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Vendredi 3 Septembre 2010
19:31

ONG-BAK, l’édition DVD zone 1 de Christal Films

Amateurs d’art martiaux et de scénarios filiformes, ce film est pour vous. Ici pas besoin de se creuser la tête à chercher le but du film, il est clairement annoncé dès le départ et n’en bouge pas. Ultra simpliste, tout tient en deux lignes, le reste est une affaire de mise en scène et de combats et, de ce point de vue, il n’y a presque rien à regretter.



ONG-BAK, l’édition DVD zone 1 de Christal Films
ONG-BAK, l’édition DVD zone 1 de Christal Films
L’histoire : Nong Pradu, un petit village de Thaïlande, vie paisiblement loin de la cohue frénétique de la capital voisine : Bangkok. C’est la saison des festivités et l’heure est proche d’honorer la statue bouddha Ong-Bak, le bienfaiteur du village. Mais quelques jours avant le rituel, la tête du bouddha est volée. La population extrêmement croyante est au bord du désespoir, persuadée de la perte imminente du village. Pour récupérer la tête de la statue, le jeune Ting (Tony Jaa), élevé dans la tradition et l’apprentissage de l’art martial (le Muay Thaï) par un moine bouddhiste, décide de partir pour la capitale, sur les recommandations de son maître qui lui adjure de n’utiliser en aucun cas son art du combat. Ting pense pouvoir compter sur l’aide de Humlae alias George (Petchtai Wongkamlao), mais celui-ci n’a que faire des problèmes de son village natale, seul le jeu l’intéresse. Malgré tout, le hasard va le pousser à aider Ting. Malheureusement Ting va très vite se heurter à la pègre et ne devra son salut et la réussite de sa mission que grâce à la virtuosité et la maîtrise de son art martial dans un Bangkok ultra violent.

Bien qu'ayant fait l'objet d'une longue préparation avant le tournage (cinq ans), ONG-BAK ne brille pas par l'originalité ou la force de son scénario. Inutile de chercher, on ne fait pas plus simple. Il n'est le prétexte qu'à l'enchaînement d'une multitude de cascades en tous genres et de combats tous plus violents les uns que les autres. L'ensemble est dédié en fait à une seule personne : l'acteur principale Tony Jaa. Il faut bien avouer que le virevoltant acteur ne se ménage pas pendant l'heure et demi que dure ce long métrage. Le jeune comédien, dont c’était le premier film, accomplit des prouesses défiant parfois les lois de la gravité.

S’il y a bien un point sur lequel le film ne lésine pas, ce sont bien les démonstrations de boxe Thaï et cela est fort impressionnant. Il y a bien longtemps que l’on n’avait pas vu un film aux combats aussi percutants et démonstratifs ; sur ce point on peut tout de même reprocher au réalisateur Prachya Pinkaew d’en faire trop. En effet, filmer la même scène sous plusieurs angles est une bonne chose mais une utilisation plus parcimonieuse de ces « multi » diffusions aurait peut être été une bonne chose tant on finit par s’y attendre. Cela devient franchement très lourd et à la limite ennuyeux. Ce qui aurait pu être un point fort dans le montage du film laisse trahir en fait un manque certain d’imagination pour la mise en avant des scènes de combats. Malgré cela, le film remplit fort bien son contrat et se montre très divertissant… pour ceux et celles qui aiment ce genre de film bien évidemment.

Afin de donner un peu de crédit aux scènes de combats, on retrouve le champion du monde de boxe Thaï ainsi que le champion de boxe japonais, une belle affiche qui ne sera pas sans rappeler un certain Bruce Lee qui avait également la très bonne idée d’avoir des « guest » de marque dans ses films. Mais la comparaison avec Bruce Lee s’arrête là. En effet, si Tony Jaa nous montre dans ce film un réel potentiel et, pourquoi pas, un possible successeur au grand Bruce, il lui faudra encore pas mal de films du même acabit et développer un charisme qu’il ne transpire pas actuellement à l’écran, afin de prétendre réellement devenir une icône des films d’arts martiaux. Pour la petite histoire comme pour la grande (ce qui lui permettra certainement d’obtenir la notoriété) c’est que dans le film il n’y a aucun trucage. Ici, pas de retouche à la palette graphique pour effacer çà et là les fils disgracieux qui trahiraient le trucage ; tout est réel jusqu’aux combats eux-mêmes où, notamment la dernière scène dans la grotte, les coups sont vraiment portés. Ajoutons à cela l’absence de doublures, il n’était pas rare que la journée se finisse par un aller simple à l’hôpital de Bangkok. Arriver à ce niveau, on peut tout de même se poser la question à savoir si cela était bien nécessaire ?

Passons maintenant aux choses qui dérangent : en effet le film ONG-BAK sur cette édition DVD (comme les autres en zone 1) est un remontage effectué par le producteur français Luc Besson… Je vois déjà les anti-Besson brandir les pancartes et crier aux scandales ! En effet, Luc Besson a remonté le film pour la France en supprimant quelques passages du film original mais surtout en rajoutant une musique un peu plus musclé sur les combats. Il rajoute aussi une nouvelle bande originale pseudo rap mi française mi anglaise du groupe français « Tragedy », pour le coup c’est une de tragédie !! Soyons honnête avec Besson, avec ONG-BAK, on le fait passer pour un charognard de films. En un sens c’est vrai mais j’aurai une position plus nuancée en disant tout simplement que Luc Besson a remanier le film, puis l’a injecter dans le circuit des salles obscures car, soyons franc, je ne suis pas certain, si la bonne fée Besson n’avait pas été chercher le film en Thaïlande, que celui-ci serait sorti des frontières de son pays. Ce qui me gène bien plus c’est que l’on offre pas la version originale intégrale du film en zone 1, histoire de se faire sa propre opinion. En effet, même sur la piste audio originale on a également droit à la nouvelle bande-son. Si la trame musicale seule peut passer, les paroles n’ont strictement aucun rapport avec le film, c’est du grand n’importe quoi !! Vous voici donc averti.

Notez ici qu’il existe 3 éditions DVD en zone 1 : une aux États-unis distribuée par 20th Century Fox, une autre au Canada produite par Alliance Atlantis et celle qui nous intéresse de Christal Films, la seule à offrir une piste en français, offerte seulement au Québec. Quelques petites variantes, notamment au niveau des suppléments, mais rien de bien démarquant.

Le film est au ratio 1.85:1 avec un transfert anamorphosé (16:9). La version livrée ici n’est pas de très bonne facture, la compression se montre souvent défaillante. Très souvent le fourmillement dans les arrière plans est très perceptible. Les scènes de nuit sont les plus défaillantes mais c’est assez inégal tout au long du film : certains plans sombres sont particulièrement mauvais et d’autres sont très corrects. Même remarque sur les scènes les plus lumineuses, les arrière plans sont le plus souvent pétris de fourmillement. Un rendu très inégal où les couleurs ne sont pas épargnées, un peu trop jaunâtres à mon goût et très chargées ; il faut tout de même indiquer que l’on retrouve souvent sur des films asiatiques un réétalonnage de la colorimétrie pas forcément dans le bon sens. Il est à noter que les autres éditions de la zone 1 (et celle en zone 2) du film sont loin d’êtres exempts de ces défauts.

Côtés son, on retrouve la version « originale » thaïlandaise en Dolby Digital 5.1, complètement revisitée. Le mixage de cette bande-son a été revu à la hausse, nettement meilleure que le DVD sorti en Thaïlande. Plus dynamique, elle offre une belle ouverture dans les canaux arrière et des effets qui n’arrêtent pas de se balader d’une enceinte à l’autre. Parfois quelques effets plus classiques se retrouvent au final dans le caisson central avant ( ?!), ce qui est bien dommage. La seconde piste est une version française (doublage produit en France) en Dolby Digital 5.1. En vérité, c’est la copie conforme en ambiophonie de la version originale. On notera juste un léger appui sur le caisson central avant pour les dialogues. Enfin une troisième piste est disponible, la version française en Dolby Digital 2.0 Surround. Beaucoup moins d’éclat dans ce cas-ci, bien entendu, mais excellent pour son format. Des sous titres français sont proposés également.

Les suppléments :

Making of (48’) :
Voici un « making-of » entièrement axé sur les scènes de combats qui nous entraîne derrière les scènes les plus spectaculaires. On retiendra surtout les deux scènes les plus éblouissantes : celle du marché et celle du temple. On découvre un énorme et éprouvant travail physique des acteurs, Tony Jaa en tête où il exécute lui-même les cascades, prend de vrais coups et en donne autant. Toutes les cascades ont donné lieu à de longues journées de répétions et de nombreuses prises afin que tout soit parfait. Comme entre la préparation du film et la réalisation ce sont écoulées cinq années, aussi a-t-on droit à un bon comparatif entre les nombreuses répétitions effectuées à l’époque dans des entrepôts désaffectés et le tournage, moitié en situation réelle et pour moitié en studio. Ce qui frappe (excusez du jeu de mot) dans ce documentaire c’est la violence extrême de ces scènes. En effet, au visionnement du film celles-ci paraissent certes impressionnantes mais la violence semble être « adoucie » par un montage très esthétique. Comme l’expliquera le réalisateur, le but était de montrer la beauté de la boxe Thaï indissociable de la culture du pays. Mais ici, à l’envers de décors, on prend conscience de toute la violence, la souffrance qu’ont engendrée ces scènes. Ce reportage, commenté par le réalisateur et le scénariste ainsi que par Tony Jaa, colle parfaitement à l’intérêt que vous porterez au film sinon vous pouvez vous en passer très clairement. Seuls des sous-titres français sont proposés (imposés).

Vidéoclip :
Vidéoclip du groupe de rap français Tragedy, avec la participation de Tony Jaa (rassurez vous il ne chante pas).

Leçon de Muay Thai :
Ultra court (et moi qui avait enfilé mon kimono) et très rapide, on nous fait ici la démonstration de plusieurs coups de cet art martial redoutable. Bon, certes je ne m’attendais pas à un court magistral de Muay Thai, malgré le titre trompeur… enfin les amateurs apprécieront…

Bande-annonce :
Bande-annonce cinéma du film.

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ONG-BAK se révèle être un bon divertissement. Ce n’est pas LE film toujours tant attendu par les fans d’art martiaux… mais bon c’est déjà un petit pas. Tony Jaa semble être très prometteur mais cela reste à confirmer. Le réalisateur Prachya Pinkaew n’étant ici qu à son deuxième film, on se montrera indulgent pour les pêchés de « jeunesse », en espérant qu’il nous présente un prochain film au scénario plus ambitieux. Quant à l’édition DVD, elle est très perfectible au niveau de l’image.

Studio éditeur : Christal Films
Date de sortie : 30 Août 2005

Film : 3,5/5
Image : 2,5/5
Son VO : 3,5/5
Son VF : 3,5/5
Bonus : 3,5/5



Yann Algoët
yann@dvdquebec.com

Vendredi 7 Octobre 2005


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