LÉON THE PROFESSIONAL, édition DVD Superbit Deluxe zone 1En 1994, Luc Besson créa la surprise avec un film que personne n’attendait : écrit en 11 jours et tourné en un temps record à New York, Léon fut un succès assez conséquent en France, et s’offrit le luxe de récolter une dizaine de millions de dollars au box-office US malgré une distribution assez restreinte et une tête d’affiche encore inconnue chez nos voisins du sud. Mais LÉON THE PROFESSIONAL est beaucoup plus qu’un succès surprise : c’est un film émouvant, tendancieux, peuplé de personnages aussi atypiques qu’attachants… probablement la meilleure réalisation d’un cinéaste depuis recyclé en vendeur de soupe.
LÉON THE PROFESSIONAL, l’édition DVD 2 disques (Superbit Deluxe Edition) zone 1
Grand amateur de produits laitiers et de plantes vertes en pots, Léon (Jean Réno) est un peu misanthrope sur les bords. Ca tombe bien, c’est aussi un tueur à gages redoutablement efficace : rompu à toutes les techniques d’infiltration et d’assassinat, il exécute contrat sur contrat avec toute la rigueur d’un vrai professionnel. Sa vie bascule le jour où il fait la connaissance de la jeune Mathilda (Natalie Portman) : une gamine de 11 ans dont la famille logeant dans l’appartement voisin a été massacrée par une bande flics pourris menés par le dangereux Stansfield (Gary Oldman). Faisant désormais équipe avec Léon dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse, Mathilda va peu à peu retrouver la trace du meurtrier de ses parents et orchestrer sa vengeance…
Tout auréolé du succès du Grand Bleu, Luc Besson se lance dans l’aventure d’Atlantis : une sorte d’aquarium géant peuplé de poissons filmés à grand frais un peu partout sur la planète. Pas d’histoire ni de personnages… juste la Grande Bleue et tous ses trésors. Tenant plus du documentaire que du film, Atlantis ne bénéficia pas des mêmes faveurs que le célèbre Monde du Silence (primé au Festival de Cannes) de feu Jacques Yves Cousteau. Qu’à cela ne tienne, Besson se remet en selle avec Nikita dont le succès est tel qu’il donnera naissance à un atroce remake américain mettant Bridget Fonda en vedette, ainsi qu’une série télé ayant eue ses amateurs. Excellent film aux dialogues atrocement simplistes, Nikita permet surtout d’introduire LE personnage qui devint instantanément cultissime : le fameux, le savoureux, l’atrocement glauque Nettoyeur interprété par… Jean Reno. En 1994, Luc Besson s’attaque à son rêve d’enfant : les aventures de son héros Zaltman Blairos (qu’il finit par rebaptiser Korben Dallas) aux prises avec un Cinquième Élément. Bruce Willis fera partie de l’aventure. Ce film techniquement complexe, budgétisé à 100 millions de dollars (une somme encore considérable pour une production 100% française), nécessite 2 ans de pré-production. Deux ans avant de pouvoir de nouveau tourner… un délai jugé inacceptable par Besson qui décide de se consacrer à un autre projet en attendant que la pré-production du Cinquième Élément soit terminée. Le Nettoyeur ayant une cote d’amour considérable auprès du public, Luc Besson décide de créer une sorte de spin-off de Nikita en transposant l’action à New-York. Le scénario est écrit en un temps record… et le tournage peut enfin commencer. Comme souvent avec Besson, le scénario est franchement creux et les dialogues réduits à leur strict minimum. Qu’à cela ne tienne : il n’a pas son pareil pour mettre en scène des personnages atypiques dans des situations qui ne le sont pas moins. Si cette histoire de tueur à gages se prenant d’affection pour une petite fille (pressée de grandir au point de réclamer son statut de femme à part entière) peut sembler rocambolesque et atrocement tendancieuse, elle fonctionne magnifiquement à l’écran portée par une réalisation très inspirée et une ambiance dont seul Luc Besson a le secret. Preuve que la recette ne fonctionne qu’avec lui : la plupart des scripts dont il délègue la réalisation à d’autres s’effondrent comme des châteaux de cartes sur l’autel de la médiocrité. Paradoxe : alors que par son talent de réalisateur (à défaut de celui de scénariste) Besson redonna ses lettres d’or à un cinéma français de divertissement qui avait disparu avec Louis de Funès, il en est devenu le fossoyeur en bombardant le paysage cinématographique français de productions calamiteuses à peine suffisantes pour distraire un troupeau de vaches lassées de regarder passer des trains. Mais ne boudons pas notre plaisir : LÉON THE PROFESSIONAL est probablement le meilleur film de Luc Besson et un bon film tout court. En espérant de tout cœur qu’il repassera bientôt derrière la caméra pour nous offrir un nouveau long-métrage digne de ce nom. Léon nous est présenté dans un formidable transfert Superbit au format respecté de 2.35:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9). Que dire de plus ? Le label Superbit ayant depuis longtemps fait ses preuves, nous ne sommes aucunement surpris de constater que celui-ci tient toutes ses promesses. Colorimétrie en tous points conforme à nos souvenirs et rendant justice à la magnifique photographie de Thierry Arbogast, aucun défaut de compression à l’horizon… seule ombre au tableau : l’interpositif utilisé affiche quelques petits parasites et autres poussières de temps en temps mais rien de véritablement dramatique. Label Superbit oblige, nous avons droit à la version originale anglaise grâce à une piste DTS 5.1 ainsi qu’à un mixage Dolby Digital 5.1 : proposant toutes deux une bonne spatialisation, elles ne devraient pas trop mettre à mal vos relations de bon voisinage dans la mesure où même les scènes de fusillades ne tiennent pas la dragée haute face à la plupart des productions récentes. Les dialogues restent parfaitement intelligibles en toutes circonstances, et la musique d’Eric Serra s’avère remarquablement bien mise en valeur par ces mixages multi-canaux qui sans être transcendants, livrent tout de même la marchandise. Pas la moindre piste française à l’horizon… reste la possibilité de pouvoir visionner le film avec des sous-titres français, anglais, espagnols et portugais. À l’exception d’une piste de commentaire textuel, tous les suppléments sont regroupés sur le second disque. Ce n’est donc pas pour cette fois que nous aurons droit à une intervention de Luc Besson sur l’un de ses films. Même chose pour les nouveaux documentaires tournés à l’occasion de cette édition DVD dont le réalisateur est totalement absent. Parlons-en de ces fameux documentaires, notamment cette fameuse rétrospective sur le tournage du film mettant en vedette non seulement la plupart des comédiens ayant participé au film, mais aussi de nombreux membres de l’équipe technique. Plusieurs choses énervantes : Léon est une production française tournée à New York avec des comédiens pour la plupart anglophones, mais avec des équipes techniques francophones. Imaginez devoir regarder un documentaire mettant tout ce petit monde en scène : les anglophones parlent anglais, les francophones parlent soit anglais avec un accent à couper au couteau, soit français avec une traduction anglaise simultanée, le tout avec la possibilité d’afficher des sous-titres espagnols et portugais… comment donc vous êtes un francophone en Amérique du Nord ? Vous n’êtes décidément pas dans le coup ! Bref même si le contenu s’avère relativement intéressant (quoique bourré d’auto-satisfaction), le spectateur francophone se sentira franchement lésé sur la forme et ne manquera pas de se poser des questions sur la santé mentale des faiseurs de DVD chez Sony. Même chose pour cette sympathique biographie de Jean Réno ainsi que sur ce reportage consacré aux débuts de Natalie Portman. Il est enfin fort dommage que les suppléments présents sur les éditions précédentes de ce film n’aient pas réussi à se frayer un passage jusqu’à celle-ci. On essaiera de se consoler (mouais) avec les habituelles bandes-annonces pour d’autres produits DVD sans aucun rapport (à l’exception du Cinquième Élément) avec ce qui nous intéresse ici. ----------------------------------------------------------------- Rejoignant le Grand Bleu et Nikita au rang des films cultes de Luc Besson, Léon nous arrive dans une toute nouvelle édition Deluxe livrant la marchandise en matière de son et d’image, mais s’avérant franchement limite en matière de suppléments. Gageons que Sony n’a pas encore dit son dernier mot et qu’une énième réédition (Collector cette fois ?) ne tardera pas à pointer le bout de son nez… un jour ou l’autre… Studio éditeur : Sony Pictures Date de sortie : 11 janvier 2005 Film : 4,5/5 Image : 4/5 Son VO : 3,5/5 Bonus : 3/5 Alexandre Doukakis alexandre@dvdquebec.com Mercredi 13 Avril 2005
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