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Vendredi 3 Septembre 2010
20:18

GARDEN STATE, le DVD zone 1

Il est toujours intéressant de voir les premiers longs-métrages d'artisans du cinéma, que ce soit en tant qu'acteur, scénariste, ou réalisateur. Le film GARDEN STATE représente des premières à ces trois niveaux pour Zach Braff puisqu'il y dirige son premier scénario au cinéma et tient le rôle principal. Approchant de la trentaine, Braff est surtout connu depuis quelques années pour son rôle dans la comédie de situation Scrubs. Il nous offre ici un projet très personnel inspiré de sa propre vie via une bannière, Fox Searchlight Pictures, qui surprend souvent agréablement.



GARDEN STATE, le DVD zone 1
GARDEN STATE, le DVD zone 1
Andrew Largeman (Braff) est un jeune acteur ayant décidé de tenter sa chance dans la jungle du cinéma hollywoodien. Après quelques années, son plus grand 'succès' est un petit rôle secondaire en tant que déficient mental dans une série télé. Comme plusieurs aspirants acteurs, il boucle les fins de mois en travaillant comme serveur dans un restaurant de la grande métropole. Nous le voyons pour la première fois dans un petit appartement monochrome et dénudé de toute touche personnelle où il mène une vie monotone, complètement blasé de la vie et consommant une panoplie de médicaments. C'est dans cet environnement glauque qu'il apprend le décès de sa mère par l'entremise de son père (Ian Holm), psychanalyste de profession. Alors que l'on aurait pu s'attendre à un choc ou une tristesse marquée, Andrew n'affiche aucune émotion à l'annonce de cette triste nouvelle.

Le jeune acteur doit donc retourner brièvement dans sa ville natale du New Jersey qu'il n'a pas visité depuis neuf ans pour assister aux funérailles. Dans cet environnement où il a pourtant grandi, il est toujours aussi détaché de la vie et n'a pratiquement aucune réaction lors de l'enterrement. Andrew fait ensuite la rencontre de vieux amis, dont Mark (Peter Sarsgaard) le fossoyeur, qui l'invite à une fête le soir même. Encore une fois, Largeman est dans son propre univers et demeure en retrait des festivités. Sa vie prend un tournant soudain lorsqu'il rencontre Sam (Natalie Portman), une jeune femme rayonnante d'énergie qui ne peut s'empêcher de mentir ou du moins d'embellir la réalité dans la plupart de ses propos. Il est immédiatement envoûté par le charme et la joie de vivre de Sam et entame de longues conversations avec elle qui lui permettra de redécouvrir des aspects de sa vie qu'il croyait disparus à jamais.

Braff n'aurait pas pu faire meilleure première impression avec ce film. L'histoire est entraînante et amusante, mais propose également des thèmes portant à réflexion. Tout comme la vie du personnage principal, le début de l'histoire et le style de réalisation sont lents et dénudés d'émotions. Les décors sont également très sobres, commençant dans la chambre blanche de l'acteur où règne une absence totale de couleurs. On assiste également à plusieurs séquences où les gens se déplacent rapidement autour du personnage de Braff, renforçant son détachement émotionnel. Le tout commence à changer lorsqu'il rencontre Sam. La palette de couleur devient plus colorée et le rythme de l'histoire accélère, éveillant alors en nous plus que de la curiosité et nous donnant une sensation semblable à celle du personnage qui recommence à prendre goût à la vie. En plus du drame émotionnel des personnages, GARDEN STATE contient également une bonne dose d'humour penchant souvent vers l'absurde. Braff s'est inspiré de plusieurs événements de sa vie et réagit donc naturellement aux diverses situations de l'histoire. Portman est également excellente dans ce rôle de jeune femme volubile et excentrique. Cela lui va à merveille et, il faut bien l’avouer, nous fait oublier sa prestation ennuyeuse dans Star Wars...

Le film GARDEN STATE est présenté sous un ratio de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé (16:9). La qualité de l'image sur ce titre est inégale, passant d’excellente à passable. Certaines séquences sont très claires et bénéficient d'une palette de couleurs parfaite alors que d'autres manquent de précision et ont des couleurs plus fades. On note également quelques fourmillements lors de séquences sombres. Mais malgré ces détails (qu’on peut aisément attribuer au tournage et son manque de budget), on peut affirmer sans se tromper que Braff a l’œil pour le cinéma puisque l'on se retrouve souvent émerveillé par la beauté de plusieurs plans au cours du film qui sont, très souvent, bien reproduits sur ce DVD.

La section audio contient une piste anglaise Dolby Digital 5.1 et une piste espagnole Dolby Digital 2.0 Surround. Il est vraiment dommage pour les cinéphiles francophones de ne pas pouvoir pleinement apprécier ce film en français mais, sauf erreur, il n’existe aucun doublage dans notre langue de cette production. L'environnement sonore du film sur cette piste anglaise est très sobre, le tout exploitant essentiellement les enceintes avant. On n'utilise les enceintes arrière que lors de séquences comportant de la musique. Pour compléter ces quelques précisions sur les langues, mentionnons la présence de sous-titres français accessibles pour le visionnement du film ; une rareté chez Fox qui est appréciée ici. Des sous-titres anglais et espagnols sont également présents.

La quantité de suppléments que l'on retrouve sur ce DVD est fort impressionnante et, surtout, le contenu de ceux-ci s’avère intéressant :

Commentaire audio des acteurs
Le commentaire des deux acteurs principaux, Braff et Portman, est un plaisir à écouter. Braff nous raconte les histoires de sa vie qu'il a transposées dans le scénario tout en indiquant les modifications ou exagérations qu'il a apportées. Portman réagit à ces anecdotes diverses et apporte également une bonne dose d'information sur le tournage. Les deux acteurs ont une belle complicité autant à l'écran que sur cette piste audio.

Commentaire audio du réalisateur et de l'équipe de production
Ce second commentaire, où le directeur de la photographie, l'éditeur et la décoratrice en chef se joignent à Braff, est beaucoup plus technique. Braff joue un rôle d'animateur alors qu'il demande à ses collègues de commenter divers aspects de la production. Il ajoute ensuite de petits commentaires çà et là. Comme le budget de tournage était très minimaliste, on nous explique comment certains effets spéciaux ont été réalisés sans la batterie d'ordinateurs ou d'écrans verts dont on se sert habituellement.

Séquences supprimées, 32 minutes
Cette section contient un total de 16 séquences supprimées ou raccourcies totalisant près de 32 minutes de matériel. Il est possible de les visionner accompagnées d'un commentaire audio du groupe technique ayant fait le second commentaire du disque. Certaines scènes sont bien amusantes alors que d'autres auraient pu rester ignorées. Une petite touche bien appréciée (et trop rare) est la mention du nom des acteurs participant à ces séquences lorsqu'ils ne faisaient pas partie du reste du film.

Outtakes and Bloopers, 3 minutes
Un montage de séquences typiques où les acteurs ont de la difficulté avec leurs dialogues ou avec les objets qu'ils manipulent.

'Making-Of' Featurette, 28 minutes
Un « vrai » making-of qui ne contient que des images prises derrière la caméra nous montrant la préparation des décors et des acteurs ainsi que des entrevues avec divers acteurs et membres de l'équipe de tournage réalisées entre deux prises. Ce documentaire est très intéressant et nous permet d'apprécier encore plus les contraintes budgétaires que Braff et son équipe devaient respecter.

Un message publicitaire pour la trame sonore du film et une bande annonce du prochain film de Danny Boyle (Millions), complètent les suppléments.

GARDEN STATE est un film que j'ai trouvé vraiment très agréable. On y retrouve des personnages attachants et une histoire touchante et amusante qui nous laisse rêveurs. Après une première réalisation si solide, on ne peut qu'attendre le prochain film de Zach Braff, 'Andrew Henry's Meadow', adaptation du livre pour enfants du même titre.

Studio éditeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 28 décembre 2004

Film : 4,5/5
Image : 3,5/5
Son VO : 3,5/5
Bonus : 4,5/5



Yannick Lefebvre
yannick@dvdquebec.com

Mercredi 12 Janvier 2005


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