois à un activiste écolo alarmiste. C’est alors que le professeur Tapson (Ian Holm) fait une découverte inquiétante : la température commence à baisser aussi rapidement qu’anormalement dans tout l’Atlantique Nord... tandis qu’à Tokyo, des grêlons de la taille d’un ballon de foot s’abattent sur la ville...

Roland Emerich fait de bien meilleurs films depuis qu’il s’est séparé de Dean Devlin : alias le scénariste calamiteux ayant commis des choses aussi peu recommandables qu’Universal Soldier (avec Jean-Claude « aware » Van Damme…), Stargate (dont le concept prometteur fut enfin exploité correctement... sans lui et à la télévision), Independance Day (qui prouva qu’un Macintosh pouvait descendre un vaisseau-mère alien à lui tout seul…) et Godzilla (grosse bestiole japonaise américanisée dont fut tirée une excellente mais trop courte série animée). Autant de films qui livrent la marchandise sur l’écran géant du multiplexe du coin grâce à une réalisation toujours impeccable de Roland Emerich... mais dont l’effet « poudre aux yeux » s’estompe une fois le film rendu sur la télévision 27 pouces du salon ; pas même de belles images (au format timbre poste cette fois) n’arrivent à sauver un spectacle victime de scripts aussi creux qu’insipides.

Si THE DAY AFTER TOMORROW reste un blockbuster peu original dans sa forme dans le sens où le réalisateur s’amuse à tout détruire sur son passage, Roland Emerich innove en nageant à contre-courant d’un cinéma « God Bless America » qui l’a pourtant rendu célèbre : certes Emerich ne renie pas les valeurs personnelles et familiales auxquelles les Américains sont attachés (après tout, Dennis Quaid traverse la Côte-Est à pied malgré la tourmente dans le seul et unique but de porter secours à son fils), mais il se livre cette fois à une critique féroce de la politique écologique américaine qui s’obstine à refuser la ratification des accords de Kyoto pour d’obscures raisons économiques (ce qui est un comble provenant de la première puissance économique mondiale). Roland Emerich ne s’arrête pas en si bon chemin : à une époque où la « télé-réalité » est reine, le réalisateur nous montre une quantité non-négligeable de journalistes prenant des risques ridiculement élevés dans le seul et unique but de filmer mère-nature piquant sa crise, avec un résultat aussi corrosif qu’amusant à regarder. Autre originalité : là où Independance Day célébrait la toute-puissance des États-Unis d’Amérique face à un envahisseur extra-terrestre supérieur en nombre et technologiquement plus avancé, THE DAY AFTER TOMORROW donne une leçon d’humilité à un peuple débordant d’orgueil en l’obligeant non seulement à ravaler sa fierté, mais surtout à en tirer les enseignements nécessaires à sa propre survie.

Si les effets spéciaux et la réalisation sont impeccables, le film est hélas loin d’être parfait : l’aspect scientifique laisse quelque peu à désirer (mais une ère glaciaire s’installant peu à peu sur plusieurs centaines d’années est dramatiquement parlant inexploitable), et la quête du fils de Dennis Quaid un peu trop mièvre sur le papier. Qu’importe : Roland Emerich réussit l’exploit de compenser les fortes faiblesses de son script grâce à un suspense habilement mené et des effets spéciaux époustouflants. Une excellente surprise que l’on peut qualifier sans rougir de « rafraîchissante ».

THE DAY AFTER TOMORROW nous est présenté comme il se doit dans son format original respecté de 2.35:1 d’après un excellent transfert anamorphosé (16:9) (une édition au format plein écran (1.33:1) est aussi disponible séparément). L’image possède un niveau de détails tout simplement incroyable et n’est jamais prise en défaut par la compression ce qui est un véritable exploit tant les effets météo peuvent avoir une fâcheuse tendance à montrer les limites du format MPEG-2. L’étalonnage est en tout point parfait, et aucun halo ni même de surdéfinition des contours ne sont à déplorer. Un bon grain (qui semble n’avoir pas séduit quelques critiques sur le net) est cependant visible par moment et ne dérange nullement.

Quatre pistes sonores nous sont proposées : avec, en vedette, la piste originale anglaise de format DTS 5.1 qui à l’instar des éléments naturels mis en avant dans le film, détruira tout sur son passage y compris vos relations de bon voisinage. Tornades, raz-de-marées, tempêtes en tous genres, mais aussi avions et hélicoptères envahiront votre salon dans un déluge d’effets sonores parfaitement localisés. La piste Dolby Digital 5.1 anglaise bien qu’excellente à tous points de vue, ne lui arrive hélas pas à la cheville. Une fois de plus, déplorons l’haïssable habitude de Twentieth Century Fox en matière de pistes sonores françaises : avec un simple Dolby Digital 2.0 Surround (doublage produit en France) qui s’en tire vraiment très bien compte tenu des limitations de ce format, mais qui fera inévitablement pâle figure comparativement aux mixages anglais. Même chose pour les hispanophones qui devront eux aussi se contenter d’une piste provenant d’une autre époque. L’insulte finale (mais toujours connue) : des sous-titres sont proposés en anglais et en espagnol uniquement.

Les Européens ont le choix entre une édition simple et une édition du collectionneur contenant un disque supplémentaire consacré aux suppléments. Rien de tel en zone 1 où seule l’édition simple nous est proposée. Autant le dire tout de suite : il n’y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent : 2 commentaires audio qui n’intéresseront réellement qu’une minorité de consommateurs, et 2 scènes retranchées à l’intérêt limité (mais en anamorphique !). Le seul supplément quelque peu intéressant se résume à une démonstration sonore où la possibilité nous est offerte d’écouter séparément les 8 pistes ayant servi à créer une scène de crash aérien... une bonne idée hélas totalement sous-exploitée dans la mesure où le format sonore employé n’est autre qu’un simple Dolby Digital 2.0 Surround ! La démonstration aurait été naturellement autrement plus impressionnante avec un mixage multi-canal digne de ce nom.

Les possesseurs de DVD-Rom ET de PC seront « ravis » d’apprendre qu’ils pourront visionner un documentaire d’environ une heure sur le making-of du film. Un supplément que Fox aurait été bien inspiré de mettre ailleurs (avec les autres suppléments par exemple ?) au lieu d’en priver les heureux possesseurs de Mac, ou pire encore tous les PC-istes qui comme moi se heurteront à un message d’erreur lorsqu’ils tenteront de regarder le supplément en question.

Même s’il n’a pas eu le succès fracassant escompté par le studio qui l’a produit, THE DAY AFTER TOMORROW n’en demeure pas moins un film extrêmement distrayant qui aurait mérité beaucoup mieux que cette édition minimaliste. Dommage.

Studio éditeur : Twentieth Century Fox
Date de sortie : 12 octobre 2004

Film : 3,5/5
Image : 4,5/5
Son VO : 5/5
Son VF : 3/5
Bonus : 2/5



Alexandre Doukakis
alexandre@dvdquebec.com

Lundi 25 Octobre 2004


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