THE AVIATOR (L’AVIATEUR), l’édition DVD zone 1Les États-Unis ont inventé la démesure, Howard Hughes l'a utilisé. Génial, audacieux, impertinent et complètement fou, Howard Hughes est l’exemple type et atypique des grands magnats des États-Unis des années vingt à cinquante. Toujours en galante compagnie, tiré à quatre épingles, dépensant des sommes pharamineuses pour assouvir ses caprices, Howard Hughes aura eu deux grands amours : le cinéma et surtout l’aviation pour laquelle il aura tout donné, révolutionnant les idées reçues, forçant les autres à se dépasser. Il aura marqué l’aviation civile et les esprits. Mais comme les contes de fées cachent souvent des citrouilles défraîchies, la vie d’Howard Hughes n’est pas fait que de moments de bonheurs. À bien y regarder, c’est un homme personnellement meurtri dont la paranoïa et les obsessions vont le conduire à la réclusion volontaire et à une mort seule, oubliée.
THE AVIATOR (L’AVIATEUR), l’édition DVD zone 1
Howard Hughes, un riche héritier…
Howard Hughes Jr est né en 1905 au texas. Son père, Howard Hughes Senior, inventa un foret qui révolutionna les méthodes de forage dans le monde entier. Avec un associé, il monta la Hughes Tool Company et loua son invention aux riches pétroliers texans. Ils mirent également la main sur plusieurs autres brevets et techniques de forage. Quatre ans après la naissance de Howard Hughes Jr, la famille devenait très très riche. Le jeune Howard fut élevé par une mère abusive et incestueuse, l'obsession de la propreté et la maniaquerie de Hughes ne sont sans doute pas totalement sans liens. Il poursuivit d’abord des études à Huston, mais sa passion pour les mathématiques, l’aviation et tout ce qui touche à la mécanique le ramena à Caltech à Pasadena. À la mort de son père en 1924, il était à peine âgé de dix huit ans et se retrouva à la tête d’une fortune évaluée à l’époque à près de 900000 dollars dont 75% de la compagnie fondée par son père qu’il dirigea pendant près d’un an. Arrivé en 1925 à Los Angeles, il s’amouracha de la capitale cinématographique et c’est un peu par hasard qu’Howard Hughes débarqua dans le paysage cinématographique américain. Howard Hughes avait deux passions principales dans la vie : l’avion et le cinéma. Il conjugua avec brio ses deux passions. Si on peut émettre quelques doutes sur ses qualités de cinéaste, celles de producteur ne sont pas à remettre en cause. Dans le cinéma comme dans la vie Hughes se montre un rebelle, se battant contre le système, dépensant sans compter, remontant entièrement ses films lorsque le parlant apparaît. Il fut le premier à dépenser plusieurs millions de dollars pour un film. Ses deux plus grandes réussites restent le très épique HELL'S ANGELS (1930), aux séquences aériennes qui seraient aujourd’hui impossible à dupliquer, et le second demeure SCARFACE (1932), au jeu d’acteur et à l’histoire démodée mais très violente pour l'époque ; on peut aussi citer OUTLAW (1943), moins pour la qualité du scénario que pour tout le bruit qu'il fît avant même sa sortie. Les ligues de vertus et le comité de surveillance de la censure voulait l'interdire pour cause de… nudité dégradante… Mais le film fut distribué tout de même. Hughes connut donc au cinéma des fortunes diverses. Tout en continuant à assouvir sa passion pour le cinéma, Howard Hughes se lança à corps perdu dans l’autre grande passion de sa vie : l’aviation. En 1935, il bat le record de vitesse, manquant au passage de se tuer, puis il effectue un tour du monde en trois jours. Il pense et réalise le plus grand avion du monde, « HERCULES ». Ce dernier engin volant, élaboré pour le projet d’avion espion XFII, était destiné à l’armée de l’air des États-Unis. Avec l’« HERCULES », Howard Hughes eut droit à une convocation devant la commission d’enquête du sénat mené par le sénateur Ralph Owen Brewster (en réalité entièrement dévoué à la cause de Juan Trippe alors patron de la PAN AM), bien décidé à mettre un terme à la concurrence que Hughes pouvait lui faire avec la TWA dont il était le patron. Innovateur, casse-coup, génie malgré tout, l’aviation civile moderne lui doit beaucoup. Grandeur et décadence... Howard Hughes ne représente pas réellement le rêve américain, en effet il n'a pas bâti sa fortune à partir de rien, il est le riche héritier de la Hughes Tool Company ; mais comme les premiers américains, il est un pionnier. Il s’embarque dans des projets tous plus pharamineux les uns que les autres. Il ne cherche pas le profit immédiat, il se sait à l’abri des problèmes financiers car c’est bel et bien sa société oeuvrant dans le pétrole qui va lui permettre de réaliser ses projets les plus fous. Les banques suivent car elles savent que l’argent coulera toujours tant qu’il y aura du pétrole, d’où une incroyable frénésie de la part de Hughes à vouloir tout conquérir. Dandy mondain, on le dit charmeur et réservé. On le voit aux bras de nombreuses stars, ou en devenir, de cinéma. Il lance la carrière de Jean Harlow ; on lui prête toutes sortes de liaisons, Terry Moore, Lana Turner ou encore Ginger Rogers mais deux femmes, toutes deux actrices de cinéma, vont compter dans sa vie. La première est Katharine Hepburn, femme forte et de caractère qui va le soutenir et quelque peu le « couver » d’une certaine manière. Cette dernière va lui permettre d’affirmer sa personnalité mais surtout d’accepter ses problèmes et d’en jouer, (comme de sa surdité par exemple). Cependant, ils sont tous deux issus de deux milieux très différents et les ambitions de l’un comme de l’autre vont finir par se conjuguer au singulier. Cependant Hughes gardera toujours un œil protecteur sur elle… La seconde femme qui captiva Hughes fut Ava Gardner. Là aussi il est aux prises avec une femme forte et indépendante. Mais à la différence de Hepburn, le soutien de Gardner à Hughes se traduira plus par un bon coup sur la tête pour le faire réagir plutôt que l’affection presque maternelle de Hepburn. Hughes eut d’autres aventures mais celles d’avec Hepburn et Gardner sont sans doute les plus marquantes. Les vingt dernières années de la vie de Hughes furent un calvaire, son obsession pour la propreté (rupophobie), ses maniaqueries, notamment en matière d’hygiène (automysophobie), firent de lui le plus grand hypocondriaque que la terre ait porté. Depuis l’accident avec le FXII, Howard Hughes était devenu un drogué à la codéine et au valium. Hughes perdait souvent la tête mais lors de ses rares moments de lucidités il parvenait à conduire ses affaires (Dans les livres de Donald L. Bartlett et James B. Steele « Empire » et « Howard Hughes: His Life & Madness », ceux-ci relatent un entretien téléphonique d’Howard Hughes avec des journalistes afin de démentir les propos tenus par Clifford Irving dans un livre au début des années soixante dix). Mais la gestion de ses sociétés était tellement mauvaise que la plupart étaient au bord de la faillite. Il en a été ainsi pour RKO mais aussi pour la TWA. Bien qu’il ait beaucoup fait pour transformer la compagnie en transporteur international, ses décisions à l’emporte pièce et ses combats (devenus au fil des années donquichottesques) plongèrent la compagnie au bord du couvre financier. En 1966, Hughes fut contraint de vendre ses parts de la TWA après avoir perdu un procès pour avoir financé, via la TWA, d’autres investissements. Mais étrangeté du destin, la vente lui rapporta plus d’un milliard de dollars transformant un fiasco en affaire juteuse. Pour sa protection, Howard Hughes débauche un ex-agent du FBI, Robert Maheux. C’est également dans cette période que l’on retrouve le nom de Hughes cité dans de nombreuses affaires politiquo-financières, reclus dans un hôtel de Las Vegas, entouré par des infirmiers mormons (?!) D’après les auteurs Harrison Livingstone et Robert J. Groden dans le livre « High Treason », l’assassinat du président Kennedy aurait été le résultat d’une coalition entre Howard Hughes, la C.I.A., la mafia et les Cubains anti-castristes. Ce qui est plus vraisemblable c’est que l’adjoint de Hughes, Robert Maheux, a supervisé un complot parrainé par la C.I.A. visant à éliminer Fidel Castro avec l’aide de la mafia. Howard Hughes a également été lié au scandale du Watergate qui a provoqué la démission de Richard Nixon ; parmi les raisons du cambriolage de l’immeuble du Parti Démocrate se trouvaient la volonté de Nixon de discréditer Larry O’Brien en révélant les liens avec Howard Hughes et aussi connaître les informations que possédait O’Brien sur les pots de vins reçus par Nixon de la part d’Howard Hughes. La période de 1968 à 1976 fut à cet égard la plus trouble de la vie de Hughes, en proie aux fantasmes les plus fous. Son dernier rêve : dominer, contrôler et acheter l’Amérique toute entière. Les documents volés dans le bureau de Hughes, puis retrouvés par Michael Drosnin, délivrent une part des mystères qui entourent Hughes. Ceux-ci révèlent comment Howard Hughes a corrompu le gouverneur du Nevada (Paul Laxalt, devenu plus tard sénateur et ami intime de Reagan) ; comment il acheta Hubert Humphrey, Lyndon Jonhson, Richard Nixon et bien d’autres avec l’aide du toujours fameux Robert Maheux. Ces documents expliquent également comment Hughes s’offre toute l’équipe de Bob Kennedy immédiatement après sa mort, faisant de Larry O’Brien un homme de Hughes. Sa mort même reste empreinte de mystère. Décédé le 5 avril 1976, Hughes avait quitté Las Vegas pour les Bahamas, puis pour le Mexique, où l’accès à certaines substances illicites était plus facile d’accès. Attaque cérébrale pour les uns, arrêt cardiaque pour les autres dut à l’abus de drogues, Howard Hughes est décédé dans l’avion qui le transporta d’Acapulco à un hôpital de Huston où sa mort fut constatée. Afin d’être sûr de l’identité du corps, l’agent du fisc fit prendre les empreintes digitales et les compara à celles prises en 1942. Le FBI confirma l’identité ; il faut dire qu’il n’avait pas été vu publiquement ou photographié depuis plus de vingt ans. Il n’y a pas vraiment de hasard si on retrouve à l’écriture du film John Logan. En effet, en plus d’afficher un palmarès de films plutôt impressionnant (GLADIATOR (2000), STAR TREK : NEMESIS (2002) ou plus récemment THE LAST SAMOURAIS (2003)), celui-ci est aussi à l’écriture de RKO 281 (1999) ou il relatait le tournage de CITIZEN KANE. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec CITIZEN HUGHES, le livre de Michael Drosnin (encore lui). Toute la difficulté dans l’écriture du scénario résidait sans aucun doute à faire des choix parmi la montagne d’informations disponibles sur la vie de Hughes, y compris tout ce qui s’est dit sans pour autant être vrai. John Logan s’en sort très haut la main. Sous la direction du maestro Scorsese, il a adapté un peu plus de vingt ans de la vie de Howard Hughes, et ce, sans se perdre dans la complexité du personnage et les imbroglios de sa vie tumultueuse. John Logan a axé le film sous trois angles : le cinéma, l’aviation et le combat contre les démons intérieurs de Howard Hughes. Afin de rentrer dans la peau du personnage, DiCaprio, de son côté, s’est complètement investit. De plus, les trois hommes (Scorsese, DiCaprio et Logan) ont effectué de nombreuses sessions ensemble afin d’affiner et de pousser DiCaprio au maximum de ce qu’il pouvait donner. Le résultat est sans appel, DiCaprio est Howard Hughes (là, cela fait du mal de le dire ( !)). À chacune de ses apparitions, on ne voit plus que lui. Après GANGS OF NEW YORK (2002), Scorsese renouvelle donc sa confiance dans l’acteur à l’éternel bouille d’adolescent. Leonardo est vraiment impeccable, certes, mais ce serait oublier les seconds rôles qui révèlent d’excellentes surprises : en tout premier lieu Cate Blanchett ( The Lords of the Rings (2001 à 2003) qui incarne Katharine Hepburn, l’un des deux rôles féminins les plus marquants. Elle en rajoute beaucoup pour atteindre une Katharine Hepburn excentrique à souhait, elle sait aussi jouer dans le registre dramatique lorsqu’il le faut et son interprétation est vraiment sans reproche. Alec Baldwin, dans le rôle de Juan Trippe, retrouve un peu de crédibilité avec ce personnage. Il ne faut pas oublier Ian Holm, dans le rôle du professeur Fitz, à qui l’on doit sans aucun doute les meilleurs moments de comédie pure et comique (vraiment désopilant notamment lors de l’anecdote des nuages lors du tournage de HELL’S ANGELS, mais surtout lors de la réunion de la commission du comité de censure pour le film OUTLAW). Notons aussi les apparitions de Jude Law en Errol Flynn, courte apparition mais très marquante. On retrouve aussi de nouvelles têtes comme Gwen Stefani (ex NO DOUBT) en Jean Harlow... Bon... je vous vois vous demander pourquoi je ne parle pas de Kate Beckinsale, dans le rôle d’Ava Gardner... tout simplement parce que je n’aime pas tirer sur les ambulances. À mon avis, elle ne colle pas au personnage, elle nous joue une Ava Gardner qui a plus l’air d’une pin-up descendue de son calendrier. Ce n’est qu’à de rares occasions qu’elle est convaincante... et comme elle n’apparaît pas beaucoup dans le film... Mais réunir de bons acteurs sur un film ne suffit pas (N’est ce pas Monsieur Soderberg ?), faut-il encore les amener là où il faut. Il est vrai que le film s’inspire de la vie très remplie d’un magnat, la marge de manœuvre pour interpréter les personnages se trouve donc réduite et en même temps le fil d’Ariane est tout trouvé pour les acteurs. C’est à ce moment précis que Scorsese intervient, il n’a pas son pareil pour mettre en scène et diriger ses comédiens. Pas une seule fausse note de ce côté si ce n’est peut-être le jeu complètement à côté de Kate Beckinsale. Mais, hormis cela, Scorsese nous livre un très grand film. Il transporte le spectateur au gré des géniales extravagances de son personnage principal. Tourner un film sur Howard Hughes c’est se frotter à une complexité incroyable, ajouter à cela le contexte historique offrant une richesse phénoménale (des années « folles » à l’après seconde guerre mondiale). Mais Scorsese maîtrise parfaitement son sujet et offre au public un film d’une richesse visuelle incroyable et une histoire romanesque et tragique. C’est tout un pan de l’histoire des États-unis qu’il fait revivre à travers le personnage d’Howard Hughes. On ne peut dire que bravo Monsieur Scorsese ! Faut-il penser, au visionnement de ce film, que Scorsese a tourné la page de son précieux thème préféré ? Son New York ? En a-t-il fini avec les films remplis de violence ? Peut-être aurons-nous une réponse par son prochain film. THE AVIATOR renoue avec les grands films de cinéma de la grande époque hollywoodienne. Assurément, vous trouverez plus de magie cinématographique dans ce film que dans bon nombre de titre sortant actuellement sur nos écrans alors, même si la patte de l’auteur telle qu’on l’a connaît ne ressort que par intermittence, on se laissera piloter pendant ces deux heures quarante cinq de pur bonheur. Les effets spéciaux sont nombreux mais ne noient pas le film, ils s’y intègrent parfaitement et on vie l’aventure avec Hughes, le tout baigné par la musique d’Howard Shore. En se limitant à ces vingt années là, Scorsese nous offre le meilleur de l’aventure du cinéma de Hughes et celui de sa passion pour l’aviation, mais aussi il nous présente les affres d’un homme qui sombre dans la folie. L’image proposée est au ratio 2.35:1 avec transfert anamorphosé (16:9) respectant le format de présentation en salle. Une édition DVD plein écran (4:3) est également disponible à la vente. Warner offre ici tout simplement le meilleur transfert DVD 2005 à ce jour. L’image est exempte de tout défaut d’encodage. L’image est d’une fluidité surprenante. Le niveau de détail est quasi parfait, la restitution des couleurs respecte entièrement le travail photo, les tons bleus de la première partie du film, auxquels Scorsese est très attaché, font ici merveille. La saturation des couleurs est un vrai régal et les contrastes, bien appuyés, font ressortir des noirs très profonds. Que dire de plus sauf qu’il s’agit ici d’un excellent travail. On atteint presque la perfection si on écarte un léger grain sur certains plans, mais cela reste très marginal. Mais il n’y aura pas de meilleures images pour ce film, en tout cas pas sur le format DVD actuel. Côtés son, on se retrouve avec deux pistes sonores. La première est une version originale anglaise Dolby Digital 5.1 : c’est sans aucun doute la piste à privilégier pour profiter entièrement de l’interprétation des comédiens. La piste se montre excellente dans la restitution des dialogues, parfaitement clairs et audibles, ceux-ci se détachent nettement. Les capacités du DD 5.1 sont ici bien exploitées distillant une ambiophonie équilibrée et harmonieuse, les caissons arrière sont sollicités à bon escient. Le canal . 1 (LFE) tient très bien son rôle et vient soutenir les graves et le vrombissement des moteurs (pour s’en convaincre, le décollage de l’ « HERCULES » est un modèle du genre). L’absence d’une piste DTS est peut-être à regretter mais le mixage offert ici est excellent. La deuxième piste est une version française (doublée au Québec) en Dolby Digital 2.0 Surround : bien évidemment, celle-ci fait un peu parent pauvre en face de la version originale avec une mise en avant beaucoup trop appuyés des dialogues et malheureusement des effets d’ambiance beaucoup moins marqués. Cela se ressent très fortement pendant les scènes d’aviation. Des sous-titres français, anglais et espagnols sont disponibles. Les suppléments du disque 1 : Commentary by director Martin Scorsese, Editor Thelma Schoonmaker and Producer Michael Man : Voici un commentaire de taille et en prestigieuse compagnie. Pas moins de deux réalisateurs pour commenter le film, d’un côté Michael Mann pour le coup producteur du film et bien sur Martin Scorsese. Les deux hommes sont accompagnés de Thelman Schoonmaker. Martin Scorsese prend les commandes dès les présentations faites et ne les lâche plus jusqu’à la fin du film. Les fans du réalisateur seront comblés, Martin Scorsese est un vrai moulin à paroles mais contrairement à bon nombre de commentaires audio réalisés par des confrères, il n’y a rien de superflus. Tout y passe et le réalisateur ne se contente pas de décrire ce qui se passe à l’écran, il entre dans les moindres détails de chaque scène, justifiant l’éclairage ici, l’interprétation là et en plus il fait le lien historique avec les faits tels qu’ils se sont réalisés. Le débit est soutenu et le volume d’informations est impressionnant. Michael Mann et Thelma Schoonmaker réussissent cependant à se glisser entre deux reprises de souffle du réalisateur et viennent soutenir ou compléter les propos du réalisateur. Chapeau et courage, deux heures quarante cinq de commentaire avec Scorsese cela vaut bien un mal de crâne. En tout cas passionnant. Les suppléments du disque 2 : Deleted scenes : Howard tells Ava about his car accident : (1’40) Grosse surprise, on ne retrouve ici qu’une seule scène coupée ou plutôt la version longue d’une scène du film. Qu’en penser ? L’intérêt de celle-ci est très relatif. Howard parle à Ava d’un accident de voiture qu’il eut jadis. Pour les plus curieux. A life without Limits : The making of Aviator : (11’30) Voici le making-of très court. Ce petit documentaire s’attarde surtout sur DiCaprio présentant son personnage, John Logan le scénariste également. De nombreux acteurs, Alec Baldwin, Alan Alda et bien d’autres sans oublier Martin Scorsese lui-même, font un superbe passage de pommade à DiCaprio, qui sans aucun doute l’a mérité. Mais était-ce bien le sujet de ce court documentaire ? Un peu plus d’épaisseur et un peu moins de nombrilisme aurait été souhaitable. Sans réel intérêt. The role of Howard Hughes in aviation history : (14’35) Voici un documentaire retraçant l’impact qu’a eut Howard Hughes sur l’aviation civile moderne. À travers de nombreux témoignages d’écrivains et de journalistes, il nous est permis de parcourir la vie de Hughes. Le documentaire recèle même une courte intervention d’époque d’Howard Hughes, en 1935, juste avant de monter dans le H1 et battre le record du monde de vitesse. Le reste est constitué d’une assez longue énumération des très nombreuses innovations qu’a apportées Hughes à l’aviation et toujours d’actualité. Le tout est ponctué par des scènes du film. Rien de vraiment nouveau mais sympathique. Modern Marvels : Howard Hughes, a history channel Documentary : (43’) Réalisé par la chaîne américaine History, ce documentaire se révèle beaucoup plus complet et plus détaillé que le précédent qui, du coup, se montre très dispensable. Ce documentaire passe en revue toute la vie de Howard Hughes, richement documenté, photos et documents d’archives à l’appui. Il couvre toute la vie du milliardaire mais uniquement du point de vue de l’aviation et, plus tard, des technologies de pointes en armement, en aérospatiale et recherche médicale. Passionnant d’un bout à l’autre, il en étonnera plus d’un. The affliction of Howard Hughes : Obsessive Compulsive Disorder : (14’08) La parole est ici donnée à Leonardo DiCaprio qui nous parle de ses recherches sur les TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif), de sa rencontre et du travail du docteur Jeffrey M. Schwartz spécialiste des TOC et également consultant sur le film. Le docteur Schwartz nous explique, de façon profane, les causes et l’origine de ces troubles et nous explique comment il est possible, dans une certaine mesure, de les maîtriser. Il nous parle aussi de sa participation au film et de son travail avec Scorsese et DiCaprio pour coller au plus proche de la réalité de ce qu’à vécu Hughes. Il y a aussi plusieurs témoignages de personnes atteintes par ce mal. OCD Panel discussion with Leonardo DiCaprio, Martin Scorsese and Howard Hughes Widow Terry Moore : (14’50) Cette conférence-débat a eut lieu en décembre 2004. Elle est introduite par le docteur Peter Whybrow de l’institut neuropsychiatrique de l’UCLA. Réuni autour de lui pour parler des TOC, on retrouve Martin Scorsese, Leornardo DiCaprio, Terry Moore la veuve d’Howard Hughes et le docteur Jeffrey M Schwartz. DiCaprio se montre brillant, totalement investi dans la compréhension du mécanisme du déclenchement des TOC, il en parle de façon très convaincante et, avec de subtiles touches d’humour, il sait relever l’intérêt de ses propos afin de ne pas ennuyer. Martin Scorsese, quant à lui, rebondit sur les plaisanteries de Leonardo et nous expose son point de vu en tant que réalisateur. Il explique comment il a distillé tout au long du film les manifestations des troubles de Hughes, allant crescendo pour aboutir à la scène dramatique d’Howard Hughes enfermé dans sa salle de projection, paralysé par ses phobies. L’intervention trop courte de Terry Moore sera le vrai regret de cette petite conférence bien instructive. An evening with Leonardo DiCaprio and Alan Alda : (26’) Les deux comédiens se livrent à un amusant échanges d’anecdotes, ainsi que leur vision du travail de comédien afin d’incarner un personnage. L’ensemble est plutôt ludique et pour le moins plus léger que les derniers entretiens entendus jusqu’ici. The visual effects of The Aviator : (12’) Robert Legato, responsable des effets visuels et réalisateur seconde équipe, nous livre les secrets de quelques-unes des scènes les plus spectaculaires du film. Certains trucages sont autant le fait d’images de synthèses que de tournages sur maquettes ; en effet, seul l’Hercules a été réalisé grandeur nature. Passionnant. Constructing The Aviator : The world of Dante Ferretti : (5’59) Déjà responsable de six films avec Martin Scorsese, Dante Ferretti, en charge des décors, nous emmène en visite guidée sur les différents plateaux et décors du film. Malheureusement le temps imparti est beaucoup trop court. Le travail de cet homme aurait peut être mérité un peu plus d’attention. Costuming The Aviator : The world of Sandy Powell : (3’31) Petit détour avec la créatrice des costumes, Sandy Powell, qui nous expose sa façon de travailler, les choix faits pour le film, s’attachant à retranscrire à l’écran à travers les costumes les différentes époques. L’essentiel porte sur l’évolution vestimentaire de Howard Hughes. The age of glamour : The hair and makeup of The Aviator : (8’04) Les responsables des différents postes Morag Ross, chef maquilleuse, Kathryn Blondell, chef coiffeuse, nous parlent de leur travail sur le film et leur recherche de réalisme par rapport aux différentes époques du film. Et après ce petit documentaire, on pourra se rendre compte du travail titanesque effectué avec près de soixante comédiens et de cinq à six cent figurants. Scoring The Aviator : (7’10) Voici un compositeur que l’on ne présente plus, Howard Shore. Il nous entraîne dans la conception de la musique de THE AVIATOR, ses sources d’inspirations, ses méthodes de travail, travaillant d’abord à partir du scénario puis du film. The Wainwright Family – Loudon, Rufus and Martha : (5’02) Petit détour par la famille Wainwright ou Rufus, le fils, incarne le chanteur du Cocoanut Grove version années vingt. Loudon, le père, celui des années trente et bien évidemment Martha celle des années quarante. Curieux personnage que ce Loudon, il se montre attachant. Il décrit son approche de la musique du cabaret et nous livre au passage quelques anecdotes du tournage, sympathique. The Aviator Soundrack spot : Simple pub pour la bande originale du film. Et pour clore cette montagne de suppléments, l’incontournable galerie de photos du tournage du film regroupé sous l’intitulé Still Gallery tout simplement. ----------------------------------------------------------- THE AVIATOR reçu pas moins de onze nominations aux Oscars© ; cinq statuettes remportées dont une pour Cate Blanchett. Le film est une réussite totale. Scorsese nous offre un grand divertissement ou tout le monde pourra y trouver un intérêt : du grand spectacle pour les nostalgiques du cinéma Hollywoodien de la grande époque ; un personnage fascinant et mystérieux jusque dans la mort ; des acteurs magnifiques, DiCaprio convainquant dans un rôle mature ; une réalisation au millimètre de la part de Scorsese. Même si le film est bourré d’anachronismes et ne couvre que la partie la plus fastueuse du personnage, il aura au moins le mérite, pendant deux heures quarante cinq, de ressusciter un des grands mythes américains. Un film à voir absolument. Studio éditeur : Warner Date de sortie : 24 mai 2005 Film : 5/5 Image : 5/5 Son VO : 4,5/5 Son VF : 4/5 Bonus : 5/5 Yann Algoët yann@dvdquebec.com Mercredi 6 Juillet 2005
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