THE BLUES BROTHERS, l’édition DVD 25e anniversaire zone 1Mine de rien, il s’en passe des choses au Saturday Night Live. Bien avant que Mike Myers vienne taper l’incruste avec le personnage de Wayne Campbell, Dan Ackroyd et John Belushi inventèrent les fameux Blues Brothers pour rigoler et faire un peu de musique afin d’ouvrir l’émission. Très vite vint l’idée d’enregistrer un album… puis de produire un film mettant en vedette le couple de musiciens le plus incroyable de l’histoire du cinéma. Le résultat : un concentré jubilatoire de musique anthologique et de tôle froissée.
THE BLUES BROTHERS, l’édition DVD 25e anniversaire zone 1
Fraîchement libéré de prison pour bonne conduite, Jake Blues (John Belushi) retrouve son frère Elwood (Dan Ackroyd) après trois années passées derrière les barreaux. Ils apprennent rapidement lors d’une visite à la « pingouine » qui les a élevés, que l’orphelinat où ils ont grandi va être rasé s’ils ne trouvent pas les 5000 dollars nécessaires au paiement des taxes foncières de l’immeuble. La bonne sœur dirigeant l’honnête établissement refusant toute aide sous la forme d’argent de provenance douteuse, Jake et Elwood n’ont d’autre choix que de reformer leur ancien orchestre des Blues Brothers. Les choses se compliquent quand Jake apprend que les membres de l’orchestre se sont éparpillés dans la nature, et qu’Elwood se retrouve poursuivi par des flics trop zélés l’accusant d’avoir brûlé un feu rouge. Pour couronner le tout, une femme mystérieuse semble prête à tout mettre en œuvre pour leur faire avaler leur bulletin de naissance…
« On est en mission pour le Seigneur » THE BLUES BROTHERS est un film aussi culte qu’inoubliable. Point final. Et il l’est d’autant plus que j’ai une sainte horreur des comédies musicales. Car si le spectacle de tout un quartier connaissant parfaitement les moindres secrets d’une chorégraphie est un concept que je trouve particulièrement stupide, ce reproche ne peut s’appliquer aux Frères Blues. Car dans un univers où le 36eme degré règne en maître, tout est permis. Que ce soit un looping effectué par une vieille guimbarde ou une bande de zigotos se sortir indemnes de l’implosion d’un immeuble ; qu’on puisse voir une armée de Marines poursuivre 2 pauvres types dans tout Chicago ou tout un quartier assurant une parfaite chorégraphie au son d’un orgue poussif. Il fallait tout le génie des deux pires allumés du Saturday Night Live pour en arriver là. Aux commandes : John Landis. Un réalisateur alors assez peu connu ayant auparavant dirigé John Belushi dans le fameux ANIMAL HOUSE deux ans plus tôt. Un film totalement bordélique faisant la part belle aux délires des fraternités sur les campus américains. De mémoire, John Belushi n’avait pas le moindre dialogue et se contentait de pousser des grognements tel un animal en rut. THE BLUES BROTHERS marque leur collaboration suivante. Puis John Landis réalise AN AMERICAN WEREWOLF IN LONDON, là encore un beau succès qui lui vaut de mettre en scène le cultissime vidéoclip THRILLER pour Michael Jackson. Landis retourne ensuite tourner des comédies, retrouvant au passage Dan Ackroyd auquel il adjoint un jeune acteur noir qui monte depuis le 48 HOURS de Walter Hill : Eddie Murphy. TRADING PLACES (Un Fauteuil Pour Deux) est là encore non seulement une excellente comédie mais aussi un beau succès. Cinq années sont pourtant nécessaires avant que Landis ne réussisse à de nouveau vraiment faire parler de lui : avec COMING TO AMERICA en 1988 où Eddie Murphy interprète avec Arsenio Hall une bonne partie des rôles secondaires à eux seuls. Arrive une période de vaches maigres durant laquelle John Landis semble avoir perdu toute inspiration : INNOCENT BLOOD en 1992 mettant Anne Parillaud en vedette dans une histoire de vampires ne réussit pas à convaincre le public, pas plus que le catastrophique BEVERLY HILLS COP 3 faisant bien triste figure comparé à l’opus précédent remarquablement mis en scène par Tony Scott. Vingt ans après l’aventure des BLUES BROTHERS, Landis et Ackroyd décident de remettre ça en sortant THE BLUES BROTHERS 2000 : à la fois une suite et un remake, le film souffre atrocement de la disparition de John Belushi, lequel fut remplacé par John Goodman qu’on avait là aussi connu bien plus inspiré… même dans l’atroce film des FLINTSONES, c’est tout dire. Dan Ackroyd et John Belushi formaient une équipe du tonnerre et, en dehors du Saturday Night Live, n’en étaient pas avec THE BLUES BROTHERS à leur coup d’essai cinématographique. Ne serait-ce qu’avec l’aussi sous-estimé que fabuleux 1941 de Steven Spielberg où Belushi interprétait un pilote fou furieux poursuivant une escadrille japonaise sortie d’une émission de radio. Un personnage à mi-chemin entre l’animal qu’il campait dans ANIMAL HOUSE, et le Jack Blues des BLUES BROTHERS. John Belushi aurait pu nous faire rire pendant encore longtemps sans son penchant pour un certain nombre de drogues dures qui lui valurent une overdose. GHOSTBUSTERS avait été à l’origine écrit pour lui… avant d’être remodelé pour Bill Murray. La grande force des BLUES BROTHERS réside non seulement dans son humour absurde, ses personnages totalement décalés incarnés par des acteurs incroyablement talentueux, ses cascades aussi drôles qu’improbables, mais aussi par ses artistes invités et ses numéros musicaux. Mine de rien, ce n’était pas le beau monde qui manquait : à commencer par Ray Charles, James Brown, Aretha Franklin, John Lee Hooker, Cab Calloway… tous ces merveilleux artistes alors pratiquement au chômage dont les carrières connurent un second souffle après la sortie du film ! Même en haïssant les films musicaux au plus haut point, on ne peut rester insensible à une telle débauche de talent… que dis-je ? De génie musical. Ceux qui en redemandent seront ravis d’apprendre qu’Universal a pour cette édition 25e anniversaire réintégré pas moins de 15 minutes de scènes coupées. Des séquences qui, sans être particulièrement indispensables, ajoutent un petit plus bien appréciable en ajoutant ou rallongeant certaines scènes. Que ce soit en version d’origine ou étendue, THE BLUES BROTHERS est un film incroyablement drôle et divertissant, méritant une place de choix dans toute DVDthèque. THE BLUES BROTHERS nous est présenté dans son format original respecté de 1.85:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9). Une édition plein écran 1.33:1 est également en vente. La qualité d’image est globalement excellente. Et si l’interpositif utilisé comporte quelques petits défauts somme toute bien naturels pour un film ne datant pas d’hier, cette édition DVD lui donne au passage un petit coup de jeune très apprécié. La définition est globalement excellente et les couleurs bien moins délavées que la copie usée jusqu’à la corde passant régulièrement à la télévision. À l’exception de quelques fourmillements dans les arrière plans, la compression est pratiquement invisible. Seule une légère surdéfinition des contours sur certains plans pourra être un tantinet agaçante mais, une fois encore compte tenu de l’âge du film, c’est à un excellent transfert auquel nous avons affaire. La version longue de 2 heures 28 minutes est présentée en version originale anglaise au format Dolby Digital 5.1.. Autant le dire tout de suite, ce mixage fait la part belle aux différents numéros musicaux, lesquels bénéficient d’une généreuse ouverture des canaux ainsi que de l’appui non négligeable du caisson de basses (canal .1 LFE). En revanche, le reste du film fait d’avantage pensé à une simple piste Dolby Digital 2.0 Surround légèrement « boostée », ce qui est probablement le cas. La version sortie en salles en 1982 est quant à elle proposée en version originale anglaise Dolby Digital 2.0 Surround. On retrouve également avec cette version la bande-son en français d’origine (doublage produit en France) Dolby Digital 2.0 Surround ainsi qu’une piste espagnole aussi encodée Dolby Digital 2.0 Surround. Tous ces mixages ne soutiennent hélas pas la comparaison avec la piste Dolby Digital 5.1 de la version longue quant au rendu des numéros musicaux. Qui plus est, il ne faudra pas hésiter à augmenter le volume pour entendre quelque chose. Cela dit, nous avons affaire à la version d’origine du film accompagnée de ses mixages sonores d’époque. De quoi plaire à tout le monde, et ce, d’autant plus que des sous-titres anglais (pour malentendants), français et espagnols sont disponibles lors du visionnement pour les deux versions. Merci Universal. Les suppléments répartis sur les 2 faces du disque sont incroyablement nombreux. Tout ce que vous vouliez savoir sur THE BLUES BROTHERS sans avoir jamais osé le demander a été réuni sur cette galette de 12cm pour le plus grand plaisir des fans et autres curieux qui trouveront largement de quoi s’instruire tout en s’amusant. À commencer par : Stories Behind The Making Of The Blues Brothers, reprenant une bonne partie des suppléments de l’édition précédente. Faisant intervenir John Landis, mais aussi Dan Ackroyd et le producteur Robert K. Weiss entre autres, les intervenants ne tarissent pas d’anecdotes de tournage ou d’histoires croustillantes sur la genèse du film. Des images de tournage sont naturellement disponibles, de même que de nombreuses entrevues avec les comédiens et les équipes techniques du film. Le documentaire Transposing The Music est bien entendu consacré à la musique. Un mini concert enregistré lors d’une tournée des Blues Brothers a aussi été inclus. Les concepteurs du DVD ont même pensé à intégrer un menu permettant d’accéder directement au numéro musical que l’on souhaite voir : très pratique. Un hommage au regretté John Belushi est aussi disponible, de même que des notes de production, le tout se termine avec l’habituelle bande-annonce originale. À noter que l’intégralité des suppléments est sous-titrée en français, anglais et espagnol ! ---------------------------------------------------------------- Film culte par excellence, THE BLUES BROTHERS nous revient dans une édition 25e anniversaire de grande qualité proposant à la fois un excellent transfert du film, un montage inédit, des suppléments à la pelle aussi divertissants qu’intéressants. Cerise sur le gâteau : les francophones n’ont pas été oubliés par Universal… bref : aucune raison valable de bouder son plaisir. Cette nouvelle édition des Frères Blues est à posséder absolument. Studio éditeur : Universal Date de sortie : 30 août 2005 Film : 5/5 Image : 4/5 Son VO (version longue) : 3,5/5 Son VO (version cinéma) : 3/5 Son VF : 2,5/5 Bonus : 5/5 Alexandre Doukakis alexandre@dvdquebec.com Mercredi 14 Septembre 2005
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