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Dimanche 5 Février 2012
11:42

MARY POPPINS (1964), l’édition DVD 40e Anniversaire en zone 1

Avant de venir jouer les troubles-fêtes au sein de la famille Von Trapp dans la Mélodie du Bonheur, Julie Andrews débarquait en plein cœur des studios Disney dans le but d’insuffler un peu (beaucoup ?) de son immense talent dans le personnage de MARY POPPINS. Un film qui la révéla au point de lui faire décrocher l’Oscar© de la meilleure actrice en 1964. À l’occasion du quarantième anniversaire de ce véritable classique, Disney nous propose une toute nouvelle édition de ce titre culte. Un seul mot me vient immédiatement à l’esprit : Supercalifragilistecexpialidocious !



MARY POPPINS (1964), l’édition DVD 40e Anniversaire en zone 1
MARY POPPINS (1964), l’édition DVD 40e Anniversaire en zone 1
La vie est décidément très mouvementée en 1910 à la résidence des Banks : Jane (Karen Dotrice) et Michael (Matthew Garber) n’en finissant plus de faire les 400 coups, leur nourrice décide de jeter l’éponge et de remettre sa démission, au grand désespoir de Monsieur et Madame Banks contraints de lui dégotter une remplaçante. Ne partageant pas le point de vue de leur père bien décidé à embaucher une gardienne s’y entendant dans l’art de la discipline, Jane et Michael rédigent leur propre annonce dans le but de se trouver une nourrice quelque peu plus conforme à leurs souhaits. Voyageant au gré des vents à l’aide de son fidèle parapluie, Mary Poppins (Julie Andrews) intercepte l’annonce des enfants et persuade Monsieur Banks de l’engager. Magicienne à ses heures et « parfaite à tous points de vue », Mary Poppins ne tarde pas à chambouler la vie réglée comme du papier à musique de la famille Banks…

Disons-le tout de go au risque de froisser les fans (et ils sont nombreux) des productions Disney, MARY POPPINS appartient à cet âge d’Or du studio qui aligna alors une quantité impressionnante de productions qui resteront à jamais dans les mémoires : 20 000 Lieux Sous les Mers, la version télévisée de Zorro, MARY POPPINS, de nombreux films mettant le fameux Dean Jones en vedette (Un Amour de Coccinelle, l’Espion aux Pattes de Velours, Quatre Bassets pour un Danois) mais aussi l’Apprentie Sorcière… la lente déchéance du studio débutant inexorablement en 1966, date du décès de Walt Disney, lequel n’étant hélas plus de ce monde pour éviter que de nombreuses productions de qualité parfois discutables finissent par se retrouver sur nos écrans : Condorman, Un Cosmonaute Chez le Roi Arthur, les lamentables suites des aventures de la Coccinelle, le Chat Qui Vient de l’Espace et dans une moindre mesure le kitschissime (mais cultissime) Trou Noir. Des films assez moyens faisant finalement figure de chefs-d’œuvre comparativement à tous ces produits de consommation courante ayant cette agaçante particularité de tous mettre Lindsay Lohan en vedette…

Aux antipodes des productions Disney actuelles conjuguant marketing et médiocrité pour autoproclamer le résultat de « Nouveau Classique », Walt produisait son cinéma avec un amour et un savoir-faire indiscutable, laissant le spectateur seul juge du résultat. MARY POPPINS en étant la plus parfaite illustration : ne serait-ce le fait que Walt Disney eut toutes les peines du monde à convaincre l’auteure de lui céder les droits cinématographiques de son œuvre… allant jusqu’à la « harceler » jusqu’à Londres dans le seul et unique but de la convaincre qu’il était l’homme de la situation et qu’il ne trahirait en rien cet univers dont il était tombé éperdument amoureux.

MARY POPPINS synthétise toutes les valeurs représentant la marque de fabrique du studio. Plus qu’une marque de fabrique, un véritable cheval de bataille : la famille. Un thème réactualisé il y a peu de temps par LA plus recommandable production animée Disney depuis plus d’une décennie : Lilo et Stitch. La problématique de MARY POPPINS est effroyablement simple et tient en une ligne de dialogue énoncée par les enfants lorsque le spectateur les rencontre pour la première fois : leurs parents préférant déléguer leur éducation à une nourrice plutôt que de prendre les choses en main eux-mêmes. Une problématique datant soi-disant de 1910 mais plus que jamais d’actualité dans notre société où tout bouge à une vitesse hallucinante, et où les enfants ont tendance à être de plus en plus livrés à eux-mêmes. Les enfants Banks, soi-disant effroyablement dissipés, sont en réalité des enfants comme les autres, ne faisant des bêtises que pour attirer l’attention des parents, lesquels ayant une fâcheuse tendance à oublier qu’ils ont eux aussi été des enfants il y a de cela bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine...

Un budget plus que confortable, des décors de grande qualité et des effets spéciaux remarquables pour l’époque, ajoutons de nombreux numéros musicaux aussi enchanteurs que mémorables même pour le grand allergique aux comédies musicales que je suis, le tout sublimé par l’interprétation inoubliable de Julie Andrews dans le rôle titre… nous obtenons 2h20 de pur bonheur, plus qu’un classique : un concentré de magie à voir et à revoir absolument.

MARY POPPINS nous est présenté dans son format original respecté de 1.66:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9). Label THX oblige, ce transfert, offrant pour la première fois un ratio de 1.66:1, affiche une colorimétrie « parfaite en tous points » conjuguée à un niveau de détails hallucinant pour un film de cet âge. Même certains effets spéciaux faisant notamment appel à la technique de l’incrustation s’en tirent désormais infiniment mieux qu’avant. Seule ombre tableau : quelques petits défauts de compression se rappellent parfois à notre bon souvenir…

Le « Disney Enhanced Home Theater Mix » fait encore parler de lui et offre la piste originale anglaise en format Dolby Digital 5.1. Il ne faut surtout pas, malgré ce procédé, vous attendre à un résultat semblable à ceux des récentes éditions DVD d’Aladdin ou encore du Roi Lion. Mais pour un film de 1964, ce mixage fait tout de même des miracles tant il se déploie généreusement sur toutes les enceintes, procurant un confort d’écoute tout bonnement incroyable. Les différents numéros musicaux étant par définition tout particulièrement mis en valeur par cette ambiance sonore tout ce qu’il y a de plus enveloppante. Le procédé « Enhanced Home Theater Mix » fut également exploité pour un remixage de la version originale en Dolby Digital 2.0 Surround. Cette dernière piste peut être un compromis pour les puristes entre la version anglaise DD 5.1 et la piste originale Dolby Digital 2.0 « Theatrical "Stereo" Mix » qui, elle, semble plus fidèle à la reproduction de l’époque. La piste française Dolby Digital 5.1 (fabuleux doublage d’époque produit en France) s’avère hélas moins convaincante : n’ayant pas bénéficié d’une quelconque remastérisation, elle procurera autant de sensations qu’une antique piste stéréo manquant quelque peu de relief malgré une légère excitation des enceintes arrière lors des passages musicaux. Mentionnons la présence d’une piste espagnole également encodée Dolby Digital 5.1 ainsi que des sous-titres anglais et espagnols.

Les amateurs de suppléments seront tout simplement aux anges, Disney ayant décidé de mettre les petits plats dans les grands en nous concoctant une édition du collectionneur digne de ce nom : commençons donc les réjouissances avec le premier disque contenant un commentaire audio mettant en vedette Julie Andrews, Dick Van Dyke, Karen Dotrice ainsi que les compositeurs Richard et Robert Sherman. Ajoutons-y un commentaire textuel composé d’anecdotes venant s’afficher sur l’écran au cours de la projection du film. Une excellente mise-en-bouche avant de s’attaque au plat de résistance avec...

... le second disque contenant son lot de suppléments inédits réalisés spécialement pour cette édition. Histoire de ne pas faire les choses à moitié, ce quarantième anniversaire du film est l’occasion de réunir les membres du casting encore en vie : à savoir tous ceux ayant participé au commentaire audio du premier disque. Au programme :

Possédant une bonne humeur très communicative et se révélant une mine d’or d’informations sur la production du film, le compositeur Richard Sherman nous convie à un très divertissant Voyage Musical dans l’univers de Mary Poppins. Un voyage très agréablement complété par la chanson inédite Chimpanzoo.

Tous les secrets de tournage vous seront révélés dans un très instructif Making-Of, et si vous vous demandez encore comment font Julie Andrews et Dick Van Dyke pour interagir parfaitement avec un univers de dessin-animé, l’intégralité de cette séquence cultissime se trouve disséquée dans ses moindres détails dans le documentaire Scene Deconstruction.

Les tests de maquillage de Dick Van Dyke sont aussi disponibles, de même qu’un documentaire retraçant la Première du film au fameux Chinese Theater d’Hollywood : une bonne occasion de revoir toute l’équipe du film y compris le grand Walt Disney visiblement très fier (et à raison) du travail accompli.

Les plus jeunes ne sont pas oubliés, avec un tout nouveau court-métrage mettant en vedette Julie Andrews dans un toute nouvelle séquence intégrant des personnages animés : The Cat That Looked At A King d’après Pamela L. Travers, l’auteure de Mary Poppins. Il est d’ailleurs fort dommage qu’à l’instar des autres suppléments, ce court métrage ne soit pas sous-titré en français.

Des publicités d’époque ainsi qu’une galerie d’images apportent la touche finale à un disque somme toute bien rempli.

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Pour cette troisième édition DVD de Mary Poppins, Disney nous propose un pressage pratiquement exempt de tout reproche alliant une excellence technique à des suppléments des plus intéressants à découvrir. Saluons le compositeur Richard Sherman non seulement pour le travail fantastique effectué sur la partition du film, mais aussi pour son excellente prestation et sa bonne humeur sur la plupart des documentaires proposés. Un quarantième anniversaire célébré en grande pompe, et surtout une fête à ne pas manquer !

Studio éditeur : Buena Vista
Date de sortie : 14 décembre 2004

Film : 5/5
Image : 4/5
Son VO : 4/5
Son VF : 3/5
Bonus : 5/5



Alexandre Doukakis
alexandre@dvdquebec.com

Lundi 7 Février 2005

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