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HAPPY FEET (LES PETITS PIEDS DU BONHEUR), le Blu-ray Disc (Zone A)En attendant que le premier Pixar pointe le bout de ses pixels sur support Blu-ray, Warner nous propose de briser la glace avec le carton qui fit de l'ombre à 007 lui-même lors de sa sortie en salles en novembre 2006. HAPPY FEET nous narre l'histoire d'un pingouin sur sa terre natale d'Antarctique… un pingouin différent des autres… peut-être souhaite-t-il remplacer un certain cochon qui un jour voulu être berger ?
Parce que son paternel battait un peu trop la mesure pendant qu'il était supposé couver calmement son œuf, Mumble est né avec une tare absolument fatale pour son espèce : il ne sait pas chanter. Ce qui est tout de même un drame au Pôle Sud où les pingouins utilisent la bonne vieille technique du Karaoké (à base de recyclage de musique commerciale à bon marché) pour draguer, conclure, s'envoyer en l'air et se reproduire à qui mieux mieux. Manque de bol pour Mumble : son extraordinaire talent pour la danse n'est absolument pas reconnu par ses pairs, qui voient en lui une sorte de grain de sable susceptible de donner de mauvaises idées à une jeunesse qui en a déjà beaucoup trop. Rejeté par ses congénères, faisant honte à la superbe pingouine sexy qu'il aimerait bien se taper, Mumble décide d'aller voir ailleurs si un danseur n'a pas une chance de changer la face du monde.
George Miller est un réalisateur éclectique : comment pourrait-il en être autrement quand on peut se vanter d'avoir à la fois Mad Max et Babe dans sa filmographie ? S'il s'adressait directement aux enfants, Babe était un formidable film sur la différence : écrit avec une remarquable intelligence, ne prenant jamais son spectateur pour l'imbécile qu'il n'était pas, remarquablement bien réalisé par un Chris Noonan qui réussit l'exploit de pondre un film techniquement irréprochable avec une dizaines de cochons différents pour incarner le héros de l'histoire. On peut dés lors se demander pourquoi, 11 ans plus tard, George Miller décida de remettre ça avec grosso modo le même thème, mais avec des pingouins en images de synthèse. C'est que les temps ont changé voyez-vous. Si en 1995, un cochon avec l'ambition de devenir chien de berger pouvait prêter à sourire, en 2006 il en faut beaucoup plus pour attirer le spectateur au cinéma. On ne se contente alors pas de pondre un film ouvertement démago sur le droit à la différence, on en balance une couche avec une deuxième partie totalement écologique dans l'air du temps. Hors si les intentions sont louables, le pari de mêler les deux sujets s'avère effroyablement risqué… verdict : le résultat final, sans être catastrophique, est dans le fond des plus douteux. Entendons nous bien, si nos chères têtes blondes pourront éventuellement trouver un quelconque intérêt aux aventures de Mumble sur les glaciers de l'Antarctique (après tout, le film regorge de séquences incroyablement bien filmées constituant un véritable régal pour les yeux), les adultes risquent de trouver toute cette débauche de bons sentiments tout simplement écoeurante. Faire passer un message pour la tolérance est louable en soi, le souligner avec tout ce que la planète peut avoir de feutres fluorescents en est une autre. Ça ratisse très large et ce n'est pas subtil pour deux sous. À commencer par cette fameuse scène où Mumble sort du placard, avec son paternel qui soutient que si son fils est comme ça, c'est certainement de sa faute (le coup de l'œuf mal couvé bien sûr)… Considérant que les thèmes de la sortie de placard et d'acceptation de la différence ne sont pas suffisants, George Miller en rajoute une couche pour tous ceux qui ont eu la chance d'avoir vu un OVNI ou soutiennent mordicus avoir été kidnappés par des extra-terrestres. Une autre forme de différence au cas où le spectateur n'aurait pas été assez intelligent pour comprendre ça la première fois… Certes le message en tant que tel est parfaitement louable en soi, mais le tout est tellement appuyé, surligné, redit et répété, que la coupe devient rapidement on ne peut plus pleine. C'est alors que se pointe l'autre thématique du film : l'écologie. Une fois encore, les intentions sont là, mais le résultat final est excessivement discutable. Oui nous sommes dans un dessin animé où tout est permis. Oui la planète entière s'est déjà émue devant une pauvre baleine coincée sous la glace. Je ne doute pas un seul instant qu'un pauvre pingouin dansant des claquettes peut réussir à amuser la galerie l'espace de quelques minutes. Mais de là à en faire le sauveur du monde… non ! Ce n'est plus du cinéma, c'est de la fausse représentation. L'humanité n'est pas aussi intelligente/tolérante/évoluée qu'elle l'est dans Star Trek (ça se saurait !). À notre époque de progrès, l'humain refuse encore de sacrifier son bien être pour tenter de sauver le monde (non mais sans blague !), l'homme persiste à ne vouloir agir que lorsqu'il est trop tard. En matière d'écologie, il n'existe pour l'instant qu'un seul scénario crédible jusqu'à preuve du contraire : le scénario catastrophe. Certes il y a là une métaphore somme toute optimiste sur le fait qu'une seule âme de bonne volonté peut soulever des montagnes… et les enfants s'en émerveilleront sans doute, a contrario leurs parents risquent l'overdose de guimauve et des clichés les plus éculés qui soient. Cette déception est d'autant plus grande qu' HAPPY FEET possède de solides atouts : une réalisation impeccable, un rendu de la banquise tout simplement enchanteur (mais où diable est ce trou dans la couche d'ozone ?), des pingouins remarquablement bien modélisés et animés, des scènes d'action réellement époustouflantes. Le tout étant hélas desservi à la fois par un script cul-cul la praline et une interprétation épouvantable d'un Elijah Wood énervant dans le rôle titre, sans parler de celle de Robin Williams qui ne semble avoir participé à l'aventure que pour pouvoir payer ses impôts. En plus de l'édition Blu-ray Disc testée ici, HAPPY FEET se retrouve en format HD DVD, en format DVD panoramique et DVD plein écran. HAPPY FEET nous est présenté dans son format original respecté de 2.35:1 d'après un fabuleux transfert numérique 1080p. Fidèle à ses bonnes habitudes, Warner nous gratifie du même encodage VC-1 proposé sur l'édition HD DVD elle aussi disponible à la vente (cela dit, il en une édition DVD panoramique et une autre plein écran. Que dire de ce transfert si ce n'est qu'il est tout simplement parfait : le niveau de détails est absolument hallucinant, couleurs et textures sont un véritable plaisir pour les yeux, l'image possède ce petit côté tridimensionnel typique des projections sur grand écran… sans qu'un seul petit défaut de compression ne vienne gâcher le spectacle. Aucun halo, aucune surdéfinition des contours. Du grand spectacle justifiant chaque denier dépensé dans toute installation haute définition qui se respecte ! En matière de pistes sonores, Warner fait plaisir à tout le monde avec 3 pistes Dolby Digital 5.1 EX plein débit aussi bien pour la version originale anglaise que pour le doublage québécois (ma foi très réussi, le comédien prêtant sa voix à Mumble s'en sortant à mon humble avis beaucoup mieux que l'énervant Elijah Wood) ou encore la version espagnole. Hélas aucune piste PCM non compressée ne vient pointer le bout de son nez, ce qui est bien dommage comparativement à la piste Dolby TrueHD 5.1 de l'édition HD DVD sortie le même jour. Sans atteindre des sommets, ces pistes Dolby Digital 5.1 EX livrent parfaitement la marchandise en matière d'ouverture des canaux, de dynamique et d'effets parfaitement localisés. Du très bon travail de la part de Warner. Notez que des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles lors du visionnement… avec un petit bémol avec l'édition Blu-ray pour le sous-titrage français qui omet de traduire les chansons qui elles, restent en anglais. Curieusement, du côté de l'édition HD DVD, aucun problème de ce côté, les chansons sont sous-titrées... Les suppléments sont quant à eux minimalistes. En haute définition, Warner nous propose : Une scène retranchée mettant le regretté Steve « Crocodile Hunter » Irwin en vedette, une courte scène supplémentaire sans intérêt avec Mumble et son papa. Et en définition standard nous devons subir : deux vidéoclips, un cartoon Looney Tunes qui n'a rien à faire ici, un court reportage sur l'art et la manière de danser comme un pingouin (idéal pour draguer les filles), et pour finir la bande-annonce du film. Curieusement, aucun sous-titrage n'est disponible en français pour les suppléments sur ce Blu-ray (et sur le HD DVD) contrairement aux éditions DVD. Bande-annonce / HAPPY FEET video/quicktime
Oscar© du meilleur film d'animation 2006, HAPPY FEET est un film techniquement très abouti doté des meilleures intentions du monde, souffrant hélas paradoxalement d'un excès de zèle des scénaristes ayant jugé utile de gaver le spectateur de guimauve jusqu'à ce qu'indigestion s'ensuive. Warner nous gratifie d'une édition tout bonnement référentielle en matière de qualité d'image, mais se fiche quelque peu du monde avec un contenu éditorial sentant la prochaine réédition (bourrée à craquer de bonus naturellement) à plein nez.
Studio éditeur : Warner Date de sortie : 27 mars 2007 Film : 2,5/5 Image : 5/5 Son VO : 4/5 Son VF : 4/5 Bonus : 2/5 Alexandre Doukakis alexandre@uneporte.com Mercredi 06 Juin 2007
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