UnePorte.Net

Le cinéma à la maison et la musique où vous voulez !

Vendredi 3 Septembre 2010
20:44

SPIDERMAN (Deluxe Edition), le coffret DVD zone 1

Si les super-héros Marvel étaient bien loin d'avoir la cote –que ce soit à la télévision ou au cinéma- dans les années 70/80 (hormis l'Incroyable Hulk avec le mémorable Lou Férigno, ainsi qu'une atroce série télé consacrée à notre araignée new-yorkaise), ils sont plus que jamais à la mode depuis la fin des années 90 et le début des années 2000. Après avoir fait la joie des fans de comics sous les plumes inspirées de Steve Dikto puis de John Romita Sr., après avoir été pris en main puis abandonné par James Cameron qui préféra la plongée sous-marine à l'Empire State-Building, le projet d'un film consacré à SPIDERMAN tomba entre les mains d'un Sam Raimi qui n'en était pas à son coup d'essai en matière de super-héros torturé : avec ni plus ni moins que le fameux Darkman à son actif.



SPIDERMAN (Deluxe Edition), le coffret DVD zone 1
SPIDERMAN (Deluxe Edition), le coffret DVD zone 1
Étudiant new-yorkais timide éternellement amoureux de sa voisine aussi rouquine que paumée (Kirsten Dunst), Peter Parker (Tobey Maguire) est aussi le souffre-douleur préféré de ses camarades de classe. Orphelin élevé par son oncle Ben (Cliff Robertson) et sa tante May (Rosemary Harris), Peter tente tant bien que mal de finir une adolescence difficile et de se lancer dans la vie en se trouvant un job à temps partiel tout en poursuivant des études scientifiques plutôt poussées. C’est au cours de la visite d’un laboratoire concentrant ses recherches sur des araignées génétiquement améliorées, que Peter voit sa vie basculer : victime de la morsure d’une arachnide ayant décidé de jouer les filles de l’air, Parker se découvre de nouveaux pouvoirs… force et agilité accrues, réflexes hors du commun, sixième sens l’avertissant d’un danger immédiat, capacité de grimper partout et de tisser une toile pour s’y balancer. Très vite, Peter est confronté à l’immense responsabilité que lui confèrent ses toutes nouvelles facultés, et ce, d’autant plus qu’un fou furieux répondant au nom de Green Goblin (Willem Dafoe) prend un malin plaisir à semer la terreur en ville…

SPIDERMAN n’était pas le héros le plus facile à adapter. Et même si l’Araignée avait déjà eu droit à bon nombre de dessin-animés ainsi qu’à deux séries télévisées (dont une japonaise !), les fans désespéraient de voir Spidey se balancer de façon réaliste et crédible d’un immeuble à l’autre sur un écran de cinéma. James Cameron ayant porté le projet à bout de bras pendant assez longtemps avant de jeter l’éponge, c’est à Sam Raimi que revint l’énorme responsabilité de ne pas décevoir les nombreux admirateurs de l’Araignée. Un pari somme toute réussi malgré quelques petites faiblesses hélas typiques de ce genre d’exercice.

Le scénario de David Koepp (Jurassic Park, The Lost World, Mission Impossible) est certes efficace dans le genre, il accumule aussi la plupart des clichés des films de super-héros. Avec l’inévitable passage (souvent interminable) sur les origines du héros en question… un épisode que Tim Burton avait volontairement passé sous silence lorsqu’il tourna son Batman en 1989. Burton avait alors usé de nombreux scénaristes avant de tomber sur Sam Hamm qui fut le seul à ne pas lui pondre une énième resucée du Superman de Richard Donner à la sauce chauve-souris. Rien de tout cela pour Koepp et Raimi qui, au contraire, décident de mettre l’emphase sur la transformation de Peter Parker en Spiderman. Une idée qui peut sentir le déjà-vu à des kilomètres… mais là où le film de super-héros lambda consacre seulement 30 à 40 minutes de pellicule à expliquer de façon académique (voire soporifique pour Daredevil) comment un homme ordinaire devient extraordinaire, Koepp et Raimi y consacrent la totalité du film. Un pari quelque peu risqué, mais qui fonctionne admirablement bien à l’écran. Dans le but d’alléger un script concentrant des milliers de planches de BD en un peu plus de deux heures, quelques libertés sont prises avec l’histoire : exit donc la fameuse Gwen Stacy (alias le premier grand amour de Peter Parker) qui hélas connut une fin prématurée. Exit aussi le système perfectionné inventé par Parker destiné à créer ses fameuses toiles qui font désormais partie intégrante de ses pouvoirs.

Si Kirsten Dunst s’en tire relativement bien dans le rôle de la fille paumée adulée du héros, Tobey Maguire campe un Peter Parker tout simplement parfait. Difficile d’imaginer quelqu’un d’autre dans le rôle de cet étudiant luttant contre vents et marées pour un semblant de vie normale, tout en jouant les redresseurs de torts la nuit venue. Et ce n’est pas sa doublure en images de synthèse un peu trop « voyante pour être honnête» qui nous dira le contraire. Que dire de Willem Dafoe cabotinant à souhait dans le rôle du Green Goblin ? Alors que les super-vilains version Joel Schumacher se contentent de hurler à qui mieux mieux en gesticulant dans tous les sens, Willem Dafoe n’en fait jamais trop et nous livre une performance délicieusement schizophrénique… le tout mis-en-scène par un Sam Raimi très inspiré et soucieux de ne pas nous livrer de plans à la Evil Dead / Quick and the Dead / Darkman… un réalisateur qui a mûri depuis A Simple Plan, ce dont nous ne le remercierons jamais assez.

SPIDERMAN nous est présenté dans son format original respecté de 1.85:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9). Une édition en tout point semblable à la précédente, ce dont personne ne se plaindra tant ce pressage était excellent : la colorimétrie y accentuant le côté comic-book du film, et les effets visuels parfois grossiers sur un écran de cinéma s’intégrant mieux à l’image une fois réduits à la dimension d’un écran de télévision. Quelques macroblocs viennent hélas de temps à autre se rappeler à notre bon souvenir, mais aucun défaut majeur susceptible de réellement nous gâcher le plaisir. Les dégradés sont lisses et maîtrisés et la profondeur des noirs est abyssale.

Sony met tout le monde d’accord avec deux pistes Dolby Digital 5.1 destinées aussi bien aux amateurs de versions originales que de doublages en français (ici produit au Québec). Des pistes qui, à l’instar de tout blockbuster qui se respecte, se déploient généreusement en terme de spatialité dans le but de nous procurer une immersion totale… avec un canal .1 (LFE) largement mis à contribution. Les dialogues réussissent l’exploit d’être toujours parfaitement clairs et intelligibles au milieu de ce déluge d’effets sonores. Un bémol toutefois pour la piste québécoise tant la qualité du doublage est franchement discutable : artistiquement parlant dans la mesure où les voix sont plutôt mal choisies (hormis Guy Nadon qui s’en tire très bien dans le rôle du Gobelin Vert) et laissent un goût amer de mauvais film d’ados mettant Lindsay Lohan en vedette. Un ratage non seulement artistique mais technique qui nous ramène de nombreuses années en arrière. Sony ayant eu l’excellente idée d’inclure la possibilité de visionner le film avec des sous-titres français ou espagnols, il est tout à fait possible et recommandé de déguster SPIDERMAN en version originale, même si la langue de Shakespeare n’est pas votre tasse de thé.

Le premier disque contient son lot de suppléments intéressants : à commencer par deux commentaires audio. Le premier mettant en vedette Sam Raimi et Kirsten Dunst, le second laissant la parole au célèbre John Dykstra (Star Wars Episode IV) ainsi qu’à son équipe de techniciens d’effets spéciaux. Si Sam Raimi s’en sort relativement bien, on émettra quelques réserves au sujet des propos peu pertinents de Miss Dunst. En revanche, John Dykstra et son équipe constituent une véritable mine d’or d’informations dans leur domaine technique visuellement très « spécial ».

À ces deux pistes de commentaires vient se greffer un commentaire textuel intitulé Weaving the Web, affichant de nombreuses informations contextuelles à l’écran sous forme de bulles. Enfin, en activant l’option Spider Sense, une icône en forme de masque de SPIDERMAN permet d’accéder en cours de lecture à 6 documentaires différents consacrés à la production du film.

Une portion Campagne Marketing comprenant spots TV (à l’exception du fameux teaser mettant les Twin Towers du World Trade Center en vedette), bandes-annonces et vidéo-clips viennent compléter un premier disque déjà bien rempli… de quoi largement s’amuser avant de passer à la suite !

Le second disque exclusivement consacré aux suppléments est séparé en deux parties distinctes : Spider’s Web étant consacré au comic book, tandis que Goblin’s Lair nous promet moult détails sur la genèse du film. Attardons-nous donc sur l’Antre du Gobelin et expédions l’aussi inévitable qu’inutile pseudo making-of chargé à 100% d’auto-satisfaction… oui vous avez deviné : il s’agit bien de l’atroce featurette HBO… qui a hélas trouvé son clone en se dupliquant à la sauce E! Entertainment. Le contenu purement promotionnel ne s’arrête hélas pas là : avec un documentaire tourné à la gloire de Sam Raimi, dont le signe particulier est de toujours tourner en costard cravate. Le documentaire consacré à Danny Elfman vient heureusement relever le niveau : on peut y voir le compositeur à l’œuvre, et commentant sa musique lors de son enregistrement en studio. Des Screen-tests de Tobey Maguire, JK Simmons, du Spiderman en images de synthèse et des costumes du films sont aussi disponibles. La cerise sur le gâteau (à défaut du sundae) étant un bêtisier très drôle nous révélant un Willem Dafoe totalement déjanté s’étant visiblement énormément amusé pendant le tournage.

La Toile de l’Araignée nous plonge dans les méandres de la bande-dessinée. Avec tout d’abord un long documentaire assez intéressant consacré à la mythologie de notre héros. Comic Book Archives réussit l’exploit de condenser une quantité non négligeable de couvertures de BD de Spidey, des années 60 à nos jours avec moult détails sur les différents artistes ayant succédé leurs plumes sur l’Araignée. Artist’s Gallery comme son nom l’indique s’avère être une galerie d’images consacrées à vous savez qui… Rogues Gallery s’attarde sur la multitude de vilains peuplant cet univers cartoonesque. Enfin, The Loves of Peter Parker revient sur les amours de notre héros : à commencer par Betty Brandt, la fameuse Gwen Stacy (à laquelle la scène du téléphérique rend hommage), The Black Cat et enfin Mary-Jane Watson.

Avec l’insertion du troisième disque de suppléments commence cette fameuse édition Deluxe. Une édition que nous devons à ces messieurs du Marketing bien décidés à faire payer les fans deux fois pour un film qu’ils possèdent déjà. Commercialisée en l’honneur de la sortie en salles de Spiderman 2, l’édition Deluxe propose donc un disque supplémentaire de bonus contenant outre de nouveaux documentaires consacrés à Spiderman 1, un premier aperçu du second opus. Autant le dire tout de suite : si le contenu réservé à Spiderman 2 est loin de tenir toutes ses promesses, les suppléments consacrés au premier film sont loin d’être inintéressants : avec pas moins de 7 nouveaux documentaires faisant fi de toute langue de bois, et au contenu tellement riche qu’on se demanderait presque pour quelles obscures raisons ils ne figuraient pas sur la précédente édition…

Ainsi, Costume Design (d’une durée de 8 minutes) vous permettra d’entrer dans les détails de la genèse des costumes de Spidey et du Bouffon Vert, Designing The World of Spiderman vous entraînera à travers un New-York totalement revisité (6 minutes), The Spider Wrangler (1 minute seulement) est consacré au consultant en arachnides de toutes sortes embauché pour les besoins du tournage, tandis que The Goblin’s Arsenal vous fera découvrir toute la panoplie d’armes diaboliques du Bouffon Vert. Trois scènes du film sont ensuite disséquées dans leurs moindres détails : avec Wrestling Match, World Unity Festival, et OsCorp Lab Scene.

Les 7 documentaires une fois réunis, on réussit à atteindre environ 30 minutes de visionnement… il faut donc se tourner vers l’inutile publicité consacrée au jeu préparé par Activision pour avoir quelque chose de plus à se mettre sous la dent. À noter qu’une démo est aussi proposée aux possesseurs de PC sur la partie DVD-Rom de ce disque… et que ce troisième DVD est intégralement sous-titré en… japonais, espagnol et portugais (pas d’arabe ni de coréen ? Diantre !)

SPIDERMAN Deluxe Edition, hormis son contenu souvent trop promotionnel, s’avère un pressage plus que satisfaisant des aventures du cultissime homme araignée en collants rouges et bleus. A posséder pour tous ceux qui ne se sont pas jetés sur l’édition précédente. Ceux qui se fichent éperdument des suppléments peuvent -quant à eux- sans problème passer leur chemin.

Studio éditeur : Sony Pictures
Date de sortie : 1 juin 2004

Film : 4/5
Image : 4/5
Son VO : 4/5
Son VF : 3/5
Bonus : 3,5/5



Alexandre Doukakis
alexandre@dvdquebec.com

Jeudi 16 Décembre 2004


HD DVD Critiques | Blu-ray Critiques | DVD Critiques | Informations | Tirages | | DVD 2003-2006 (Coups de coeur) |



Inscrivez-vous au forum UnePorte.Net et discutons cinéma et musique !



Recherche d'articles ou de critiques sur UnePorte.Net