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Vendredi 3 Septembre 2010
20:51

CHRISTINE (Édition Spéciale) (1983), le DVD zone 1

Les œuvres du romancier Stephen King font fréquemment le bonheur (ou le malheur) des artisans du septième art. Tantôt des réussites, tantôt des déceptions, les écrits du maître du fantastique sont reproduits, année après année, sur celluloïd. Après quelques réussites comme CARRIE (Brian De Palma, 1976), SALEM’S LOT (Tobe Hooper, 1979) et SHINING (Stanley Kubrick, 1980), il ne manquait plus que la réunion que plusieurs amateurs attendaient, celle avec le maître de l’horreur sur grand écran, le dernier Bad Boy de Hollywood, et j’ai nommé John Carpenter (HALLOWEEN, THE FOG, THE THING). Le résultat de cette sulfureuse fusion s’intitule CHRISTINE.



CHRISTINE (SPECIAL EDITION) (1983), le DVD zone 1
CHRISTINE (SPECIAL EDITION) (1983), le DVD zone 1
Elle s’appelle Christine et elle fait fondre le cœur de ses prétendants. Mais ses courbes gracieuses et sa beauté ténébreuse cache un lourd secret. Christine est une voiture pas comme les autres. En fait, cette Plymouth Fury 1958 rouge vermeil est habitée par un esprit maléfique qui se manifeste dès sa naissance sur une chaîne de montage à Détroit. Quelques vingt ans plus tard, elle rencontre Arnie Cunningham (Keith Gordon) sur son chemin. Jeune adolescent chétif et studieux de 17 ans, Arnie est la cible constante des moqueries de ses camarades de collège et ne peut compter que sur l’aide de Dennis Guilder (John Stockwell), son seul copain, pour le sortir de plusieurs mauvais pas. Arnie est immédiatement séduit par le charme suranné de la vieille voiture, même si celle-ci n’est pas sous son meilleur jour. Après avoir pris possession de l’engin, ce dernier multiplie les efforts pour remettre la voiture en état. De plus, son allure et son comportement semblent changer au fur et à mesure que Christine revient à son état initial. D’adolescent timide, Arnie est transformé en jeune homme crâneur, arrogant et sûr de lui, mais doublé aussi d’un tempérament belliqueux, au grand dam de Dennis et de ses parents. Christine, quant à elle, se charge des indésirables se trouvant sur leur chemin. Mais quand Arnie fait la conquête de Leigh Cabot (Alexandra Paul), jeune fille convoitée par plusieurs garçons du collège, Christine, dont l’appétit vorace exige un amour et un dévouement inconditionnel, ne l’entend pas du même œil. Ainsi donc, l’entourage d’Arnie l’apprendra à ses dépens…

CHRISTINE est un roman suivant un schéma familier dans l’univers de Stephen King. Comme à son habitude, King nous propose un thème fantastique transposé dans le petit quotidien de « l’american way of life ». Ainsi donc, le grand Stephen se penche, avec CHRISTINE, sur le volet obsessionnel des (mâles) américains pour les grosses bagnoles rutilantes et pétaradantes. Pas évident cependant de transposer l’histoire d’un tacot hanté à l’écran, d’autant plus que King récupérait déjà certains éléments déjà présents dans quelques-uns de ses romans précédents. Le personnage de l’adolescent timide brimé par ses camarades nous ramène déjà au personnage principal de CARRIE tandis que la transformation physique et psychologique d’Arnie résultant de son envoûtement pour sa bagnole chérie se doit d’être fortement inspiré du personnage de Jack Torrance dans SHINING. Sans être mauvaise, CHRISTINE s’avère donc une œuvre assez routinière dans le parcours de King.

À l’époque de la sortie de CHRISTINE en salle, le réalisateur John Carpenter jouissait déjà d’une réputation enviable dans le petit monde de l’horreur et du fantastique au cinéma. Aussi loin qu’en 1970, il fut récipiendaire d’un Oscar pour un court-métrage intitulé THE RESURRECTION OF BRONCO BILLY. Par la suite, pendant ses études universitaires, il met en scène DARK STAR (1974), un petit film amateur parodiant le 2001 de Stanley Kubrick, écrit et interprété par le scénariste Dan O’Bannon (ALIEN, TOTAL RECALL). Le succès du film dans les milieux universitaires est tel qu’il est acheté par un distributeur et gonflé en 35 mm pour une sortie en salle. Suite à ce succès d’estime, Carpenter est enfin disposé à réaliser son premier vrai long-métrage : ASSAULT ON PRECINCT 13 (1976). Ce sympathique petit thriller plein d’énergie et de suspense qui se veut une subtile relecture du fameux RIO BRAVO (1959) de Howard Hawks, cinéaste fétiche de Carpenter, témoigne déjà du talent et de la virtuosité de notre homme à la mise en scène.

Carpenter s’imposera finalement avec ce qui est considéré comme l’œuvre charnière de sa carrière, en l’occurrence HALLOWEEN (1978), qui n’a plus besoin de présentation. L’odyssée meurtrière de Michael Myers engendrera des recettes phénoménales au box-office, atteignant même un record pour une production indépendante. Record qui ne sera battu que seize ans plus tard par PULP FICTION (1994) de Quentin Tarantino. Un succès qui se fera au détriment même du cinéaste. HALLOWEEN, film sensé, engendrera, après deux opus acceptables écrits et produits par Carpenter (HALLOWEEN II, HALLOWEEN III : SEASON OF THE WITCH), une série de suites opportunistes toutes aussi débiles les unes que les autres. Il subit ensuite un échec immérité avec le superbe THE FOG (1979), histoire de marins fantômes dont certains aspects semblent inspirés du RIME OF THE ANCIENT MARINER de Coleridge. Il renoue cependant avec le succès grâce à ESCAPE FROM NEW YORK (1981), deuxième de ses cinq collaborations avec l’acteur Kurt Russell (après ELVIS, biographie télévisée du King) et premier tome des désormais célèbres aventures de Snake Plissken, situé dans un New York futuriste dont l’île de Manhattan est transformé en pénitencier à sécurité maximum. Carpenter y démontre déjà un certain penchant pour la gauche assez mal vu dans le Hollywood des années reaganiennes en dépeignant une société américaine tendant vers le fascisme. Il fait ensuite son entrée chez les majors américains avec THE THING (1982), remake du célèbre classique de la science-fiction THE THING FROM ANOTHER WORLD (1951), produit par Howard Hawks. Racontant l’invasion d’une créature extra-terrestre polymorphe faisant des ravages dans une station polaire située au beau milieu de l’Antarctique, THE THING confirme chez Carpenter un goût avoué pour les univers glauques et claustrophobiques. THE THING eut cependant la malchance de sortir en salle peu après le fameux E.T. de Spielberg, qui fit du petit laideron de l’espace une véritable icône chez le public. Les gentilles créatures des étoiles étant maintenant au goût du jour, l’accueil réservé à THE THING fut plutôt tiède. Ainsi, on voyait plutôt d’un mauvais œil ce récit apocalyptique mettant en scène un extra-terrestre belliqueux. Il se voit dès lors affublé d’un autre échec avec un de ses meilleurs films, et il a fallu attendre quelques années où, grâce au culte voué par une légion d’admirateurs assidus, particulièrement en France où Carpenter est presque élevé au rang de divinité, pour que THE THING acquiert finalement le statut qui lui est dû.

Tourné à la suite de THE THING alors que Carpenter avait besoin de se refaire une santé avec un nouveau succès, CHRISTINE est construit autour d’une idée de base pouvant facilement tomber dans le ridicule sur grand écran, comme en témoigne le sympathique quoique désopilant THE CAR (Elliot Silverstein, 1977) sur un sujet similaire. De plus, King faisant souvent dans la quantité et étoffant ses personnages au maximum, le matériel du roman original s’avérait imposant. Cependant, Carpenter et le scénariste Bill Phillips relèvent le défi tout simplement en ne se prenant pas trop au sérieux et en adoptant un point de vue légèrement ironique et dérisoire face au sujet. Une attitude qui est certes déplorable chez les inconditionnels de l’écrivain mais qui s’avéra en tout point idéale pour cette adaptation. CHRISTINE se veut aussi une métaphore sur l’éveil d’un adolescent à la sexualité. Sans petite amie et semblant complètement asexué au départ, le personnage d’Arnie trouvera son premier véritable amour en Christine, sa voiture adorée. C’est par le biais aussi de l’amour obsessionnel pour sa voiture qu’il éprouvera ses désirs les plus puissants et qu’il finira par assumer complètement sa masculinité. Ce thème est ici évoqué de belle façon grâce à quelques passages révélateurs où Arnie cajole et admire son engin d’un air résolument lubrique. Carpenter profite d’ailleurs de ces quelques occasions pour jeter ici et là quelques petits clins d’œil au film noir, Christine faisant figure ici de « femme fatale ».

Immanquablement, certains passages et éléments du roman furent d’une part modifiés et d’autre part complètement biffés afin d’épurer le matériel au maximum. Carpenter nous concocte ici un petit thriller fantastique teinté d’un humour noir joyeusement corrosif en multipliant les nombreux clins d’œil cocasses notamment lorsque Christine fait part de ses humeurs par le biais de sa radio diffusant constamment de vieux tubes des années 1950. Par ailleurs, la mise en scène sûre et solide impressionne ici par sa flamboyance. Comme à son habitude, Carpenter démontre ici son habileté à construire d’excellents moments de tension. Il est ici visiblement très à l’aise avec le format panoramique et le jeu de caméras du chef-opérateur Donald M. Morgan (STARMAN) tire profit de toutes ses possibilités ; grâce notamment à des cadrages toujours bien précis, mettant en valeur une excellente et astucieuse utilisation d’effets de profondeur de champ, particulièrement lors des scènes-chocs. Une particularité qui est d’ailleurs la marque de commerce du grand John et qui fait partie intégrante de plusieurs de ses plus belles réussites. Le tout est supporté d’excellente façon par une partition musicale particulièrement terrifiante composée par le maître lui-même. Pour les intéressés, notez que Carpenter, fils d’un professeur de musique, a composé la musique de tous ses films à l’exception de quelques-uns. Ses mélodies simples mais efficaces ne s’oublient pas de sitôt et ont fait époque. Qui ne se souvient pas du sinistre thème principal jumelant piano et synthétiseur composé par Carpenter pour HALLOWEEN ? Je parie que vous le sifflotez déjà !

CHRISTINE doit aussi beaucoup aux effets visuels étonnants concoctés par Roy Arbogast (JAWS, CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND), un habitué des productions Carpenter. Arbogast réussit ici des prouesses techniques étonnantes, notamment lors des séquences de transformation de la voiture (sachez que Christine se régénère d’elle-même après avoir été endommagée) où ce dernier utilise un astucieux système de pompes hydrauliques donnant l’effet voulu lorsque le film est projeté à contre-sens. De plus, comme tout film de bagnoles qui se respecte, la production bénéficie d’exploits particulièrement étonnants de l’équipe de cascadeurs dirigée par le vétéran Terry J. Leonard (APOCALYPSE NOW) qui disposait de cinq voitures de modèle Plymouth Fury 1958 pour le tournage.

Il serait fort déplorable ici d’oublier de souligner la solide performance de la distribution, Keith Gordon (DRESSED TO KILL) en tête. Le jeune Gordon étonne ici en livrant une composition mémorable avec un rôle somme toute difficile et exigeant. En effet, le personnage d’Arnie passe d’adolescent timide à un homme au tempérament maléfique complètement envoûté par l’entité habitant sa voiture. Il est intéressant d’observer comment il joue avec plusieurs registres d’interprétation au gré des transformations de son personnage, en adoptant tout d’abord un jeu intériorisé pour progressivement glisser dans un style plus exubérant et outrancier. Une progression qui est aussi bien suggérée par de subtils changements au niveau physionomique et vestimentaire. Gordon porte littéralement le film sur ses épaules et éclipse ses deux jeunes partenaires, John Stockwell (TOP GUN) et Alexandra Paul (DRAGNET), qui offrent ici tout de même de solides contributions. Même un acteur de composition aguerri comme Harry Dean Stanton (ALIEN; PARIS, TEXAS) se trouve ici quelque peu à l’étroit dans le rôle épisodique de l’inspecteur Junkins. Cependant, CHRISTINE nous gratifie aussi de quelques autres personnages mémorables, comme le garagiste Will Darnell, interprété par Robert Prosky (THIEF) de manière très truculente et colorée, de même que le sinistre George LeBay joué par Roberts Blossom (ESCAPE FROM ALCATRAZ), véritable prophète de malheur qui sera le catalyseur des malheurs d’Arnie en vendant la voiture fatale à ce dernier. Le physique rachitique et les yeux fiévreux de Blossom font ici des merveilles.

CHRISTINE est ici présenté selon les spécifications de sa présentation originale en salle, soit en format panoramique 2.35:1 et encodé ici d’après un transfert anamorphosé (16:9). Le transfert proposé bénéficie d’une belle saturation des couleurs et d’un rendu des contrastes fort satisfaisant reproduisant de belle façon les teintes variées et lumineuses de la photographie. Les noirs sont, quant à eux, d’une belle profondeur lors des séquences nocturnes et à éclairages réduits. Cependant, quelques poussières et points blancs se manifestent à l’image lors du générique d’ouverture. Le problème est cependant rapidement corrigé lors de la séquence suivante. Bref, une nette amélioration comparativement à l’édition précédente déjà disponible dont la piètre qualité du transfert était tout simplement navrante.

Côté audio, cette édition spéciale de CHRISTINE nous donne l’embarras du choix. Nous avons droit tout d’abord à la version originale anglaise par le biais d’une piste en format Dolby Digital 2.0 Surround. Certains amateurs éprouveront ici une certaine déception en remarquant l’absence d’un remixage en format DD 5.1, et je ne pourrai que me ranger à leur avis. En effet, pour une édition qui se veut spéciale, il y a très peu à se mettre sous la dent ici avec cette piste qui offre un environnement sonore tout juste acceptable vu les limites du format, où tous les effets sont concentrés sur les canaux avant et où le niveau des basses (avec l’absence du canal .1 (LFE) dédié) manque un peu de tonus. Cependant, cette piste jouit d’un balancement gauche/droit satisfaisant et les dialogues, toujours bien audibles au demeurant, se marient très bien avec le reste du paysage composé par les effets sonores et la partition musicale. Ensuite nous avons droit à la version française (doublage produit en France) offerte aussi en format Dolby Digital 2.0 Surround. Elle s’avère nettement inférieure à la version originale par son manque de vigueur et sa presque totale absence d’ambiophonie. Des pistes en langue portugaise et espagnole, toutes deux de format Dolby Digital 1.0 Mono, sont aussi offertes en option et, comme c’est fréquemment le cas chez l’éditeur Columbia Tristar, une quantité abracadabrante de sous-titres est offerte. Ainsi donc, en plus des sous-titres anglais, français, espagnols et portugais, nous avons aussi droit, tenez-vous bien, à des sous titres... en langue chinoise et thaï. Étonnant, tout de même, pour une édition s’adressant au marché nord-américain. Enfin...

Ne suivant malheureusement pas l’exemple de la Warner, les concepteurs de cette édition ont cru bon de remplacer la magnifique affiche originale du film (ornant le boîtier de l’édition précédente) par une horrible nouvelle jaquette digne d’une série Z quelconque ornant les tablettes d’un quelconque Super Club Vidéotron. Dommage, car cette édition reste toutefois très intéressante en proposant une petite brochette de suppléments juteux que voici :

Commentaire audio du réalisateur John Carpenter et de l’acteur/réalisateur Keith Gordon
Enregistrée conjointement par les deux intervenants, cette piste de commentaire s’avère très agréable à l’écoute, grâce notamment à l’évidente complicité entre Carpenter et Gordon. Ainsi Carpenter et Gordon partagent quelques souvenirs et anecdotes de l’époque du tournage et de plus, grâce à quelques judicieuses questions de Gordon, maintenant lui-même réalisateur (A MIDNIGHT CLEAR, MOTHER NIGHT), Carpenter nous explique en détail certains éléments relatifs à tous les aspects de la création de ce film. Jouant le jeu avec un plaisir évident, Carpenter renvoie la balle à Gordon où ce dernier est amené à s’expliquer sur les motivations entourant sa décision d’abandonner le métier d’acteur pour celui de réalisateur.

Christine : Ignition
Christine: Fast And Furious
Christine: Finish Line

Produit par le célèbre documentariste Laurent Bouzereau, ce making-of en trois parties explore toutes les facettes de la création de cette célèbre adaptation du roman de Stephen King. De la genèse du projet jusqu’au réactions engendrées à la sortie du film en salle et en passant par le tournage proprement dit. Comprend diverses interventions par le réalisateur John Carpenter, le producteur Richard Kobritz, les acteurs Keith Gordon, John Stockwell et Alexandra Paul, de même que quelques artisans ayant participé au processus créatif. Pour les friands d’anecdotes, notez que John Stockwell a suivi l’exemple de son partenaire Keith Gordon et est lui-même devenu cinéaste à plein temps, ayant signé, entre autres, la réalisation du plus que douteux BLUE CRUSH (2003), ayant connu un certain succès en salle.

Deleted Scenes
Une quantité impressionnante de vingt scènes initialement coupées au montage sont ici disponibles pour le plus grand plaisir des amateurs.

Filmographies
Quelques fiches informatives sur le réalisateur John Carpenter, le romancier Stephen King, le scénariste Bill Phillips et quelques membres de la distribution.

Previews
La bande-annonce originale du film brillant ici par son absence, nous avons plutôt droit à quelques bandes-annonces de titres de l’éditeur Columbia Tristar : ASYLUM OF THE DAMNED, HELLBOY, SECRET WINDOW et STEPHEN KING PRESENTS KINGDOM HOSPITAL.

Cette édition spéciale de CHRISTINE comporte son petit lot de déceptions mais s’avère tout de même un achat incontournable pour tous les amateurs inconditionnels de ce cinéaste sans pareil, dont le style particulier a laissé sa marque dans le paysage cinématographique hollywoodien, et cela bien malgré lui ; Carpenter étant doté d’un tempérament radicalement marginal lui ayant valu quelques belles prises de bec avec les grands studios. Il n’en reste pas moins que John Carpenter est fait du moule qui font les grands réalisateurs, malgré ce qu’en disent ses détracteurs, et CHRISTINE n’en est qu’un des nombreux exemples.

Studio éditeur : Columbia Tristar
Date de sortie : 28 septembre 2004

Film : 4/5
Image : 4/5
Son VO : 3/5
Son VF : 2/5
Bonus : 3,5/5



Marc Lespérance
marcl@dvdquebec.com

Jeudi 7 Octobre 2004


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