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Mardi 13 Mai 2008
18:56
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KATE & ANNA MCGARRIGLE, l'album La Vache Qui Pleure

Le choc est le même qu'en 1980 (déjà!). Même impression de nouveauté, d'originalité, même poésie en apparence simple qui cache d'autres mots, d'autres idées que celles qu'on entend à première écoute.



KATE & ANNA MCGARRIGLE, l'album La Vache Qui Pleure
Et cette idée que les sœurs McGarrigle sont un genre musical en soi persiste, s'ancre. Pas étonnant tout d'abord avec un titre comme La vache qui pleure. C'est du folk song si on veut, mais, dès la première note, on reconnaît d'abord et avant tout KATE & ANNA MCGARRIGLE, point.

Des guitares, des violons, un accordéon, quelques effets électroniques, l'originalité n'est pas dans l'instrumentation, on parlerait plutôt de continuité dans l'œuvre des célèbres frangines. L'originalité se trouve cette fois dans les arrangements toujours un peu dérangés, comme si une ligne mélodique était faite pour être brisée, pour tenir l'auditeur en alerte, qu'il se dise : « mais qu'est-ce qu'elles vont encore inventer ? » Et pourtant que les mélodies sont belles ! La musique de Ce matin est à pleurer (le texte aussi d'ailleurs), tout comme celle de C'est le silence.

Les textes de l'énigmatique Philippe Tartacheff, le même parolier que pour l'inoubliable French record, sont toujours aussi déroutants, oniriques en même temps que réalistes, voir hyper réalistes. Il reste que la poésie de La vache qui pleure est cependant beaucoup plus près des valeurs d'un certain folklore traditionnel (Ah tournesol, Le bambocheur, Hurle le vent), de la nature et de l'espace (Dans le silence, Tant le monde) que l'album de 1980, plus urbain. Même une chanson comme Rose blanche, qui se vit au cœur de la rue Saint-Laurent, est imbibée de la nature. Quelques chansons, sous un couvert d'innocence, sont de féroces critiques. Critique et dérision de l'uniformité sociale dans Petites boîtes, douleur de la séparation et de la mort dans La vache qui pleure.

Cet album ajoute une autre pierre à l'édifice de notre patrimoine culturel, une véritable clé de voûte cette fois. Pas étonnant que la maison de production, Les disques de La Tribu, ait choisit de lancer le nouvel opus une semaine après la réédition si attendue du French Record de 1980.



Collaboration spéciale de Sillons le disquaire pour cet article.

Vendredi 28 Novembre 2003
Gilles Chaumel

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