OPERATION CROSSBOW (1965), le DVD zone 1Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, le commandement britannique apprend que les Nazis seraient en train de développer une technologie de missiles pouvant semer la mort à Londres, puis à New York. L’Angleterre entreprend immédiatement d’envoyer des saboteurs sur les sites où sont fabriqués les missiles. John Curtis (George Peppard) et Robert Henshaw (Tom Courtenay) s’embarquent dans une mission risquant d’être compromise dès le départ.
OPERATION CROSSBOW (1965), le DVD zone 1
Tourné par l’Anglais Michael Anderson, un an avant qu’il ne mette en scène THE QUILLER MEMORANDUM (1966), OPERATION CROSSBOW partage des points communs avec celui-là : une distribution prestigieuse, une intrigue a priori alléchante, ainsi qu’une réalisation plutôt paresseuse… Inspiré en partie de faits réels, le film d’Anderson laisse présager son lot de péripéties, sans tout à fait respecter ses promesses. La première demi-heure fait alterner les essais aériens des Allemands avec les réunions de l’état major britannique projetant de bombarder le lieu d’envoi des missiles ennemis. Cette partie du récit nous montre notamment en action Hannah Reitsch (Barbara Rütting), célèbre pilote d’essai à la solde des Nazis cherchant à mettre au point un avion-fusée.
Ensuite, vient le recrutement par le gouvernement anglais des hommes partant pour une mission suicide d’infiltration de la base ennemie. Les militaires incarnés par George Peppard et Tom Courtenay prennent l’identité de deux ingénieurs hollandais décédés. Seulement voilà, arrivés en Allemagne, ils se rendent compte que les défunts dont ils empruntent l’existence leur ont laissé leurs difficultés ! L’un, marié, est recherché par sa femme, tandis que l’autre, un assassin, est traqué par la police allemande ! Ce ressort du scénario permet au producteur du film Carlo Ponti de « caser » son épouse Sophia Loren, dans le rôle de l’Italienne se retrouvant prisonnière, lorsqu’elle prend conscience qu’à la place de son mari hollandais se trouve un imposteur anglais. Une courte présence à l’écran, néanmoins marquante. Enfin, les quarante dernières minutes se déroulent principalement dans la base allemande de Peenemünde sur la côte de la Baltique. Un endroit secret dans lequel George Peppard a réussi à s’infiltrer pour renseigner les Anglais sur l’armement aérien des Nazis. Un bon point en faveur de la crédibilité d’OPERATION CROSSBOW : les acteurs s’expriment en allemand lors des scènes situées en Allemagne. En revanche, il est assez curieux de remarquer une ellipse laissant à penser qu’il existe peut-être des séquences coupées du montage définitif. Ainsi, George Peppard se retrouve tout d’un coup avec un pansement sur la tête, sans que l’on sache pourquoi. Il est possible qu’une scène ait été tournée, montrant Peppard se faisant tabasser par les autres ingénieurs de la base secrète allemande, mais rien n’est certain. Ce qui distingue OPERATION CROSBOW des films de guerre romançant l’histoire, qui faisaient florès dans les années 50-60, c’est sa dynamique étrangement destructrice. En effet, le scénario n’hésite pas à éliminer régulièrement des protagonistes de façon très inattendue. Comme bien souvent, les dirigeants à la tête des opérations d’espionnage (ici représentés par Richard Johnson et John Mills), demeurent bien en sécurité dans leurs bureaux, tout en semblant ne guère se soucier des vies qu’ils envoient se sacrifier. La fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? OPERATION CROSSBOW est présenté en format panoramique 2.35:1, d’après un transfert anamorphosé (16:9) respectant son format original de présentation. L’image est globalement correcte, bien qu’elle soit régulièrement constellée de points blancs (chapitres 5, 8, 11, 13). On remarque aussi parfois des changements de couleurs (chapitres 11 et 19). Deux pistes sonores sont proposées : la version originale anglaise en Dolby Digital 5.1 et la version française (produite en France) en Dolby Digital 2.0 Stereo. le remixage 5.1 est puissant mais il est fort dommage de ne pas proposer en plus le son d’origine, non trafiqué. La version française a tendance à mettre en retrait les bruits d’ambiance, à cause du mixage différent de la version originale. Du point de vue de la qualité, le doublage est très bon. George Peppard est doublé par Jean-Claude Michel, tandis que Richard Johnson l’est par Bernard Noël, un excellent comédien que l’on pouvait voir dans la série GASPARD DES MONTAGNES (Jean-Pierre Decourt, 1965). Trevor Howard a la voix d’André Valmy. Anthony Quayle est doublé par William Sabatier qui, lui aussi, a été entendu sur Trevor Howard, en particulier dans MUTINY ON THE BOUNTY (Lewis Milestone, 1962) et THE LONG DUEL (Ken Annakin, 1967). Des sous-titres en anglais sont disponibles uniquement pour le film. Suppléments : Vintage Featurette: A Look Back at Crossbow (durée : 9’49’’) Un supplément intelligent, quoique bien court. Il s’agit d’un documentaire de 1965, agrémenté de nombreuses images d’archives, retraçant l’histoire des tests pratiqués par l’Allemagne nazie en matière de roquettes. On apprend notamment que les Allemands se sont inspirés des travaux du professeur américain Robert Goddard, qui en 1930, consacrait son temps au lancement expérimental de roquettes dans le désert du Nouveau Mexique. Les travaux de Goddard, rejetés par le gouvernement américain, firent l’affaire de l’Allemagne, achetant pour pas cher des copies des plans dessinés par le professeur ! Puis le documentaire fait la promotion du film de Michael Anderson, en montrant des extraits d’OPERATION CROSSBOW illustrant ce qui s’est passé pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Theatrical Trailer (durée : 2’39’’) --------------------------------------- Moins trépidant que WHERE EAGLES DARE (Brian G. Hutton, 1968) qui lui aussi décrit une mission périlleuse en temps de guerre, OPERATION CROSSBOW (durée : 116’13’’) a cependant le mérite d’éviter les concessions. Le sujet du film se prêtait à un commentaire audio donnant des détails sur le contexte historique. Il faut se contenter sur le DVD d’un court documentaire d’époque, ce qui n’est pas si mal. Studio éditeur : Warner Date de sortie : 19 décembre 2006 Film : 3,5/5 Image : 3,5/5 Son VO : 4/5 Son VF : 3,5/5 Bonus : 2/5 Pascal Laffitte pascal@uneporte.com Mercredi 21 Mars 2007
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