GET SHORTY (1995), l'édition DVD de collection (2 disques) zone 1Au cours des cinquante dernières années, les écrits de l'auteur Elmore Leonard se sont retrouvés bien souvent à l'écran, autant au cinéma qu'à la télévision. Après avoir exploré l'univers des westerns au début de sa carrière (Hombre, Valdez is Coming, The Moonshine War), il se tourna ensuite vers le monde du crime moderne (Rum Punch (duquel est tiré Jackie Brown), Out of Sight). Mécontent de la plupart des adaptations de ses œuvres qui misaient un peu trop sur l'action, Leonard a été semble-t-il grandement satisfait avec celle de GET SHORTY qui conservait une grande partie du développement des personnages. Dix ans après sa sortie en salles, et à peine deux ans après une première version DVD très sommaire, MGM revisite GET SHORTY et lui donne le traitement royal pour coïncider avec la sortie du second volet des mésaventures de Chili Palmer, Be Cool.
GET SHORTY (C’EST LE PETIT QU’IL NOUS FAUT) (1995), l'édition DVD de collection (2 disques) zone 1
Chili Palmer (John Travolta) est un criminel New-Yorkais très confiant en lui-même et soucieux de son apparence, qui a établi sa demeure dans la ville ensoleillée de Miami. Sous la protection d'un homme respecté du milieu, il opère un salon de barbier servant de devanture pour ses activités de prêteur usurier. Lorsque son patron succombe à une crise cardiaque, les relations déjà tendues entre Palmer et les autres membres du clan deviennent plus houleuses. L'occasion parfaite de changer d'air se présente lorsqu'on demande à Chili de retrouver un 'client' ayant d'énormes dettes impayées. Les traces du fuyard le mèneront premièrement à Las Vegas, puis au paradis du cinéma américain, Hollywood. Au passage, un propriétaire de casino demande à Chili de visiter un producteur de films ayant également des dettes impayées.
Une fois arrivé à sa destination finale, Palmer se rend chez Harry Zimm (Gene Hackman), producteur de films d'horreur de série B. Après s'être introduit dans sa demeure au milieu de la nuit et lui ayant fait part de l'objet principal de sa visite, Chili entame une longue discussion avec le producteur pour lui présenter une idée de long-métrage. On apprend alors que Chili est un grand cinéphile, connaissant même les 'œuvres' de Harry Zimm. On voit rapidement que l'influence de Chili ne vient pas toujours de sa force physique. C'est plutôt son côté très charmeur et son regard perçant qui lui permettent souvent de mettre les gens en confiance ou de les convaincre de se plier à ses exigences. Il se rendra rapidement compte que le milieu du cinéma hollywoodien est tout aussi dangereux et corrompu que le monde qu'il a laissé derrière lui à Miami. GET SHORTY est un film chevauchant plusieurs genres, dont la satire, la comédie et le drame. On ne rit pas aux éclats, certes, mais on a constamment un sourire aux lèvres grâce aux situations amusantes et au regard critique sur le milieu du cinéma américain. On y retrouve des personnages attachants qui sont souvent plus complexes que l'on pourrait le croire à première vue. John Travolta, qui venait à peine de terminer Pulp Fiction, est superbe dans le rôle principal de Palmer tant au niveau de sa démarche, de sa confiance en lui et de son regard intense. Il avait premièrement refusé le rôle, puis est revenu sur sa décision après avoir lu le roman. Il a d’ailleurs fait retravailler le scénario pour capturer davantage l'essence du livre. Cette adaptation est un peu laborieuse au début du récit et rend l'ouverture du film un peu lente, mais tout se règle après la première demi-heure lorsque les introductions des personnages et la mise en situation sont terminées. Gene Hackman a également hésité avant de se joindre à la distribution, étant habitué à des rôles sérieux jusqu'à ce point. En approchant l'interprétation de Harry comme étant un personnage sérieux dans un univers un peu loufoque, il le rend très réaliste. Il faut également mentionner Danny DeVito qui est très amusant dans le rôle de l'acteur Martin Weir incarnant tous les stéréotypes des grandes vedettes. À la barre de ce navire, on retrouve le réalisateur Barry Sonnenfeld (Men in Black, Addams Family), qui n'en était alors qu'à son quatrième film. On ressent beaucoup l'influence de sa carrière de directeur de la photographie dans les éclairages et les prises de vue très stylisées. Ces images modernes supportent bien le ton de l'histoire. L'image est présentée dans un format 1.85:1 (16:9) anamorphosé, provenant d'un tout nouveau transfert haute-définition, respectant le ratio de présentation en salle. Alors que l'on pourrait s'attendre à une image à couper le souffle, on est un peu déçu en voyant souvent une fine pellicule de poussière sur plusieurs séquences. Un petit nettoyage aurait été apprécié. Il est vrai toutefois que les couleurs sont étincelantes et que l'on ne retrouve aucun problème de compression, mais on n’atteint pas la perfection d'autres récents titres ou de certains traitements DVD venant de chez Warner. Nous sommes gâtés au niveau des pistes sonores avec des bandes-son DTS 5.1 et Dolby Digital 5.1 en anglais, une piste Dolby Digital 5.1 en français et une piste Dolby Digital 2.0 Stéréo en espagnol. La piste DTS est superbe, supportant très bien les dialogues des acteurs et la trame sonore qui enrobe si bien l'histoire. Par contre, le mixage de la piste anglaise 5.1 est très monotone, manquant de puissance et de distinction entre la musique et les voix des personnages. Si vous avez l'équipement nécessaire, sélectionnez la piste DTS à tout coup, pour une fois la différence est bien sentie. La piste en français (doublage produit en France) souffre du même problème de manque de profondeur même si les dialogues sont bien intégrés à la piste sonore originale. Des sous-titres en anglais, français et espagnol sont également présents. Alors que l'édition précédente ne contenait aucun supplément, on se reprend bien ici avec un commentaire audio et un second disque rempli à craquer. Le boîtier contient également un livret de 8 pages parlant du roman de Leonard, de toutes les embûches qui ont dû être surmontées pour arriver au résultat final et quelques anecdotes sur le film et le tournage. Commentaire audio du réalisateur Impliqué dans le projet depuis le tout début, Barry Sonnenfeld nous offre un commentaire très intéressant. Il aborde les modifications faites à l'histoire originale et nous raconte des anecdotes de tournage. Connaissant bien le côté technique du cinéma, il parle également de la composition des images et des types de caméra utilisées pour les tourner. Barry espace bien ses interventions, nous laissant le temps d'absorber toutes ces informations en ne laissant pas trop de temps morts. Get Shorty: Look at me, 25 minutes Un montage d'entrevues filmées lors de la sortie du film en 1995 et récemment au cours du tournage de Be Cool. On commence en parlant de l'auteur Elmore Leonard et de ses frustrations avec la plupart des adaptations cinématographiques de ses romans. On passe ensuite à une analyse des motivations des trois personnages masculins principaux (Palmer, Zimm et Weir), accompagnées d'extraits du film. Get Shorty: Wiseguys and Dolls, 20 minutes Dans ce second reportage, c'est au tour de la dame principale, Rene Russo, et des criminels d'avoir droit à des entrevues parlant de leurs personnages et de diverses anecdotes de tournage. Ce segment se conclut avec une section sur le réalisateur. The Graveyard Scene Featurette, 4 minutes On apprend qu'une séquence où Zimm supervise un plateau de tournage a été complètement supprimée du montage final. On y retrouvait Ben Stiller dans la peau d'un jeune réalisateur un peu farfelu. Ce reportage contient des entrevues avec Stiller et Sonnenfeld parlant du plaisir qu'ils ont eu à filmer cette scène et des raisons qui ont mené à sa coupure. Stiller est complètement disparu du film suite à cette décision. Deleted Graveyard Scene, 3 minutes La séquence complète mentionnée dans le reportage précédent. Going again!, 6 minutes Une multitude de prises provenant d'une journée interminable où l'équipe filmait Danny DeVito lors de sa conversation sur le cinéma avec le personnage de John Travolta. Au lieu de couper constamment, on a finalement décidé de laisser la caméra rouler sans cesse pour donner une scène pratiquement parfaite. Bravo Page-to-Screen Look at Get Shorty, 30 minutes Un documentaire diffusé sur la chaîne américaine Bravo où l'on parcourt brièvement la biographie de l'auteur Elmore Leonard. On passe ensuite à l'écriture du roman, puis à l'adaptation pour le grand écran et les difficultés à trouver un studio pour produire cette satire. Get Shorty Party Reel, 6 minutes Sous ce titre étrange se cache une série de bloopers où les acteurs s'amusent et manquent leurs lignes. Be Cool Sneak Peek, 6 minutes Pour faire la promotion de Be Cool, suite de GET SHORTY, on retrouve un documentaire ainsi qu'une bande-annonce lors de l'insertion du disque. Le reportage contient des séquences du nouveau film ainsi que de courtes entrevues avec les acteurs et le réalisateur. Il serait probablement préférable de visionner ce supplément après avoir vu Be Cool puisqu'il est très révélateur. Finalement, on retrouve une galerie de photos et la traditionnelle bande-annonce. --------------------------------------------------- GET SHORTY est une comédie amusante qui ne se prend pas trop au sérieux et garde un sourire sur nos lèvres du début à la fin. Il est vrai qu’il est agaçant ce jeu des studios sortant de nouvelles éditions DVD d’un même film en si peu de temps. Mais dans le cas de GET SHORTY, avec son histoire originale et la grande quantité de ses suppléments, vous devrez songer sérieusement à vous procurer ce titre, que vous ayez la précédente édition ou non. Studio éditeur : MGM Date de sortie : 22 février 2005 Film : 4/5 Image : 3,5/5 Son VO : 4/5 Son VF : 3/5 Bonus : 4/5 Yannick Lefebvre yannick@dvdquebec.com Mardi 5 Avril 2005
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