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Vendredi 3 Septembre 2010
20:19

DOGVILLE, DVD zone 1 (2 disques) Alliance Atlantis

La voici l’édition DVD d’Alliance Atlantis du film DOGVILLE reportée plus d’une fois et contenant le doublage français. Il aura fallu attendre plusieurs semaines après l’édition canadienne de Lions Gate. Ce pressage a le mérite de reprendre une quantité de suppléments offerts sur les différentes éditions européennes en zone 2 et qui, par surcroît, étaient totalement absents de l’édition Lions Gate. En fait, il s’agit (presque) d’une copie conforme de l’édition « SILVER » française, l’éditeur canadien ayant même repris l’ensemble des menus intégrant même le message européen en français « d’avertissement » : Mais est-ce bien l’édition à posséder ? On y reviendra...



DOGVILLE, l’édition (2 disques) de l’éditeur Alliance Atlantis
DOGVILLE, l’édition (2 disques) de l’éditeur Alliance Atlantis
Lars Von Trier : voici un cinéaste qu'il est difficile de résumé et encore plus à ignorer. À chaque nouveau film il étonne et ce depuis son premier film : « The Element Of Crime » (1984), longue descente aux enfers, apocalyptique et à l'esthétisme recherché, suivi de « Medea », il se refusa cependant à être placer dans le carcan très étroit de cinéaste esthétique ; avec « Epidemic » (1988), il signe son film le moins abordable, celui-ci classifie Lars Von Trier dans un cinéma expérimental ; c’est cependant avec « Europa » à l’esthétisme très poussé que le cinéaste reçoit en 1991 le prix du jury au festival de Cannes. En 1996, il réalise « Breaking The Waves » le premier film d’une trilogie sur la bonté féminine, aussi connu sous le nom de « cœur d’or ». En 1995, avec ses amis cinéastes danois dont Thomas Vinterberg « Festen », il établit le Dogme, dix commandements pour des films plus proche de la réalité ; dix règles qui permettent de donner toute l'importance à tout ce que Hollywood dénigre dans ses films comme un bon scénario… En 1998, le film « Les Idiots » est donc réalisé sans aucun artifice, en lumière naturelle, et son accueil à Cannes fut plus que mitigé ; film sans concession à la direction d’acteurs pourtant époustouflante, le film fit scandale alors que « Festen » de Thomas Vinterberg fut acclamé. C’est en 2000 avec « Dancer In The Dark », le troisième film clôturant la trilogie entamée quatre ans plus tôt et avec la chanteuse Björk, que Lars Von Trier reçoit, des mains de l’actrice Catherine Deneuve, la Palme d'Or au festival de Cannes, consécration mondiale pour ce cinéaste hors norme et visionnaire.

En 2003, Lars Von Trier commence avec DOGVILLE un nouveau cycle, une trilogie américaine. Selon le réalisateur, « le thème de la bonté y est toujours présent mais exploré sous un nouvel angle ». Nul doute que ce réalisateur est en perpétuelle évolution. Avec DOGVILLE, Lars Von Trier abandonne les règles du Dogma pour une nouvelle esthétique où il mélange la littérature, le cinéma et le théâtre. Du dogme à la fusion il n’y avait qu’un pas franchit allègrement par Lars Von Trier. DOGVILLE, parcourt la culture américaine par de nombreuses références à la tradition littéraire, on pense aux romans de Faulkner, Steinbeck, Mark Twain, relus selon les règles du théâtre expérimental européen.

L’histoire est inspirée par la « complainte de Jenny » tirée de « L’opéra de Quatre Sous » de Bertolt Brecht ; le film tout entier est un hommage au théâtre épique de Brecht et à la technique dramatique, le Verfremdungseffkt traduit généralement par « effet de distanciation ». Le concept en est simple, cela consiste à faire percevoir un objet, un personnage, un processus en même temps que de le montrer, le rendre insolite, « l’étrangéifié ». Dans DOGVILLE, Lars Von Trier utilise ce concept mais il s’agit moins ici d’un théâtre filmé que de la mise en application du concept de distanciation dans le cinéma. Cependant Lars Von Trier, contrairement à Brecht, est beaucoup plus radical et est beaucoup plus proche d'une pièce comme "Rhinocéros" de Ioneco, sur le fond du moins.

Le film se déroule dans une petite ville américaine des années trente récréée sur le plateau d’un hangar du studio danois de Filmbyen. Les décors sont réduits à leur minimum, ils sont plus suggérés que montrés. La plupart de ceux-ci sont représentés par un marquage au sol, il n’y a pas de murs, seuls l’indispensable est gardé. Les ouvertures de portes sont mimées et les bruitages ont été ajoutés au montage en post-production. Seuls les accessoires indispensables sont présents, ceci afin « de ne pas superposer trop d’éléments et de perdre le spectateur », dixit Lars Von Trier. Le film se divise en un prologue et neuf chapitres.

Le plan d’ouverture est d’abord surprenant et déstabilisant, en effet il s’agit d’un plan en surplomb de la ville et, compte tenu de la représentation de celle-ci, on croit à un tableau animé, mais non c’est bien le film. Rapidement la caméra plonge dans la ville et Lars Von Trier filme comme il aime, en numérique, caméra sur l’épaule en plan rapproché au milieu de ses acteurs et très proche d’eux. Le décors autour du plateau est une simple tenture tirée autour de celui-ci, l’éclairage est minimal et l’ensemble baigne dans la pénombre la plupart du temps ; les seuls changements autorisés dans l’éclairage des scènes par Lars Von Trier sont uniquement là pour servir l’histoire, comme pour marquer le changement d’humeur des habitants de la ville ou les ruptures dans l’histoire.

Le film doit beaucoup aux jeux des acteurs, c’est grâce à la force de l'interprétation de ceux-ci et à eux seuls, Nicole Kidman en tête, que le film est ce qu’il est ; ils portent celui-ci bien au-delà de la performance expérimentale. En employant de grands acteurs pour jouer des seconds rôles, Lars Von Trier s’assure une crédibilité indispensable à l’existence du village. Chacun remplit son rôle sans jamais tomber dans la caricature, ainsi on peut retrouver Lauren Baccal en commerçante, tantôt serviable, parfois méchante ; Ben Gazzara joue le rôle d’un aveugle dont la cécité l’a rendue asociale ; Paul Bettany est le jeune Thomas Edison, écrivain raté, vrai lâche, égoïste et égocentrique, parlant beaucoup et agissant peu ; Chloé Sévigny en jeune séductrice ; mais aussi Jean Marc Barr et James Caan. Soutenus par une voix-off, celle de John Hurt dans la version originale anglaise, les acteurs font glisser de manière irréversible leur personnage dans une noirceur totale. Une simple remarque, une seule réplique suffit pour qu'on comprenne que la bonté des habitants de DOGVILLE cache mal la part d'ombre de chacun. Quant à Grâce/Kidman, elle soutient fort bien son personnage.

On craint, pendant les trois quarts du film, d’assister un énième portrait de martyre... et c’est le cas... apparemment... Mais le génie de ce sacré danois est de ne jamais se trouver là où on l’attend et, très violemment, la dernière demi-heure est un profond démentie à ceux qui pourraient croire à l’exploitation de son thème favori mais éculé de la victime. Le changement de Grâce est le résultat d’une longue réflexion sur la notion de bien et de mal développée au cours du film

Mais en définitive que nous raconte le film, que l’être humain est profondément mauvais ? Que son humanité ne peut être perçue qu’à travers ses erreurs ? Qu’une collectivité n’est pas capable d’accepter en son sein un être innocent sans finir par le mépriser, le haïr au point de l’humilier moralement et physiquement, de souiller cette innocence qu’ils n’ont pas, pour au final subir à leur tour les foudres de cette innocence pervertie et de recevoir un sévère châtiment ? Punition que l’on se surprend à justifier et à approuver... (sans vouloir vous dire trop...) C’est bien là que le film prend toute son universalité et provoque comme un malaise en nous pauvre spectateur manipulé. DOGVILLE ne fait pas dans le politiquement correct et c’est tant mieux. Il nous renvoie plutôt à nos propres faiblesses. Malgré tout, on pourra tout de même légitimement s’interroger sur la réflexion portée sur la notion d’arrogante abnégation, il s’agit plus ici de nihilisme que d’abnégation.

Un mauvais procès a été fait à Lars Von Trier à propos de DOGVILLE. On lui reproche sa vision très critique des États-Unis, avec notamment un générique de fin ambigu, laissant défiler des photos de l’Amérique passée et présente sur une chanson plus légère « Young Americans » de David Bowie. Pour la petite histoire, Lars Von Trier dès son premier court métrage au sein de la National Film School Of Denmark en 1980 avait déjà utilisé la musique de David Bowie ; Lars Von Trier est un provocateur, il aime cela, il aime égratigner, et tant qu’à faire, ceux qui se veulent les plus forts. Du reste, il n’a jamais mis un pied aux États-Unis, il lui renvoie simplement sa propre perception. Peu importe que cela plaise ou non il n’y a pas de place pour la concession et limiter le film à cette simple analyse serait extrêmement réducteur. En tout cas une chose est sûre, après l’avoir vu vous ne regarderez plus le cinéma comme avant.

Le film nous est livré dans son format cinéma respecté 2.35:1 et bénéficie d’un transfert anamorphosé (16:9). Malheureusement, et contrairement à l’autre édition disponible en zone 1 de Lions Gate, nous avons ici subit un transcodage NTSC d’après une source PAL. Déjà que le visuel de Lars Von Trier ne se veut pas parfait (flous, fourmillements) avec une méthode de mise au point de l’image bien à lui, caméra à l’épaule souvent privilégiée, ces flous additionnels, non associé à la vision du réalisateur, pourront en choquer plus d’un. En effet, contrairement à la copie de Lions Gate et des éditions européennes en zone 2, une perte de définition est nettement visible. On ne parle cependant pas de désastre ici. Pour être franc, en comparant les 3 autres copies qui nous étaient disponibles (Disco Service (Benelux), H2F (France) et Lions Gate de ce coté-ci de l’Atlantique), les contrastes sur cette édition d’Alliance Atlantis ne sont pas trop marqués gardant l’esthétique voulu par le réalisateur. Mais Lions Gate, utilisant un master NTSC, sort grand gagnant au niveau du rendu image.


Cette édition Alliance Atlantis de DOGVILLE inclus 2 pistes sonores : d’abord la version originale anglaise de format Dolby Digital 5.1. Le film privilégiant la narration même lors des scènes entre les acteurs, c’est avant tout le dialogue et donc les enceintes avant qui sont sollicitées. Il y a très peu d’effets en réalité, il n’y a guère qu’à la toute fin du film où l’on remarquera quelques animations supplémentaires du côté des caissons arrière. La deuxième piste contient le doublage français (réalisé en France) de format Dolby Digital 5.1 qui, comme sa consœur anglaise, est principalement axées sur les caissons avant. Pour pleinement profiter de l’œuvre et du jeu des acteurs ici, il vaut mieux privilégier la version anglaise. Sachez cependant que si vous faites le choix de cette piste anglaise, les sous-titres français vous seront imposés, ce qui regrettable mais compréhensible ici ; une question de droits partagés entre Lions Gate et Alliance Atlantis. Ces mêmes sous-titres sont aussi disponibles avec le doublage français mais optionnels dans ce dernier cas. Notez qu’il ne vous sera pas possible de changer de pistes audio à la volée sans passer par la menu des « versions ».

C’est du côté des suppléments que le consommateur francophone québécois est « passablement » gâté. Étant une copie conforme (ou presque) de l’édition H2F française, une brochette de suppléments attend l’amateur. Notez que les sous-titres français sont tous disponibles (et imposés) lors du visionnement. En fait, la déception à ce niveau vient de l’absence du documentaire « Dogville confessions », seule différence de contenu avec les éditions européennes. Il s’agit d’un gros morceau manquant dans les faits. Ce documentaire de 50 minutes est un savant montage entre de nombreux rush du film et des tranches de vies saisies sur le tournage, le tout entrecoupé de réflexions filmées dans le confessionnal, construit pour l’occasion. On y retrouve une partie des acteurs venant livrer leurs impressions du moment, un peu « reality show » mais intéressant. Le tout fonctionne vraiment bien et l’on peut découvrir des facettes de Lars Von Trier et de Nicole Kidman que l’on ne reverra sans doute jamais. Très dommage de ne pouvoir savourer cela en zone 1...

Suppléments du disque 1 :

Commentaire audio chapitré de Lars Von Trier et Anthony Dod Mantle (Directeur de la photographie) (Notez que ce commentaire audio est aussi disponible avec l’édition zone 1 Lions Gate) :
Le commentaire peut être visionné en une seule fois ou par chapitre, cinq au total :

- Tom rencontre Grâce
- Grâce suit le plan de Tom
- Enfin le 4 juillet
- Dogville sort les Dents
- La dernière scène

Voici un commentaire aussi intéressant qu’insolite, souvent caustique et trivial. Il ne manque pas non plus d’anecdotes sur le tournage et sur les longues soirées pour le moins arrosées. Malgré tout, celui-ci a du mal à décoller vraiment et pourtant ce n’est pas la faute d’Anthony Dod Mantle qui ne ménage pas ses efforts pour faire parler un Lars Von Trier plus du tout certain d’avoir fait le bon choix en tournant en continu ; limitant selon lui la possibilité de développer les scènes et jurant de ne jamais recommencer. Anthony Dod Mantle a toutes les peines du monde à faire admettre à Lars Von Trier que les choix faits sur la direction des acteurs, sur la technique et la mise en scène étaient les bons. Anthony Dod Mantle joue dans un premier temps le rôle d’interviewer auprès du réalisateur qui finit tout de même de temps en temps à s’intéresser au commentaire. Mais quant Von Trier est lancé sur un sujet qui l’intéresse, il est difficile de l’arrêter ; ainsi il revient de manière très précise sur sa méthode de tournage, toujours derrière la caméra au milieu des acteurs afin de ne pas être distrait par des bruits extérieurs et se concentrer au mieux sur la scène en cours. Une partie du commentaire réjouira les cinéastes en herbe, Lars Von Trier s’attardant longuement sur l’utilisation des angles de vues en horloge pris depuis la grue, peu académique mais donnant plus d’espace et de temps aux scènes filmées. Lars Von Trier nous explique exactement sa vision du cinéma, l’utilisation d’une mise au point de l’image qu’il veut lente et donc flou ou encore sur les scènes tournées avec plusieurs caméras DV, aux résultats intéressants mais pas satisfaisants. Puisque le directeur photo, Anthony Dod Mantle fait parti du commentaire on a droit à un festival, tout y passe de la pré-exposition à la technique de flashage avec structure, en passant par le langage visuel et l’importance de la lumière dans une tel œuvre. Lars Von Trier aborde également la conception du script écrit dans l’urgence comme souvent. Ses relations avec les acteurs sont aussi évoquées, on sent bien que peu trouve la grâce à ses yeux. Mais une fois entré dans le cénacle des initiés, Lars Von Trier n’a que des louanges, et en tout premier pour Nicole Kidman qu’il regrette de ne pas retrouver pour les deux autres films de la série. L’accent est mis sur la chance d’avoir la possibilité de faire tourner de grands acteurs, même si parfois son humour caustique provoque des méprises et vient à heurter leur sensibilité. Il aborde également la polémique sur son soit disant anti-américanisme, le reléguant à un simple manque d’inspiration de journaliste en mal de sensationnel. Il lève aussi un peu le voile sur la texture du prochain volet « Manderlay ».

Bande Annonce :
À l’image du film, très originale, ne laissant rien transpirer du film.

Suppléments du disque 2 :

Cette édition zone 1 d’Alliance Atlantis possède donc un deuxième DVD avec passablement de suppléments :

Le cinéma de Dogville :

Trier, Kidman et Cannes (20’) :
Un documentaire inédit, tout tourne autour de l’effervescence sur la croisette. Un large tour d’horizon du festival de Cannes 2003 en attendant la projection officielle de DOGVILLE. Le plus intéressant est sans doute la conférence de presse où Lars Von Trier se lâche complètement sur ses détracteurs. Puis vient la montée des marches, les réactions du public réservant un accueil triomphal à Nicole Kidman et Lars Von Trier. Puis c’est la longue attente des résultats, avec un extrait d’une interview privée avec Nicole Kidman. Enfin, la déception, pas de prix cette année là ni pour l’un, ni pour l’autre.

Le test de Dogville (6’) :
On retrouve ici plusieurs scènes tests de DOGVILLE tournées avec des acteurs danois en danois, une curiosité à voir. Option commenté possible.

Interviews :

Deux interviews de Nicole Kidman :
L‘une par Andrew Warne pour Shotime Australia, la seconde par Ole Kolters pour TV2 Danmurk. Ce sont de très courtes interviews qui n’apportent pas grand-chose de plus à ce que l’on savait déjà, à réserver aux fans.

Stellan Skarsgard :
Interviewée par Ole Kolster pour TV2 Danmurk, une interview fort distrayante d’un acteur très drôle.

Anderg Refn, assistant réalisateur :
Intéressant, Anderg Refn revient sur la difficulté de diriger dix sept acteurs en même temps. Comme tous ceux qui ont tourné avec Nicole Kidman, il n’a que des éloges pour son travail. Quant à Lars Von Trier, il le dépeint comme un homme intelligent, jovial et amusant, loin de l’image que peut parfois véhiculer la presse.

Vibeke Windelov, productrice :
Vibeke Windelov nous livre sa vision de ce que fut le tournage de DOGVILLE, elle égratigne au passage Björk.

Lars Von Trier, réalisateur :
Cannes, 20 mai 2003. Intéressante interview, quelques jours avant le palmarès de Cannes 2003, alors que son film vient d’être ovationné. Il déclare alors, lucide, qu’aucuns films un temps soit peu hostile aux américains ne peuvent être primé. Lars Von Trier aborde d’autres sujets mais, s’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait que DOGVILLE est le film le plus proche émotionnellement de lui.

Lars Von Trier, réalisateur :
Cannes 23 mai 2003. L’interview sert ici de tribune à Lars Von Trier. La majeure partie de cette intervention est politique, aussi je ne me hasarderai pas à la détailler, le mieux et de l’écouter.

Confessions inédites :
Ce segment regroupe un ensemble de réflexions filmées dans le confessionnal, semaines après semaines. Certaines sont très drôles comme celles de James Caan ou Ben Gazzara. D’autres plus graves, les tensions du tournage transpirent parfois des témoignages.

Regards sur Dogville :

Effets spéciaux :
Commentaire de Peter Hjorth, responsable des effets spéciaux.
Petit documentaire assez succinct, il est essentiellement axé sur les prises de vues. Peter Hjorth détaille le plan d’ouverture. Techniquement intéressant mais beaucoup trop court.

Projets d’affiches :
Dans cette partie, il nous est proposé de visualiser les différents projets d’affiches du film, qu’elles aient été utilisées ou non. Le tout est accompagné d’un commentaire écrit.

Conférences de presse :

Trollhattan 2002 :
Première conférence de presse après une semaine de tournage, on n’y apprend rien de bien consistant. Celle-ci a surtout été réalisée afin de répondre aux attentes de la presse et pouvoir continuer le tournage sereinement.

Cannes 2003 :
Présentation à la presse internationale. Rencontre avec la presse danoise – Cannes 2003

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Une fois de plus, Lars Von Trier reste un précurseur avec DOGVILLE et il nous donne, outre une leçon de cinéma, matière à réfléchir sur la nature humaine. Au regard de ce qui se passe dans le monde au-delà de toute polémique stérile, on peut se demander si sa vision très noire de l’humanité si désespérément humaine ne vient pas se heurter à l'une des nouvelles notions sur la définition de l’humanisme et la tolérance. Lars Von Trier dépeint certes une Amérique terriblement hostile et cruelle sous un masque apparent de petite ville tranquille ou une fausse démocratie fait place au dictante des bas instincts de l’homme. C’est en fait une ville que l’on pourrait trouver n’importe ou dans le monde, il y a peu d’éléments à changer pour situer la ville n’importe ou sur le globe. Grâce à des comédiens de prestiges, le film prend une dimension tout autre. L’interprétation époustouflante de Nicole Kidman trouve là, à mon avis, son meilleur rôle. Les trois heures du film passe très vite, trois heures de pur cinéma. Pour ma part j’attends avec curiosité le second volet « Manderlay » ou malheureusement Nicole Kidman ne reprendra pas le rôle de Grâce, la lourde tâche de lui succéder reviendra à Bryce Dallas Howard, fille du réalisateur Ron Howard, on retrouvera aussi Chloë Sévigny, Jean Marc Barr, Udo Kier comédiens fétiches de Lars Von Trier, mais aussi John C. Reilly, vu dans « Chicago » et surtout l’acteur Danny Glover. Une affiche tout de même très alléchante donc. Le film racontera une histoire d’esclavage dans le sud des États-Unis, cela sent déjà la poudre…

Côté technique, l’édition DVD d’Alliance Atlantis a deux irritants marqués : La qualité d’image (nettement inférieure à l’édition Lions Gate) et les sous-titres français imposés avec la piste sonore originale anglaise. Tout cela vient brouiller quelque peu les données du consommateur en zone 1, considérant les suppléments d'Alliance Atlantis qui, eux, sont alléchants (suppléments tous sous-titrés en français, incluant le commentaire audio), et ce, malgré l’absence remarquée du documentaire de Sami Raif : Dogville confessions.

Studio éditeur : Alliance Atlantis
Date de sortie : 12 octobre 2004

Film : 5/5
Image : 3/5
Son VO : 3,5/5
Son VF : 3,5/5
Bonus : 3,5/5



Yann Algoët (critique film et critique technique)
yann@dvdquebec.com

Jean Guèvremont (comparaisons et critique technique)
jean@uneporte.net

Lundi 11 Octobre 2004


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