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Vendredi 3 Septembre 2010
20:31

CORPSE BRIDE (LA MARIÉE CADAVÉRIQUE), DVD zone 1

Plus de dix ans après nous avoir offert un aperçu de son imagination en créant le magnifique The Nightmare before Christmas, Tim Burton revient au domaine de l'animation en visitant cette fois-ci la vie après la mort dans CORPSE BRIDE.



CORPSE BRIDE (LA MARIÉE CADAVÉRIQUE), le DVD zone 1
CORPSE BRIDE (LA MARIÉE CADAVÉRIQUE), le DVD zone 1
Dans un petit village européen, un mariage se prépare entre le jeune Victor Van Dort, fils de riches poissonniers (à qui Johnny Depp prête sa voix), et la délicate Victoria Everglot (Emily Watson), issue d'une famille du village au bord de la faillite. Bien qu'ils se connaissent un peu, les deux principaux intéressés ne s'apprêtent pas à unir leurs destinés pour vivre le grand amour, mais bien pour répondre aux souhaits de leurs parents. Au cours de la répétition, Victor réussit à passer quelques moments avec Victoria et réalise qu'elle est une femme très gentille et que ce mariage forcé ne sera peut-être pas si mal. Malheureusement, sa grande nervosité prend le dessus et le jeune homme commet une série de gaffes, puis quitte la salle en coup de vent. Désespéré, Victor erre dans les bois en tentant de réciter correctement ses voeux de mariage... près d'un vieux tronc d'arbre. Lorsqu'il réussit enfin à livrer toutes ses lignes sans fautes, il place la bague destinée à Victoria sur une branche d'arbre qui deviendra la main d'une jeune mariée décédée qui gisait sous l'arbre. Cette mariée cadavérique transporte immédiatement Victor dans le monde des morts pour passer le reste de ses jours auprès d'elle.

Tim Burton a toujours eu un faible pour l'animation « Stop-Motion » et l'on retrouve cette technique avec plaisir dans ce nouveau film. Une de ses premières réalisations, le court-métrage Vincent (1982), utilisait déjà cette méthode. Par la suite, son premier grand succès, Beetlejuice (1988), contenait plusieurs séquences d'animation de ce style et a pavé le chemin pour la création d'un premier long-métrage d'animation complet, The Nightmare before Christmas (1993) et, bien qu'il n'ait pas réalisé ce film, Burton fût très impliqué au niveau de la création des personnages et de l'histoire. Au fil des années, le réalisateur, reconnu pour son imagination très fertile, réalisa plusieurs films reconnus par le public et les critiques (Ed Wood (1994), Sleepy Hollow (1999) et Big Fish (2003)). Malgré ces succès, il garda toujours un oeil ouvert pour un sujet intéressant qui se prêterait bien au « Stop-Motion ». En entendant parler d'une vieille légende européenne parlant d'un homme qui épousait un cadavre par erreur, l'imagination de Burton s'enflamma et il réussit à mettre une équipe en place pour réaliser ce projet lui-même cette fois-ci, en collaboration avec Mike Johnson.

Les projets utilisant cette vieille technique d'animation sont de plus en plus rares, surtout avec l'avènement des films d'animation créés par ordinateur. La production d'un film en « Stop-Motion » est un processus très laborieux puisque tous les décors et marionnettes doivent premièrement être construits physiquement. Par la suite, tous les éléments de chaque scène doivent être placés de façon précise par un animateur avant de prendre une photo. Les éléments sont ensuite « quelque peu » bougés pour la prochaine photo. Comme chaque seconde contient vingt-quatre images, on parle donc de près de 110 000 photos pour un film de 77 minutes. Malgré ces obstacles, le résultat tel qu'on le voit ici vaut largement les efforts. Chaque séquence bénéficie d'un grand réalisme puisque les décors et tous les personnages sont réels. La technologie est bien sûr présente sur ce film mais est au service de la technique « Stop-Motion » de Burton, grâce à des caméras numériques programmées pour apporter une fluidité étonnante lors de travellings complexes. De plus, les éclairages sont beaucoup plus intéressants puisque ce sont de vraies lumières et non des effets calculés par ordinateurs qui semblent souvent un peu statiques.

Comme tout film d'animation, les acteurs qui prêtent leurs voix aux personnages ajoutent la touche finale de réalisme et d'émotion aux images. Armé d'un budget modeste, Tim Burton a contacté une panoplie d'acteurs avec qui il avait déjà travaillé et les a convaincus de participer à ce projet malgré les cachets réduits. Nous retrouvons donc Johnny Depp (Vincent), Helena Bonham Carter (la mariée cadavérique), Emily Watson (Victoria), Albert Finney, Christopher Lee et plusieurs autres qui offrent tous des performances crédibles qui collent très bien aux personnages.

L'image du film reprend l'aspect 1.85:1 de sa sortie en salles sur ce transfert anamorphosé (16:9) qui est pratiquement irréprochable (une édition plein écran 1.33:1 est aussi disponible à la vente). Les noirs et séquences sombres sont bien définis et très précis. On ne note aucun problème numérique de compression ou de suraccentuation des contours. Du côté des couleurs, les tons gris et monotones du monde des vivants sortent très bien et les tons flamboyants du monde de la mort sont tout aussi resplendissants.

La courte durée du film permet d'avoir droit à des pistes sonores Dolby Digital 5.1 en anglais, français (doublé au Québec) et en espagnol. Par contre, les enceintes arrière sont sous-utilisées alors que la majorité des dialogues se concentrent sur les enceintes avant et que la musique est souvent très discrète en arrière-plan. Le caisson de basses, canal .1 (LFE), est également absent durant la majorité du film. La piste française souffre évidemment des mêmes limites que la piste originale. Bien que les voix sélectionnées pour doubler les personnages sont justes, elles ne collent pas toutes aussi bien aux chansons qui sont parsemées au cours de l'histoire. Des sous-titres anglais, français et espagnols accompagnent, au besoin, le visionnement.

Pour une production avec un budget modeste, la section des suppléments est tout de même bien garnie et nous permet d'apprécier le travail de moine qui est exécuté pour réaliser un tel film. Le seul supplément que l’on déplore l’absence est un commentaire audio. Des sous-titres anglais et français sont aussi disponibles avec ces bonus.

Inside the Two Worlds, 4 minutes
Une description des deux mondes principaux que l'on retrouve dans CORPSE BRIDE, soit le monde des vivants et le monde des morts. On parle beaucoup des décisions artistiques qui ont mené à l'aspect visuel particulier de chaque univers et à la lourde tâche de créer une multitude de personnages pour peupler chaque monde.

Danny Elfman interprets the Two Worlds, 5 minutes
Partenaire musical habituel de Tim Burton depuis leur travail sur Pee-Wee's Big Adventure (1985), Danny Elfman, en musique, crée toujours des atmosphères qui se marient bien aux images sombres et étranges du réalisateur. Le compositeur parle de ses inspirations pour la trame sonore, de ses méthodes de travail et de sa participation vocale au film puisqu'il interprète le squelette Bonejangles dans un des numéros musicaux.

The animators: The breath of life, 6 minutes
Ce reportage explore la grande patience et minutie des animateurs qui donnent la vie aux marionnettes du film. Il est impressionnant de voir le tout le travail qui est impliqué dans quelques séquences en accéléré où l'on voit les animateurs effectuer une longue répétition d'aller venue entre les marionnettes et leurs caméras. On y apprend également que CORPSE BRIDE est le premier film d'animation « Stop-Motion » à utiliser des caméras numériques, ce qui a aidé à accélérer le tournage et à donner un résultat encore plus saisissant.

Tim Burton: Dark vs. Light, 3 minutes
Plusieurs acteurs et membres de l'équipe créatrice parlent de la grande imagination du réalisateur Tim Burton et du plaisir de travailler avec lui.

Voices from the Underground, 6 minutes
Tous les acteurs nous sont présentés par le co-réalisateur Mike Johnson et nous parlent ensuite de leurs expériences lors de l'enregistrement des dialogues. On mentionne souvent que ce type de performance est beaucoup plus pur puisque l'acteur n'a pas à se soucier des costumes, de ses actions ou de ses déplacements au travers des décors. Pour plusieurs d'entre eux, CORPSE BRIDE était une première expérience de doublage pour ce type de création.

Making Puppets Tick, 6 minutes
Une section bien intéressante où l'on nous montre comment les marionnettes ont été construites. Pour permettre de créer une grande multitude d'expressions faciales, on a utilisé des têtes contenant des engrenages qui peuvent être manipulés par les animateurs au lieu de remplacer la tête des marionnettes entre chaque prise de photo comme dans The Nightmare before Christmas. On nous montre également différentes techniques utilisées pour déplacer les personnages de façon fluide et réaliser certaines séquences difficiles. La physiologie des marionnettes, avec leurs grosses têtes, rend leur conception bien difficile pour les artisans.

The Voices Behind the Voices, 7 minutes
Cette section contient plusieurs séquences du film présentées en parallèle avec l'enregistrement des voix des personnages qu'on y retrouve. On voit à quelques occasions le réalisateur Burton présent dans la salle d'enregistrement et réagissant aux performances des acteurs.

The Corpse Bride Preproduction Galleries, 12 minutes
Cette dernière section contient les tests d'animation des personnages principaux et les différentes étapes de construction des marionnettes. Le tout est accompagné de musique de la trame sonore du film.

On retrouve finalement la bande-annonce et une piste sonore qui ne contient que la musique de Danny Elfman.

Ayant toujours eu un faible pour les films d'animation en « Stop-Motion », j'ai adoré CORPSE BRIDE. Il est un peu dommage que le film soit si court. Sa présentation sur DVD est bien rendue et bien complétée par des suppléments qui sont très intéressants. Il ne reste plus qu'à espérer que ce film, ayant connu un bon succès en salles, incite d'autres réalisateurs ou studios à s'impliquer dans cette forme d'art.

Studio éditeur : Warner
Date de sortie : 31 janvier 2006

Film : 4/5
Image : 5/5
Son VO : 3/5
Son VF : 3/5
Bonus : 3,5/5



Yannick Lefebvre
yannick@dvdquebec.com

Mardi 21 Mars 2006


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