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Dimanche 5 Février 2012
11:43

I, ROBOT (Collector’s Edition), l’édition DVD (2 disques) zone 1

Ils sont très forts chez Fox : leurs dieux du marketing n’hésitant pas à sortir une édition vierge de tous suppléments (on parle de 30 dollars pour le film uniquement) pour tenter de nous refiler 6 mois plus tard (pour moins cher) le même pressage avec en plus un disque bourré à craquer de bonus aussi excellents qu’instructifs. Heureusement que l’aussi excellente qu’exhaustive édition DVD Zone 2 française était là pour annoncer la couleur, on se serait « presque » fait avoir…



I’ ROBOT (Collector’s Edition), l’édition DVD (2 disques) zone 1
I’ ROBOT (Collector’s Edition), l’édition DVD (2 disques) zone 1
Les robots sont parmi nous ! Bien plus perfectionné que C3PO et R2D2 réunis, le modèle NS5 conçu par la firme USR est appelé à devenir le nouvel élément indispensable de notre vie quotidienne. Grâce à une campagne marketing que ne renierait pas Apple, ces iPods du futur débarquent sur nos écrans grâce au réalisateur Alex Proyas, lequel n’en est pas à son coup d’essai en matière de science-fiction avec le très recommandable Dark City. Avec un budget confortable de 105 millions de dollars et des effets spéciaux à profusion, que va-t-il donc bien pouvoir faire des 3 Lois de la Robotique d’Isaac Asimov ?

La vie est belle à Chicago en l’an 2035 : la technologie fait plus que jamais partie du quotidien, tant et si bien que la firme USR –pionnière en robotique– s’apprête à remplacer tous ses anciens robots domestiques par son tout dernier modèle révolutionnaire NS5. À l’aide d’une campagne publicitaire audacieuse, USR compte placer son nouveau produit avant-gardiste dans chaque foyer de la planète, n’en déplaise à l’inspecteur de police Del Spooner (Will Smith) : adepte d’un mode de vie « vintage » (pour ne pas dire rétrograde au dernier degré) et persuadé que ces machines causeront notre perte malgré les 3 Lois de la Robotique conçues pour sauvegarder la vie humaine. Lorsque le Docteur Alfred Lanning (James Cromwell) qui n’est autre que l’inventeur de la robotique moderne se « suicide », Spooner a tôt fait de parler de meurtre et de soupçonner un prototype de NS5 présent sur les lieux : un robot au comportement radicalement différent des autres répondant au nom de Sonny...

Les fans d’Isaac Asimov furent nombreux à crier au sacrilège... une réaction quelque peu exagérée dans la mesure où Alex Proyas revendique dès le générique ne s’être que très librement inspiré de l’univers mis en place par cet éminent auteur de science-fiction. Technique de marketing destinée à promouvoir le film ? Probablement. Et le subterfuge aurait été aussi gros qu’honteux si I, ROBOT avait été un mauvais film... heureusement il n’en est rien.

Le seul gros problème d’Alex Proyas et de son designer Patrick Tatopoulos (Stargate, Godzilla et le très oubliable Battlefield Earth), c’est d’avoir été pris de vitesse par Steven Spielberg en matière de « ville américaine du futur » avec l’excellent Minority Report. Dès lors, le premier contact visuel avec ce Chicago de 2035 laisse une très désagréable sensation de « déjà vu ». Heureusement, un scénario très habilement mené par Akiva Goldsman « j’ai massacré le remake de Lost in Space mais réussi un bon coup avec A Beautiful Mind », conjugué à des robots plus vrais que natures, viennent nous embarquer dans cette enquête policière hors norme baignant délicieusement dans la paranoïa et la conspiration.

Si le film réserve quelques surprises intéressantes au niveau scénaristique, il déçoit aussi quelque peu dans sa deuxième partie : certes les morceaux de bravoure sont remarquablement mis-en-boite par un Alex Proyas visiblement adepte de la caméra tournoyante (qui n’est pas du goût de tout le monde soit dit en passant) et du Will Smith en images de synthèse, il n’empêche que la clé du mystère déçoit quelque peu par son aspect quelque peu convenu pour quiconque ayant lu ne serait-ce qu’une moitié de bouquin d’Asimov... surtout ceux traitant de ces fameuses 3 Lois.

Will Smith s’en tire relativement bien dans le rôle du détective rétrograde paranoïaque... prouvant que son jeu s’est considérablement amélioré avec les années. Smith confirme avoir réussi à sortir du moule « Fresh Prince / ID4 / Agent J » depuis son passage dans le fameux Ali de Michael Mann. Ses détracteurs le trouveront donc infiniment plus supportable, et ce d’autant plus qu’il fait équipe avec la très très jolie Bridget Moynahan dans le rôle de la scientifique sérieuse qui croit dur comme fer en son produit cybernétique dernier cri.

Très attendu au tournant depuis son très recommandable Dark City, Alex Proyas nous propose un thriller de science-fiction habilement mené et mis en scène de façon très inspirée. Un honnête divertissement permettant de passer deux heures sans s’ennuyer une seconde, et c’est bien là le principal.

I, ROBOT nous est présenté dans son format original respecté de 2.35:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9). Film extrêmement récent oblige, l’interpositif employé est dans un état optimal et le transfert n’accuse aucun défaut apparent. La compression s’avère remarquablement maîtrisée tant elle arrive à se faire oublier par ce pressage où aucun effet indésirable typique du Mpeg-2 ne se rappelle à notre bon souvenir. Un bémol toutefois : l’image s’avère peut-être un peu trop lisse (pour ne pas dire froide), sentant le numérique à plein nez par opposition à un rendu argentique qui aurait sans doute permis une meilleure intégration des effets visuels à l’image.

Les pistes sonores sont toujours un sujet qui fâche avec le studio 20th Century Fox. Non pas pour l’excellente piste anglaise DTS 5.1 d’une spatialité (sans parler de l’agressivité) exemplaire qu’on est en droit d’exiger pour tout blockbuster digne de ce nom… non pas pour cette autre piste anglaise Dolby Digital 5.1 légèrement moins tonitruante mais redoutablement efficace… mais pour une fois de plus se moquer des francophones avec un simple Dolby Digital 2.0 Surround (doublage produit en France). Il s’en tire bien compte tenu des circonstances ce mixage mais il a tout de même beaucoup de mal à soutenir la comparaison face à un mixage multi-canal digne de ce nom. C’est hélas une détestable habitude chez ce studio s’obstinant à ne vouloir que proposer, sauf à de rares occasions, du français encodé Dolby Digital 2.0 Surround en zone 1. Est-il encore utile de préciser que les amateurs de versions originales sous-titrées en français devront oublier ça ? Seuls des sous-titres anglais et espagnols sont proposés pour le visionnement.

Le premier disque étant strictement identique à celui de l’édition simple sortie il y a 6 mois, nous ne sommes pas surpris de constater qu’il contient les mêmes suppléments inconsistants/insignifiants/soporifiques (rayez la mention inutile) : à l’exception du commentaire audio du réalisateur Alex Proyas et de son scénariste Akiva Goldsman pour relever quelque peu le niveau. En revanche la (petite) bande-annonce ainsi que l’immonde making-of atrocement promotionnel tout juste bon à résumer l’intégralité du film en 10 minutes sont totalement soporifiques… ajoutons 2 publicités pour d’autres produits Fox dont nous nous fichons totalement…

Entrons dans le vif du sujet avec le deuxième disque qui aurait très bien pu être intitulé : « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur I, ROBOT sans avoir jamais osé le demander ». Attention, c’est du suppléments de haut niveau dont il s’agit : ces bonus étant tellement nombreux qu’ils sont regroupés en rubriques, elles-mêmes subdivisées en sous-rubriques (eh oui !). Chacune de ces rubriques est introduite par le réalisateur Alex Proyas en personne, lequel n’étant visiblement pas un partisan de la langue de bois. Si vous vous intéressez un tant soit peu à l’art et la manière de mettre en boite un film de science-fiction aussi sophistiqué qu’ambitieux, c’est ici que ça se passe…

Commençons donc par Days Ouf of Days. Cette rubrique comporte son lot de vidéos toutes filmées durant le tournage d’I, ROBOT. Attention, nous ne parlons pas de 3 ou 4 séquences assez courtes ne montrant que quelques petites minutes de tournage. Bien au contraire : ce bonus nous permet ni plus ni moins que d’assister au tournage (de façon quelque peu condensée bien sûr) de la plupart des moments importants du film : l’exposition avec le quartier du Detective Spooner, les locaux d’USR, les séquences de poursuite en voitures, scènes d’action etc etc… chaque séquence durant en moyenne une dizaine de minutes. Passionnant.

Avec CGI and Design, la parole est donnée au fameux Patrick Tatopoulos : directeur artistique franco-grec expatrié à Hollywood ayant auparavant travaillé entre autres sur Stargate, Godzilla, et plus récemment Underworld. Tous les secrets du design et de la création du Chicago du futur sont révélés ici, de même que tous les aspects entourant les robots créés pour le film, les miniatures utilisées, et l’intégration de tous ces effets visuels de manière à rendre l’ensemble crédible. Indispensable.

Sentiant Machines (Robotic Behavior) est d’avantage consacré à la robotique qu’au film en tant que tel. Il s’agit toutefois d’un documentaire absolument passionnant sur l’histoire et l’avenir de la robotique. Non seulement la communauté scientifique est mise à contribution, mais aussi d’éminents artistes les ayant inspirés au point de leur donner leur vocation : Ralph McQuarrie pour avoir créé R2D2 et C3PO, mais aussi le futuriste Syd Mead ayant participé à des films comme Aliens ou Short Circuit.

Avec Three Laws Safe, les scénaristes Jeff Vintar et Akiva Goldsman reviennent sur leur travail sur le film… tandis que l’héritière Asimov nous fait profiter de savoureuses anecdotes sur son père.

Filmmaker’s Toolbox se recentre sur le film avec la possibilité de visualiser 2 scènes coupées ainsi qu’une fin alternative. Enfin (et il s’agit là de la cerise sur le sundae), chaque plan comportant des effets visuels se retrouve déstructuré par couches dans la rubrique How To : classées par compagnies ayant réalisé les effets spéciaux (Digital Domain, Weta, et Rainmaker), ces séquences ne demandent qu’à vous livrer tous leurs secrets.

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Excellent thriller de science-fiction signé Alex Proyas d’après les 3 Lois de la Robotique d’Isaac Asimov, I,ROBOT nous est finalement proposé dans une édition deux disques digne de ce nom, reprenant le contenu, à l’exception de la piste française Dolby Digital 5.1 et des sous-titres français sur les bonus, de l’édition Zone 2 sortie en France 6 mois plus tôt. Techniquement quasi-parfaite et bourrée à craquer de suppléments aussi pertinents qu’intéressants, cette édition –au contraire de la précédente– mérite une petite place dans votre DVDthèque.

Studio éditeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 24 mai 2005

Film : 3,5/5
Image : 5/5
Son VO : 5/5
Son VF : 3/5
Bonus : 5/5



Alexandre Doukakis
alexandre@dvdquebec.com

Lundi 6 Juin 2005

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