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KANSAS CITY CONFIDENTIAL (1952), le DVD zone 1Après THE WOMAN IN THE WINDOW (Fritz Lang, 1944) et THE STRANGER (Orson Welles, 1946), MGM continue sur sa lancée avec un autre titre de sa collection dédiée au Film Noir, cette fois-ci avec un titre plus obscur qui ravira sûrement les amateurs du genre : KANSAS CITY CONFIDENTIAL.
Le soleil se lève une autre fois au-dessus de Kansas City et l'on suit les traces de Tim Foster (Preston Foster), un ex-policier aigri qui, aidé de trois complices, réussit le braquage d'un fourgon blindé aux abords d'une banque de la ville. Ce crime fait de Joe Rolfe (John Payne), employé d'un fleuriste local, le bouc émissaire idéal puisqu'il conduit une camionnette en tout point identique à celle utilisée par les malfrats pour prendre la fuite et qu'il a été vu au même moment effectuant une livraison à une adresse avoisinante de la banque. Injustement arrêté et inculpé, Rolfe réussit à prouver son innocence, non sans avoir été bien malmené par quelques inspecteurs brutaux. Échaudé par cette mésaventure, Rolfe décide de se faire justice lui-même en tentant de démasquer les malfaiteurs. Il réussit à retrouver les traces de l'un d'eux, un dénommé Pete Harris (Jack Elam) qui, après une bonne correction, lui apprend les grandes lignes du sombre projet orchestré par Foster : les allées et venues quotidiennes ont été observées scrupuleusement, Foster notant qu'un fourgon blindé se range ponctuellement aux abords de la banque tous les jours à la même heure, et cela au même moment où Rolfe effectue sa propre livraison quotidienne à l'adresse voisine, d'où l'idée d'utiliser une camionnette semblable afin de laisser porter le chapeau à ce dernier. Le hic, c'est que les trois complices ont été recrutés séparément, sans compter que Foster a pris bien soin de se masquer le visage lors des rencontres et, qui plus est, en exigeant que toute la bande soit masquée lors du casse, laissant ainsi chacun sans indices sur les identités respectives des autres, et faisant de Foster le seul membre à connaître le visage de tout le monde. Cependant, toute la bande est convoquée à se présenter à l'hôtel d'une station balnéaire du Mexique pour le partage du butin, chacun étant muni d'un morceau d'une carte à jouer faisant office de passe pour l'identification. Harris ayant été abattu par la police qui a retrouvé ses traces, Rolfe prend son identité et se retrouve au lieu du rendez-vous en compagnie des deux autres complices : Boyd Kane (Neville Brand) et Tony Romano (Lee Van Cleef). Foster, quant à lui, attend le moment propice pour se dévoiler, mais les choses se compliquent alors que Rolfe fait la rencontre d'une jolie étudiante en droit du nom d'Helen (Coleen Gray), qui n'est nul autre que la fille de Foster.
KANSAS CITY CONFIDENTIAL doit beaucoup au savoir-faire de Phil Karlson (1908-1985), un des « petits » maîtres du polar de série B à qui l'on doit une succession de petites perles du genre, tels que THE BROTHERS RICO (1957) et THE SCARFACE MOB (1959), téléfilm dérivé de la série télé THE UNTOUCHABLES. Karlson connut une période creuse dans les années 1960, où nous le voyons confiné à des mélodrames sirupeux (THE YOUNG DOCTORS, 1961), un terne remake d'un drame sportif de Michael Curtiz avec Elvis Presley (KID GALAHAD, 1962) et deux opus de la série de films d'espionnages mettant en vedette Dean Martin dans le rôle de Matt Helm, THE SILENCERS (1966) et THE WRECKING CREW (1969). Toutefois, c'est au crépuscule de sa carrière avec le très violent drame justicier WALKING TALL (1973) que Karlson goûte au succès le plus grandiose de sa carrière, lui acquérant du même coup une sorte de statut de « Don Siegel du pauvre » auprès des cinéphiles. Côté contenu KANSAS CITY CONFIDENTIAL n'est pas des plus mémorables et le script de George Bruce (SALOMON AND SHEBA) et Harry Essex (I, THE JURY) propose somme toute une intrigue classique sur fond d'esprit revenchard, mais l'ensemble se distingue par la mise en scène rigoureuse et musclée de Karlson. De plus, Karlson dispose ici de l'expertise du chef-opérateur George E. Diskant, une des sommités du Film Noir au niveau photographie, et qui a officié sur de nombreux classiques tels que THEY LIVE BY NIGHT (Nicholas Ray, 1948) et THE NARROW MARGIN (Richard Fleischer, 1952). La caméra très mobile et nerveuse de Diskant est très représentative de ce polar misant beaucoup plus sur l'action menée tambour battant que les habituels élans d'atmosphère propres au Film Noir, malgré ce personnage typique de paumé laissé en plan joué par John Payne. Ainsi, Karlson construit quelques beaux moments de bravoure (d'une violence parfois surprenante pour l'époque), tels que l'attaque du fourgon blindé et l'arrestation de Rolfe, où les caméras de Diskant font encore une fois des merveilles. En tête d'affiche l'on retrouve John Payne, ancien jeune premier sous contrat à la Twentieth Century-Fox qui fut utilisé dans nombre de comédies musicales (TIN PAN ALLEY, WEEK-END IN HAVANA) avant de se reconvertir dans des bobines plus musclées au début des années 1950. Payne s'acquitte de son rôle avec un panache honorable et le spectateur y remarquera sûrement une ressemblance frappante avec Kevin Spacey. Les inconditionnels auront aussi vite fait de remarquer dans la distribution la présence de la pétillante Coleen Gray, surtout connue pour avoir personnifié la petite amie de Sterling Hayden dans le mémorable THE KILLING (1956) de Stanley Kubrick, et dont le joli visage plein de candeur apporte un contraste assez marqué à la galerie de visages patibulaires ornant la distribution de ce film. C'est d'ailleurs du côté des crapules que KANSAS CITY CONFIDENTIAL vaut son pesant d'or avec un trio de visages plus que mémorables, à commencer par ce solide gaillard de Jack Elam (KISS ME DEADLY, C'ERA UNA VOLTA IL WEST) dont les yeux énormes et globuleux et l'allure menaçante insuffle à coup sûr un sentiment d'inquiétude chez le spectateur. Elam trouve chaussure à son pied alors qu'il est flanqué de l'énorme Neville Brand (BIRDMAN OF ALCATRAZ) dont le gabarit et le regard glacial en font une véritable vision cauchemardesque. Pour compléter le tableau, un tout jeune Lee Van Cleef, tout juste débarqué du HIGH NOON (1952) de Fred Zinnemann et que les cinéphiles connaissent sous la peau du chasseur de primes du BON, LA BRUTE ET LE TRUAND (1967) de Sergio Leone, est ici tout simplement savoureux de machiavélisme dans la peau d'un petit truand aussi charmeur que sadique. KANSAS CITY CONFIDENTIAL est offert en format 1.37:1 plein écran (noir et blanc) conformément à son format original de présentation. Le transfert s'avère fort acceptable, avec un bon rendu des contrastes et une bonne profondeur des noirs malgré quelques petites poussières et fourmillements ici et là. Quelques petites anicroches qui ne gâche toutefois aucunement le plaisir du visionnement. Cette édition comprend la version originale anglaise en format Dolby Digital 1.0 Mono, avec un mixage acceptable où l'environnement sonore est bien reproduit grâce à des dialogues bien audibles et un minimum de désagréments tels que coupures ou bruits statiques. À tout le moins peut-on noter la présence d'un léger bruit de fond. La version française (doublage produit en France) est aussi incluse en format Dolby Digital 1.0 Mono de qualité équivalente à la piste originale, tandis qu'une piste espagnole (aussi de format Dolby Digital 1.0 Mono) et des sous-titres anglais et espagnols sont aussi offerts en option. Non seulement les amateurs francophones doivent-ils se passer de sous-titres français, mais de plus MGM nous sert une autre édition sans aucun supplément que ce soit, à l'instar de THE WOMAN IN THE WINDOW et THE STRANGER. Dommage que ce studio ne suive pas l'exemple de Warner qui s'est fait le devoir de dérouler le tapis rouge pour sa propre collection consacrée au Film Noir. --------------------------------------------------- Il reste toutefois le plaisir de découvrir un sympathique polar qui sort finalement des oubliettes après des années d'oubli et qui n'a surtout rien à envier à d'autres classiques du genre. À défaut d'une réputation, KANSAS CITY CONFIDENTIAL reste tout de même un autre beau fleuron du Film Noir. Studio éditeur : MGM Date de sortie : 10 juillet 2007 Film : 3,5/5 Image : 3/5 Son VO : 2,5/5 Son VF : 2,5/5 Bonus : 0/5 Marc Lespérance marcl@uneporte.com Mardi 06 Novembre 2007
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