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Vendredi 3 Septembre 2010
20:49

DAWN OF THE DEAD (2004), DVD (Unrated Director’s Cut) zone 1

Le cinéma américain s’est toujours fait une spécialité du recyclage à grands coups de remakes successifs et le cinéma d’horreur n’y échappe pas, comme en fait foi cette relecture au goût du jour de DAWN OF THE DEAD (1978), deuxième volet de la trilogie des morts-vivants du réalisateur George A. Romero après NIGHT OF THE LIVING DEAD (1968).



DAWN OF THE DEAD (L’AUBE DES MORTS) (2004), l’édition DVD (Unrated Director’s Cut) zone 1
DAWN OF THE DEAD (L’AUBE DES MORTS) (2004), l’édition DVD (Unrated Director’s Cut) zone 1
Une obscure épidémie virale se répand sur le continent américain et les morts ressuscitent avec la ferme intention de se nourrir de la chair des vivants, ceux l’apprenant à leurs dépens joignant les rangs par la suite. Ainsi la chaîne alimentaire zombiesque est-elle respectée. Malgré l’intervention rapide des autorités, l’épidémie se répand comme une traînée de poudre. La grande région métropolitaine de Milwaukee n’y échappe pas et bientôt des hordes de morts-vivants marchent dans les rues dévastées. Quelques survivants n’ont d’autre choix que de se réfugier dans un centre commercial complètement désert... ou presque. Parmi eux, nous retrouvons Ana (Sarah Polley), Kenneth (Ving Rhames), Michael (Jake Weber), Andre (Mekhi Phifer) et son épouse Luda (Inna Korobkina), Steve (Ty Burrell) ainsi que C.J. (Michael Kelly). Ces gens provenant de milieux relativement différents et que rien ne rapproche auront cependant à unir leurs forces et leurs ressources respectives afin de survivre à l’assaut des éclopés de l’au-delà, dont le nombre sans cesse grandissant assiège le complexe tout entier.

Œuvre épique du genre de l’horreur, DAWN OF THE DEAD a acquis, au fil des années, un statut de film culte ayant entraîné dans ses rangs une légion d’admirateurs féroces ne répondant qu’aux standards établis par ce farceur de Romero. Pas étonnant alors que ceux-ci voyaient avec méfiance l’ombre d’un remake de leur œuvre chérie se pointer le bout du nez, d’autant plus que ce pari est tenu par un jeune réalisateur inconnu du nom de Zack Snyder, ayant fait ses premières armes dans la publicité. Le désastre annoncé n’eut pourtant pas lieu car, malgré quelques lacunes évidentes, le tout fonctionne étonnamment assez bien.

Que les puristes se rassurent, ce remake n’arrive pas à la cheville de son modèle original. Est absent ici ce petit côté « réalisme cru » du film original, résultant d’un style de mise en scène se rapprochant du documentaire donnant à l’ensemble un aspect de véracité plus qu’inquiétant. Il y a bien cette sympathique séquence du générique principal incorporant un habile montage de (faux) segments d’actualité nous permettant de prendre le pouls du chaos progressif provoqué par l’aube des morts, tout cela servi avec la chanson THE MAN COMES AROUND de Johnny Cash, hymne apocalyptique à saveur country où Cash, tel un ange de malheur, nous annonce le sinistre destin du monde tel que nous le connaissons. Mais à quelques reprises, Snyder n’arrive pas à éviter le piège du remake branché. Le DAWN OF THE DEAD de Romero, avec son humour noir et cynique, se voulait une critique voilée de l’ « american way of life». Ici, nous avons plutôt droit à un certain humour bon enfant propre aux productions pétaradantes de Jerry Bruckheimer malgré quelques moments réjouissants. De plus, Snyder et son scénariste James Gunn se sont inspirés visiblement ici du 28 DAYS LATER de Danny Boyle (TRAINSPOTTING) avec ces zombies accourant à toutes vitesse et avec agilité vers leurs proies, en lieu et place des zombies traditionnels de Romero qui ont une démarche lente et irrégulière, semblable à des automates. D’ailleurs, chez Romero, le zombie conserve, en guise d’instinct, certains comportements spécifiques de sa vie antérieure. La horde de morts-vivants assiégeant le centre commercial n’est autre qu’un habile clin d’œil acerbe du réalisateur à la société de consommation. Un aspect qui est à peine effleuré ici, et même complètement oblitéré dans la version française. De plus, un montage un peu trop agité et une trame musicale quelque peu envahissante sont parfois à déplorer.

Cependant le tout est sauvé grâce à la mise en scène solide et experte de Snyder qui, étonnamment, n’abuse pas trop ici d’effets de style vidéo-clips propres à quelques réalisateurs de sa génération. Il privilégie plutôt une réalisation souple et parfois même épurée donnant une toute autre dimension à quelques scènes de tension bien réussies grâce à une belle utilisation de la Steadicam de la part du chef-opérateur Matthew F. Leonetti (STRANGE DAYS). Ne nous laissant jamais reprendre notre souffle, Snyder insère au milieu de tout ça quelques belles pièces d’action relevées à souhait agrémentée des prouesses accomplies par David Leroy Anderson (MEN IN BLACK) pour les maquillages spéciaux, si essentiels pour ce type de film. Ne voulant visiblement pas réinventer la roue et ne voulant surtout pas prétendre faire mieux que l’original, Snyder reste humble face à son sujet et c’est tant mieux, en se contentant de nous concocter un petit « pop corn movie » mené tambour battant et sans temps morts.

La plus belle surprise du DAWN OF THE DEAD sauce 2004 vient toutefois de ses personnages et de sa distribution. En effet, nous n’avons pas affaire ici à une relecture à la sauce SCREAM mettant en vedette quantité d’ados agités et libidineux ne demandant qu’à se faire trucider. Les personnages sont tous ici (du moins en majorité) au moins dans la trentaine, ce qui nous évite les inévitables passages teintés d’un humour de collégien. La poignée de survivants se retrouvant au centre commercial se voulant un microcosme du melting-pot de la société américaine (l’une est infirmière, l’autre policier, provient d’un milieu modeste ou aisé, etc.), la description des personnages se veut ici intentionnellement stéréotypée et tracée à grands traits pour laisser une large place au caractère spectaculaire de l’entreprise. Snyder bénéficie d’une distribution solide avec, en tête, Ving Rhames (PULP FICTION), laconique à souhait dans le rôle du policier sans peur et sans reproche, ainsi que Sarah Polley (THE SWEET HEREAFTER, GO), campant avec panache une infirmière plus vraie que nature. Jeune actrice canadienne très engagée et privilégiant des rôles difficiles et complexes dans des productions indépendantes, Polley fait ici une rare et surprenante incursion dans une production hollywoodienne.

DAWN OF THE DEAD est ici offert en format panoramique 2.35:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9) respectant son format original de présentation en salle. Production récente, le transfert tiré de ce film se veut presque irréprochable. La définition d’image est optimale et la palette de couleurs y est variée, proposant du même coup un bon rendu des contrastes soutenu par une très belle profondeur des noirs. Ainsi, l’accumulation d’hémoglobine (de tripes et boyaux) essentielle à tout amateur de « gore » qui se respecte est très bien mis en relief. Tout juste peut-on y dénoter une légère surdéfinition des contours à quelques endroits. Le plaisir du visionnement y est cependant assuré.

Cette édition met à notre disposition la version originale anglaise soutenue par une piste en format Dolby Digital 5.1 d’une ambiophonie maximale et proposant un paysage sonore très varié, utilisant pleinement toutes les ressources d’un équipement de cinéma maison. Tous les canaux sont ici utilisés régulièrement, des canaux avant proposant des dialogues à la clarté soutenue et des effets sonores bien appuyés par un bon niveau des basses et des aigus, jusqu’aux canaux arrière mettant en relief quelques subtilités du mixage original à l’arrière plan, sans parler du canal .1 (LFE), s’acquittant très bien des séquences les plus explosives. La version française (doublage réalisé au Québec) est offerte également dans un format Dolby Digital 5.1 qui est similaire à son homologue anglaise avec toutefois quelques lacunes au niveau du mixage, notamment du côté des dialogues parfois mal juxtaposés avec le paysage sonore. En complément, cette édition offre aussi une version espagnole aussi en format Dolby Digital 5.1, ainsi que des sous-titres anglais (pour malentendants), français et espagnols.

DAWN OF THE DEAD est offert par le biais de deux éditions : une édition standard proposant la version du film montrée en salle (aussi disponible en format plein écran) et l’édition étudiée pour le bien de cette critique mettant en vedette le montage original du réalisateur Zack Snyder (également disponible en format plein écran), incluant quelques séquences sensées apporter plus de profondeur aux personnages ainsi que quelques séquences de « gore » plus relevées ayant titillé les nerfs des censeurs. Ces deux éditions proposent une petite batterie de suppléments, dont quelques-uns se retrouvant sur les 2 différentes éditions :

The Lost Tape : Andy’s Terrifying Last Days Revealed
Segment spécial tourné par Zack Snyder en format vidéo proposant un sketch complémentaire au film mettant en vedette le personnage d’Andy (Bruce Bohne), propriétaire d’une boutique de munitions située aux abords du centre commercial et qui est, lui aussi bien sûr, assiégé par une meute de morts-vivants affamés!

Special Report : We Interrupt This Program !
Autre segment tourné par Snyder mettant en scène la retransmission télévisée d’un bulletin spécial sur les ravages provoqués par l’invasion des morts-vivants.

Undead Scenes
Collection de quelques séquences retranchées, non seulement de la version théatrale, mais aussi du montage original du réalisateur. Comprend un commentaire optionnel de Zack Snyder et du producteur Eric Newman.

Audio Commentary
Piste de commentaire enregistrée conjointement par le réalisateur Zack Snyder et le producteur Eric Newman. Dans une atmosphère très décontractée, Snyder et Newman déballent une foule d’anecdotes, parfois cocasses, sur le tournage du film agrémenté de quelques réflexions sur plusieurs aspects entourant l’élaboration et la conception de DAWN OF THE DEAD.

Ceux faisant l’achat de l’édition du montage du réalisateur (la présente ici critiquée) pourront visionner aussi les suppléments suivants :

Raising The Dead
Petite vignette nous montrant les maquilleurs de l’équipe de David Leroy Anderson s’affairant sur la multitude de figurants ayant composé cette véritable armée de zombies que l’on peut admirer dans le résultat final.

Attack Of The Living Dead
David Leroy Anderson nous dévoile quelques secrets sur quelques trucs et astuces utilisés pour les besoins de quelques séquences spécifiques du film.

Splitting Headaches : Anatomy Of Exploding Heads
Petit segment informatif rendant hommage au travail de l’équipe des effets spéciaux, s’étant fait une spécialité des « exploding heads », autrement dit ces nombreuses caboches de morts-vivants que l’on peut voir éclater sous l’impact de différents projectiles, et ce à de nombreuses reprises pendant le déroulement de l’intrigue.

Prenez note que les deux éditions offrent aussi quelques suppléments disponibles en format DVD-ROM. L’absence d’un véritable « making-of » du film provoque néanmoins un certain sentiment de vide et consiste en la seule véritable fausse note en ce qui concerne les composantes de ces éditions.

Évidemment, DAWN OF THE DEAD n’est pas le chef-d’œuvre de l’année et n’a pas l’impact de son modèle original, mais si on est disposé à laisser son cerveau au vestiaire, on peut se prendre au jeu de ce film qui, finalement, tiens plus d’un film d’action que d’un véritable film d’épouvantable. Il n’en est pas moins efficace et saura sûrement satisfaire tous les « gore freaks » faisant partie de nos lecteurs.

Studio éditeur : Universal
Date de sortie : 26 octobre 2004

Film : 3,5/5
Image : 4,5/5
Son VO : 4,5/5
Son VF : 3,5/5
Bonus : 4/5



Marc Lespérance
marcl@dvdquebec.com

Mercredi 3 Novembre 2004


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