BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA (1974), le DVD zone 1Un riche propriétaire terrien mexicain offre une récompense d’un million de dollars à quiconque lui ramènera la tête de l’homme qui a déshonoré sa fille…
BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA (1974), le DVD zone 1
«Bloody Sam» dans la tourmente.
L’année 1973 marqua pour Sam Peckinpah le début d’une longue et douloureuse descente aux enfers dont il ne parvint jamais totalement à infléchir la trajectoire vertigineuse. Son dernier film en date, «Pat Garrett and Billy the Kid» avait été, comme de coutume, le théâtre de violents affrontements entre le réalisateur et les cadres exécutifs du studio MGM chargés d’en assurer la production. Le tournage de ce qui devait être l’ultime western de Sam Peckinpah avait été une expérience proprement cauchemardesque pour toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans le projet. La ville de Durango, qui devait être le théâtre de l’essentiel des prises de vue, avait été en permanence balayée par de violentes tempêtes de vent. À cette occasion, la poussière de silice presque impalpable omniprésente dans cette région désertique du Mexique s’était insinuée absolument partout, et ce jusqu’au cœur même du mécanisme délicat des caméras où elle avait causé pannes et dysfonctionnements à répétition. De plus, ces terribles bourrasques avaient dispersé tous azimuts des nuages de fines particules de sable mêlé à de microscopiques scories de crottin de cheval dont l’inhalation avait provoqué chez de nombreux membres de l’équipe (le réalisateur inclus) de très sévères cas d’infections pulmonaires chroniques. Succédant aux tempêtes de sable, de véritables trombes d’eau étaient ensuite venue s’abattre sur Durango tandis qu’une foudroyante épidémie d’influenza venait mettre sur le flanc une bonne partie de l’équipe technique. Comme si tout cela ne suffisait pas, le comportement de Sam Peckinpah était devenu au fil des jours de plus en plus erratique. Généralement ivre mort après à peine quatre heures de tournage, il devenait alors totalement incontrôlable, tirant des coups de feu en l’air, congédiant à la chaîne techniciens et figurants (dont son ex-épouse, l’infortunée Begonia Palacio) ou retournant l’après-midi des séquences entières qu’il avait oubliées avoir filmées le matin même. Si, jusqu'à présent, Sam Peckinpah avait réussi à tenir son problème de dépendance alcoolique à distance de sa vie professionnelle, ce statu quo devait à présent être définitivement considéré comme caduc. Terminé avec plus de vingt et un jours de retard sur le plan de travail et un dépassement de budget de plus de 1.6 million de dollars, «Pat Garrett and Billy the Kid» devint très rapidement l’objet d’une lutte de pouvoir sans merci entre le réalisateur maverick et James Aubrey, l’un des membres les plus influents du staff de la MGM. Surnommé par ses plus proches collaborateurs «The Smiling Cobra», ce diplômé de l’université de Princetown, ancien cadre de CBS passé à la MGM en 1959 se distinguait tout particulièrement dans ses fonctions par une péremptoire arrogance qui, conjuguée à une ignorance abyssale pour tout ce qui touchait de prés comme de loin au domaine artistique, le poussait à commettre à intervalles réguliers de brutaux actes d’ingérence dans les prérogatives exclusives des metteurs en scène dont il produisait les films. C’est ainsi que l’année précédente, il s’était purement et simplement emparé du dernier film de Blake Edwards «The Carrey Treatment» afin de le remanier à son idée, offrant par la même occasion à la MGM un de ses bides financiers les plus saignants. Avant même que ne débute le tournage de «Pat Garrett and Billy the Kid, Sam Peckinpah et James Aubrey étaient déjà à couteaux tirés. Le producteur avait immédiatement pris en grippe les manières de satrape du réalisateur, tandis que ce dernier ne faisait pas grand mystère du mépris total qu’il affichait pour ce technocrate borné et égocentrique. Si Sam Peckinpah gagna haut la main la première manche qui l’opposait à son adversaire en compensant par des dépassements de budget sauvages les multiples coupes financières que James Aubrey avait arbitrairement imposées à son film, il fut malheureusement sonné pour le compte à la fin de la seconde reprise quand, faisant fi des engagements contractuels qui liaient la MGM et le réalisateur, «The smiling Cobra» ordonna la saisie du Director’s Cut de «Pat Garrett and Billy the Kid» afin d’en altérer le montage. Comme pour ajouter l’insulte à l’injure, il poussa même le cynisme jusqu'à charger les monteurs attitrés de Sam Peckinpah de se livrer à cette basse besogne. Si quelques irréductibles membres de l’équipe technique, restés fidèles envers et contre tout à Bloody Sam n’avaient audacieusement réussi à dérober au sein des studios une copie complète de la version originale de «Pat Garrett and Billy the Kid», ne subsisterait plus à présent que l’atroce mouture défigurée par les pontes de la MGM. Ironiquement, ainsi charcuté, le film qui devait permettre au studio de se sortir de sa situation pécuniaire inconfortable se transforma en véritable gouffre financier qui engloutit corps et âme la MGM. La firme au lion fut, peu de temps après, contrainte de déposer son bilan, envoyant par la même occasion James Aubrey pointer au bureau de chômage. Apprenant la nouvelle de la disgrâce de son ennemi juré, Sam Peckinpah déclara laconiquement : «J’aurai au moins servi à quelque chose dans ce bas monde….» Mais, en dépit de ce cynisme de façade, le réalisateur venait d’encaisser la troisième et probablement à ses yeux la plus amère de ses défaites face à l’establishment Hollywoodien. En effet, l’antagonisme qui faisait rage entre le réalisateur rebelle et les exécutifs des différentes majors californiennes ne remontait pourtant pas à hier. Déjà, près de dix ans auparavant, le second film de Sam Peckinpah, «Major Dundee», avait connu un sort similaire et, après être passé sous les fourches caudines des pontes de la Columbia (et en particulier de Jerry Bressler), s’était vu amputé de prés de vingt-sept minutes et remonté de façon absolument incohérente. Bien entendu, le film ainsi défiguré avait fait un véritable flop au box-office. Quelques années plus tard, ce fut au tour de son chef d’œuvre, «The Wild Bunch», de subir les coupes arbitraires décidées par producteur Phil Feldman. Fort heureusement, même en dépit des sordides tripatouillages exigés par les marchands de tapis de la «Warner Bros», «The Wild Bunch» demeurait un film flamboyant et sans concession qui connut par le monde un succès retentissant. Malheureusement, les problèmes auxquels Bloody Sam avait à faire face en ce début des années soixante-dix débordaient largement le cadre de sa vie professionnelle. Le parfum de scandale entourant le comportement totalement irresponsable du réalisateur durant le tournage de «Pat Garrett and Billy the Kid» ajouté au désastre commercial et critique du film avait fait en sorte que Sam Peckinpah se retrouve rapidement en toute première position de la liste des metteurs en scène jugés potentiellement indésirables par la plupart des majors companies ainsi que par la grosse majorité des vedettes du grand écran (Charles Bronson refusa ainsi catégoriquement de travailler avec lui sous prétexte qu’il ne désirait pas être dirigé par un ivrogne….). À cela s’ajoutait également des problèmes d’ordre familiaux, pour la plupart conséquence directe de sa surconsommation de boissons affichant un fort taux d’octane. Son mariage avec Joie Gould (qui avait été son assistante sur «The Getaway») s’était soldé par un nouveau divorce et sa tentative de renouer une idylle avec sa seconde femme, la volcanique Begonia Palacio (qu’il avait épousée et dont il avait divorcé à trois reprises en moins de dix ans) s’était rapidement dissoute dans la brume alcoolisée qui avait nimbé tout le tournage de «Pat Garrett and Billy the Kid».
S’étant toujours politiquement défini comme un anarchiste nihiliste (cette déclaration deviendra d’ailleurs quelques années plus tard le credo du personnage de Bernie Osterman dans «The Osterman Week end»), Sam Peckinpah tolérait également de plus en plus difficilement l’atmosphère délétère entourant la fin de règne de Sa Majesté Richard Milhouse Nixon. Déjà, depuis juin 1972, les différentes ramifications de l’affaire du Watergate empoisonnaient la vie politique américaine et Sam Peckinpah, adversaire acharné de Nixon depuis près d’une décennie, ne supportait plus de voir son pays livré aux appétits d’un escroc notoire qu’une bonne partie de l’opinion publique américaine ne désignait d’ailleurs plus que sous le sobriquet de «Tricky Dick» (Dick l’embrouille). Mais ce furent surtout les conséquences du procès du lieutenant Calley qui mirent à son comble la défiance de Bloody Sam pour les institutions de son pays.
Militaire de carrière, William Calley était en charge de la onzième brigade de la division Americal lorsque le 16 mars 1968, il donna à ses troupes l’ordre de mettre à sac le petit village sud-vietnamien de My Lai. Cette opération, qui sera plus tard connue sous le nom de «Massacre de My Lai», fit près de cinq cents victimes, pour la plupart des vieillards des femmes et des enfants. Quelque peu embarrassé par ce peu glorieux épisode de la guerre du Vietnam, le haut commandement militaire tenta désespérément de le soustraire à l’attention du grand public jusqu'à ce qu’un simple soldat, Ronald Ridenbourg décide envers et contre tous d’aller témoigner de l’horreur du massacre de My Lai jusque devant la cour martiale. Tenu pour responsable des faits (en dépit de ses allégations d’avoir agit sur ordre express de sa hiérarchie), le lieutenant Calley fut condamné à la prison à vie pour ensuite être libéré en 1974 après avoir obtenu le pardon inconditionnel du président Nixon. Définitivement écœuré par l’attitude de la classe politique toute entière et par l’apathie de l’opinion publique dans le déroulement de l’affaire Calley, Sam Peckinpah prit la décision quitter définitivement les États-Unis et entreprit de requérir la citoyenneté mexicaine. C’est alors que la tête d’Alfredo Garcia refit son apparition dans la vie du réalisateur. L’idée de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA était née durant le tournage de «The Ballad of Cable Hogue» sous la plume de Frank Kowalski, un ami et collaborateur de longue date du réalisateur (il avait déjà cumulé les tâches de superviseur du scénario et de metteur en scène deuxième équipe sur, entre autres, «Junior Bonner»). Le point de départ (un ponte de la mafia offre un million de dollars à celui qui lui ramènera la tête de l’homme qui l’a trahi…) enthousiasma immédiatement Sam Peckinpah qui rédigea, en collaboration avec Frank Kowalski, un premier traitement du scénario condensant en vingt-neuf pages l’essentiel de l’intrigue. Cet embryon de synopsis fut ensuite confié à Walter Kelley, un autre collaborateur du metteur en scène (il avait été dialogue director sur «Pat Garrett and Billy the Kid» en plus de tenir un petit rôle dans le film) afin qu’il le développe plus avant. De peine et de misère, Walter Kelley réussit au fil des mois à rédiger la première moitié du script définitif de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA avant de définitivement jeter l’éponge, victime d’une panne d’inspiration. C’est donc que juste après le désastre de «Pat Garrett and Billy the Kid» que Sam Peckinpah récupéra cette moitié de scénario. Utilisant comme à son habitude le travail comme ultime dérivatif à ses problèmes, le réalisateur se jeta à corps perdu dans l’écriture, assisté de son vieux complice Gordon Dawson. Gordon Dawson avait débuté auprès de Sam Peckinpah en 1965 alors qu’il était en charge des costumes sur «Major Dundee» (il avait également la même année rédigé le script d’un épisode de la série télévisée «Bonanza»). Fermement décidé à s’en tenir à l’écriture, il avait pourtant, sous l’amicale (mais ferme) pression de Sam Peckinpah, rempilé dans le chiffon pour «The Wild Bunch». Bloody Sam lui avait ensuite confié à plusieurs reprises les fonctions de metteur en scène deuxième équipe notamment sur «The Getaway» et «Patt Garrett and Billy the Kid». En un temps record, les deux hommes bouclèrent les cent cinq pages constituant le script définitif de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA. Désireux de s’éloigner aussi vite que possible des États-Unis, Sam Peckinpah prit la décision de transposer la totalité de l’action dans la région de Mexico, et pour ce faire, transforma le parrain maffieux de la version originale de l’histoire par un baron du crime mexicain nommé El Jefe. C’est à Martin Baum que Sam Peckinpah décida de soumettre en priorité l’épreuve définitive du scénario de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA. Cet ancien exécutif de la compagnie ABC (American Broadcasting Company) Pictures avec lequel le réalisateur avait collaboré sur le tournage de «Straw Dogs» et de «Junior Bonner» venait depuis peu de fonder sa propre compagnie de production en association avec le comédien Helmut Dantine au sein du studio United Artists. Emballé par l’idée de travailler une fois de plus avec Sam Peckinpah, Martin Baum accepta d’investir dans le projet la totalité des 1.5 million de dollars nécessaires à la production du film. Sam Peckinpah, comme de coutume, décida très rapidement de s’entourer de son équipe habituelle de comédiens. On retrouve donc dans BRING THE HEAD OF ALFREDO GARCIA une bonne partie du versant mexicain de la distribution de «The Wild Bunch» dont Jorge Russek (également présent dans «Pat Garrett and Billy the Kid»), Enrique Lucero («Major Dundee»), René Dupeyron, Yolanda Ponce, et, bien entendu, l’excellent Emilio Fernandez qui, après avoir incarné l’abject général Mapache dans «La Horde sauvage», se glissa avec délice dans la peau du non moins abominable El Jefe. Chalo Gonzales, qui faisait aussi de la figuration dans «The Wild Bunch» faisait également partie de la distribution de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA. Assistant personnel et chauffeur attitré de Sam Peckinpah depuis que ce dernier s’était fait intercepter par les forces de l’ordre au volant de sa Corvette dans un état d’imprégnation alcoolique nettement supérieur à celui toléré par la loi, Chalo Gonzales avait pour fonction de véhiculer le réalisateur lors de ses multiples déplacements, tâche dont il s’acquittait scrupuleusement, conduisant nonchalamment tout en sirotant du Mescal à même la bouteille et en chantant à tue-tête de vieilles rengaines mexicaines. On pourra donc aisément constater que le personnage qu’il incarne dans le film est loin d’être une oeuvre de composition. De nombreux amis de Sam Peckinpah acceptèrent également de venir tenir des petits rôles voire même de faire de simples apparitions dans son nouveau film. Ainsi, Kris Kristofferson et son pianiste Donnie Fritz (qui avaient tout deux partagés l’affiche de «Pat Garrett and Billy the Kid») se virent attribuer des personnages de bikers animés des plus mauvaises intentions. Richard Bright, Le Al Neri de la trilogie «The Godfather» qui était déjà présent dans «The Getaway» et «Pat Garrett and Billy the Kid», accepta de faire un caméo dans une scène de cantina en compagnie de John Bryson, un photographe de renom travaillant pour Life Magazine et ami proche de Sam Peckinpah qui interprétait déjà le rôle du frère de Jack Beynon/Ben Johnson dans «The Getaway». Gig Young (qui avait déjà collaboré avec le réalisateur à l’époque à laquelle celui-ci travaillait pour Dick Powell à la télévision) et Robert Webber (dont le simple énoncé de la filmographie donne le vertige puisque par exemple juste après BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA, il ira tourner «Soldat Duroc ça va être ta fête» pour le compte de Michel Gérard, un réalisateur français si désespérément pitoyable que, par comparaison, Max Pécas passerait presque pour Erich Von Stroheim) endossèrent eux le rôle d’un duo de meurtriers semblants liés l’un à l’autre par une relation franchement équivoque. Quant au producteur du film, Helmut Dantine, ce n’est bien entendu pas par hasard si Sam Peckinpah lui attribua le rôle d’un caïd du syndicat du crime. Le rôle d’Elita, maîtresse d’Alfredo Garcia et accessoirement petite amie de Benny, le personnage principal du film, était initialement destiné à la comédienne mexicaine Aurora Clavell («Major Dundee», «The Wild Bunch» et «Patt Garrett and Billy the Kid») lorsque Sam Peckinpah fit la connaissance de la femme de Jorge Russek, la comédienne Isela Vega. Impressionné par la beauté sans fard de la jeune femme, le réalisateur lui proposa de tourner un bout d’essai au terme duquel il apparut évident qu’elle était l’incarnation parfaite d’Elita. Enfin pour le rôle du calamiteux Benny, il semble que le réalisateur ait longtemps hésité entre Peter Falk et son compadre Warren Oates avec qui il avait déjà collaboré nombre de fois (à la télévision pour des épisodes «The Rifleman» et «The Westerner» et ensuite sur grand écran pour «Ride the High Country», «Major Dundee», «The Wild Bunch»). Bien que Peter Falk et le réalisateur aient depuis de longues années tissé de forts liens d’amitié (et aient évoqué à plusieurs reprises le désir de travailler ensemble), Sam Peckinpah finit par porter son choix sur son éternel sidekick, l’excellentissime Warren Oates qui décrocha à cette occasion le premier rôle principal de sa trop courte carrière.
Le tournage qui débuta en août 1973 prit pour toile de fond les villes de Mexico, Oxtotipac, Parres, La Cima, Huitzilac, Chalco et La Plaza et se déroula sans incident notable. La consommation d’alcool de Sam Peckinpah demeurait toujours aussi excessive, mais semblait avoir des effets moins dévastateurs sur ses capacités de mise en scène qu’elle n’en avait eu sur le tournage de «Pat Garrett and Billy the Kid». Ils semblerait que durant les prises de vues de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA, Sam Peckinpah avait en quelque sorte atteint l’œil de son cyclone intérieur, mais ce semblant d’accalmie n’augurait en aucune sorte une amélioration de son état général, elle présageait en fait de nouvelles tempêtes à venir. Le tournage pris fin aux alentours de Noël 1973 tandis que le réalisateur et les monteurs Dennis Dolan, Sergio Ortega et Robbe Roberts se mettaient à l’ouvrage. Le montage du film se termina au printemps 1974 alors que Sam Peckinpah mettait la dernière main à «Bad Blood Baby», une chanson qu’il avait spécialement composée pour le film. Les premières preview du film furent organisées par United Artists en juin 1974 et furent tout simplement catastrophiques. Au terme de chacune d’elles, plus de la moitié du public avait quitté la salle avant la fin du film, abasourdie et vaguement écœurée par le déchaînement de brutalité et de fureur dont elle venait d’être témoin. Échaudé par le résultat de ces avant-premières et tout à fait conscient du caractère résolument extrême de l’œuvre, United Artists décida de sortir le film à la sauvette en limitant au maximum la couverture médiatique. La majorité des critiques, à l’exception de Roger Ebert du «Chicago Sun» et Jay Cocks du «Time» furent quasiment horrifiés par le film qui fut unanimement qualifié «ramassis d’ineptes fantasmes machistes» voire «de stérile apologie de la violence».
Méprisé du public et conspué par la critique, BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA fut ironiquement le dernier film sur lequel Sam Peckinpah jouit d’une totale liberté créatrice, sans entrave aucune. Plus jamais dans sa carrière il n’aura l’opportunité d’exprimer de façon aussi absolue son génie créatif et sa vision quasi nihiliste des tourments de l’âme humaine. C’est sur le tournage de son film suivant, que Sam Peckinpah expérimentera pour la première fois de sa vie l’usage de la cocaïne dont il deviendra instantanément un consommateur effréné. Cette nouvelle forme d’addiction alimentera de façon paroxystique sa colère et sa paranoïa, le rendant totalement incapable d’assumer pleinement ses fonctions de metteur en scène sur ses films suivants. De façon presque prémonitoire il déclara en 1974 : «J’ai réalisé ALFREDO GARCIA, exactement de la façon que je voulais qu’il soit. Bon ou mauvais, que vous l’aimiez ou le haïssiez, c’est MON FILM!!» On ne saurait rêver plus belle épitaphe pour le plus hors la loi de tous les réalisateurs. Apportez-moi la tête de Sam Peckinpah! Le Mexique a, depuis toujours, exercé une étrange fascination sur l’imaginaire de Sam Peckinpah. Mirage d’une éternelle terre promise, hypothétique havre de liberté, il symbolise fréquemment l’ultime frontière que la plupart des protagonistes de ses films doivent à tout prix traverser, pour espérer se défaire de l’adversité qui les accable. De la même manière que les héros de tragédies antiques se doivent, après leur mort, de franchir les rives du fleuve Styx afin de continuer leur périple vers la paix éternelle aux confins des enfers, les personnages nés de l’imagination de Sam Peckinpah sont, eux, communément tenus de traverser les eaux tumultueuses du Rio Grande. Que cette épopée soit le terme d’un long voyage («The Getaway» ou plus explicitement encore «Convoy» dans lequel le personnage principal ressuscite d’entre les morts à la suite d’un plongeon dans le fleuve) ou bien le commencement d’un nouveau («Major Dundee», «The Wild Bunch»), elle a toujours le Mexique pour ultime destination. Cette espérance en un «ailleurs» porteur de rêves en des lendemains meilleurs, constante quasi immuable de l’immense majorité des films de Sam Peckinpah (qu’il s’agisse de la campagne anglaise dans laquelle se réfugie le couple de «Straw Dogs» afin de sauver son mariage du naufrage ou encore l’Eldorado australien rêvé par Ace, le père du personnage de Steve McQueen dans «Junior Bonner») se retrouve également dans la vie personnelle du metteur en scène qui, comme on l’a vu auparavant, caressa longtemps le projet de déménager ses pénates en Amérique centrale. Il semble donc, à posteriori, que la décision du réalisateur de transposer l’action de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA des États-Unis au Mexique n’avait rien d’une subite lubie mais s’inscrivait bel et bien dans la logique de sa vision artistique. Tout comme pour ses films précédents se déroulant en ces lieux, Sam Peckinpah réussit encore une fois avec BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA à capturer l’essence de ce pays si paradoxal en superposant comme à son habitude une vision extrêmement romantique des réalités de la vie mexicaine avec une approche ultra réaliste privilégiant par exemple l’emploi quasi systématique de comédiens non professionnels pour incarner les rôles secondaires ou encore faire office de figurants. Aussi multiples et variés que soient les origines de l’attraction que le Mexique produisait sur Sam Peckinpah, il n’en demeure pas moins sur que la découverte qu’il fit durant ses études en art dramatique du phénoménal roman de Malcolm Lowry «Under The Volcano» en soit l’un des motifs fondateurs. Ce long roman, dont l’action toute entière se déroule à Cuernavaca durant la fête des morts, le 2 novembre 1937, relate la longue déchéance de Geoffrey Firmin, l’ex consul de Grande Bretagne au Mexique. Alcoolique rongé par des souvenirs de guerre douloureux, consumé de chagrin par le départ de son épouse, Geoffrey Firmin est au terme d’un long et douloureux processus d’auto-destruction qui va le pousser à aller défier les membres des sinarquistas, une milice d’extrême droite aux ordres de l’Allemagne nazie. «Under the Volcano» devint instantanément l’un des livres de chevet de Sam Peckinpah qui n’aura de cesse de tenter, tout au long de sa carrière, de porter à l’écran ce roman pourtant réputé inadaptable. D’ailleurs, Richard Burton, un autre ardent thuriféraire de l’œuvre de Malcolm Lowry, s’était solennellement engagé auprès de Sam Peckinpah à interpréter gratuitement pour lui le rôle de Geoffrey Firmin. Si ce projet ne parvint malheureusement pas à voir le jour («Under the Volcano» ne sera finalement porté à l’écran qu’en 1984 sous la houlette de John Huston avec le prodigieux Albert Finney dans le rôle du consul), il n’en reste pas moins que l’ombre du roman de Malcolm Lowry plana tout de même longtemps sur nombre de films de Sam Peckinpah et sur BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA plus particulièrement. On retrouve ainsi dans le personnage de Benny énormément de points communs avec le héros du livre de Malcolm Lowry. Outre une propension certaine à l’éthylisme, les deux hommes partagent une vision du monde si résolument pessimiste, voire franchement nihiliste, qu’elle leur interdit d’envisager la plus petite opportunité de rédemption. Tout comme le consul Geoffrey Firmin est incapable de renouer avec sa femme qui est pourtant revenue vers lui, Benny, malgré les supplications d’Elita n’hésitera pas à tout sacrifier, y compris son âme, à sa quête insensée de la tête de l’insaisissable Alfredo Garcia. Ces deux personnages, aussi jusqu’au-boutistes l’un que l’autre sont des héros selon le cœur de Sam Peckinpah. Des personnages enfin débarrassés des tristes oripeaux de la condition humaine, libérés de leurs espoirs, de leurs peurs et dépourvus d’avenir. Ils ne sont déjà plus que des spectres errants encore parmi les vivants. Ainsi, l’un comme l’autre, ne quittent jamais de jour comme de nuit leurs lunettes de soleil dont les épais verres fumés semblent vouloir évoquer les orbites béantes des têtes de mort. Le costume de lin blanc de Benny, originellement d’une pâleur de suaire, se souillera progressivement de sueur, de terre et de sang au fur à mesure de son périple tout comme l’ultime tuxedo du consul, qui, maculé de boue et d’ordure, lui servira de linceul. On peut aisément établir le même genre de corrélation entre les personnages d’Elita et d’Yvonne Firmin. Si, toutes deux compagnes infidèles, ont un instant succombé aux charmes d’un séducteur aux manières enjôleuses (Jacques Laruelle/Alfredo Garcia) elles n’en demeurent pas moins les seuls personnages positifs des deux histoires. Symbolisant la lutte éternelle entre Éros et Thanatos, entre l’instinct de vie et l’instinct de mort, elles sont le rempart qui doit s’interposer entre Benny/Geoffrey et leurs éternelles pulsions suicidaires. Si le thème de la désagrégation du couple constitue le cœur même du roman de Malcolm Lowry, il est également un des sujets de prédilection de Sam Peckinpah puisqu’on le retrouve au centre de films tels que «Straw Dogs», «The Getaway», «Cable Hogue» et sera plus tard l’une des composantes dramatiques essentielles de «The Osterman Week End». Le mécanisme même du processus de détérioration d’une relation amoureuse fascinait le réalisateur à un tel point qu’il n’hésita pas à retranscrire mot pour mot une querelle qui l’avait opposé à sa seconde épouse, Begonia Palacio, dans une scène entre Pat Garrett et sa femme pour «Patt Garrett and Billy the Kid». Comble de l’ironie, c’est cette même Begonia Palacio qui devait incarner l’épouse de Pat Garrett avant que Sam Peckinpah ne la fasse virer manu militari du plateau de tournage sous un fallacieux prétexte afin de la faire remplacer par Aurora Clavell. Cette volonté d’émailler ainsi ses récits de repères autobiographiques reste probablement l’une des facettes les plus fascinantes de l’œuvre de Sam Peckinpah. Même s’il est fort probable que la grosse majorité de ses œuvres antérieures recèlent, elles aussi, des éléments puisés dans les souvenirs du réalisateur, c’est avec «Ride the High Country» que Sam Peckinpah commença réellement à instiller sa vie personnelle dans les scénarios mêmes de ses films. Ainsi, le personnage de Steve Judd, interprété par Joel McCrea, était très fortement inspiré de David Peckinpah, le père de Sam, un célèbre avocat californien reconnu pour son honnêteté et sa rectitude. Quelque quatre ans plus tard, c’est sa propre mère qui lui servira d’inspiration pour le personnage de Ellie Thompson (Olivia de Havilland), l’épouse bigote et hypocrite de Jason Robards dans le téléfilm «Noon Wine». Après avoir assisté aune projection du film, Fern Peckinpah, blessée, ne fit aucun commentaire sur la façon dont son fils l’avait décrite à l’écran, mais n’accepta jamais de revoir ce film. Avec «The Wild Bunch» le réalisateur gravit un degré de plus dans l’implication personnelle puisque, à partir de là, il n’eut de cesse de s’auto-mettre en scène dans chacun de ses films. Sa fille Sharon Peckinpah raconte qu’encore aujourd’hui elle est souvent prise de frissons en regardant le personnage de Pike Bishop (William Holden) tant il ressemble physiquement et psychologiquement à son père. C’est probablement lors de la scène du village mexicain, alors que Pike, assis au pied d’un arbre, s’adresse à Angel d’un ton sans réplique, le pointant du doigt, le coude reposant sur le genou, que la ressemblance entre l’acteur et le réalisateur s’avère la plus flagrante. Cette volonté d’utiliser certains des personnages de ses films comme miroir de sa personnalité atteignit son point culminant avec BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA. Dans le rôle de Benny, Warren Oates s’imposa sans conteste, comme le véritable alter ego du réalisateur avec d’autant plus de facilité qu’il existait entre les deux hommes une complicité de longue date doublée d’une ressemblance physique assez troublante. Durant le tournage, Sam Peckinpah ne laissa à personne l’opportunité d’intervenir de près ou de loin sur l’aspect physique du personnage. Il convainquit facilement Warren Oates de se laisser pousser une fine moustache en tout point semblable à celle qu’il arborait à l’époque et s’occupa personnellement de sélectionner tous les éléments constituant la garde-robe du personnage. Il choisit lui même le costume de lin blanc, la chemise à motifs et la cravate à système qui représentaient l’essentiel de la panoplie du personnage. La fameuse paire de lunettes de soleil dont Benny ne se sépare pratiquement jamais appartenait au réalisateur tandis que le pistolet automatique avec lequel il allait semer la mort et la destruction était, bien entendu, un Colt 45 modèle US Army, l’arme de prédilection de Sam Peckinpah et de nombre de ses incarnations cinématographiques du Doc McCoy/Steve McQueen, le héros de «The Getaway» jusqu’aux renégats de «The Wild Bunch». Ce phénomène de transfert qui poussait Sam Peckinpah à sans cesse s’incarner dans l’un ou a l’autre des protagonistes de ses films ne peut, en aucune manière, être interprété comme une manifestation égotique consciente de la part du réalisateur tant, le processus pouvait se révéler douloureux, comme c’est le cas dans BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA. Si, jusqu'à date, les émanations cinématographiques de la psyché tourmentée du metteur en scène présentaient un semblant d’équilibre entre des tendances résolument auto-destructrices et de fulgurantes pulsions salvatrices (David Summer qui refuse de livrer Henry Niles à une foule déchaînée dans «Straw Dogs», la horde qui se porte à la rescousse d’Angel dans «The Wild Bunch» ou encore Doc McCoy qui partage son butin avec le vieil homme qu’il a prit en otage à la toute fin de «The Getaway»), Benny s’impose d’entrée de jeu comme le personnage le plus totalement désespéré imaginé par Sam Peckinpah. Loser pathétique et paumé, Benny est un de ces laissés pour compte sur lequel la plupart des gens ne posent qu’un regard dédaigneux et qui, sous des airs bravaches, tente tant bien que mal de dissimuler sa profonde vulnérabilité. Méprisé par son entourage, humilié par ses employeurs, il ne peut se raccrocher qu’à Elita, sa compagne dont il supporte les infidélités, mais qui reste la seule personne à lui témoigner une affection véritable. La totale dépendance de Benny envers sa conjointe sera d’ailleurs remarquablement explicitée lors de la confrontation du couple et des deux bikers. Rudoyée par les membres d’un gang de motards, Elita acceptera, sous les yeux de Benny, de céder aux avances de ses deux agresseurs dans le seul but de protéger son conjoint. Ce geste de miséricorde de la part de la jeune femme sera perçu par son amant comme une humiliation supplémentaire. Fou de rage, Benny réussira à arracher son arme à l’un des motards et abattra de sang-froid les deux hommes. Cette séquence (dont Clint Eastwood fera une très habile relecture dans «The Gauntlet») peut d’ailleurs être considérée comme une des scènes charnières du film puisqu’en quelque sorte elle symbolise l’éveil de Benny à la violence (sujet que Sam Peckinpah avait déjà brillamment abordé a l’occasion de l’un des épisodes de la série «The Westerner» au cours duquel un attardé mental se transformait en véritable machine à tuer après que l’on lui eut confié une arme à feu) et marque le début de sa mortelle randonnée. Les termes qui régissent les relations entre Benny et les barons du syndicat du crime pour lesquels il est chargé d’accomplir sa macabre besogne se veulent, eux, une transposition à peine voilée des rapports que Sam Peckinpah entretenaient avec les exécutifs des studios chargés de veiller à la production de ses films. Sarcastiquement, le réalisateur n’hésita pas à offrir à l’un des principaux bailleurs de fonds de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA, le comédien Helmut Dantine (avec qui étonnamment il n’entretint que des rapports extrêmement cordiaux), le rôle du chef de la bande de truands pour lesquels travaille Benny, exacerbant ainsi la virulence de sa métaphore. Ironiquement, d’entrée de jeux, le contrat qui lie Benny et la pègre s’avère bien entendu être un véritable marché de dupe puisqu’il se voit chargé de s’acquitter pour à peine dix mille dollars de l’essentiel de la tâche qui doit rapporter un million à ses commanditaires. Mais en fin de compte, fidèle à sa réputation d’intransigeance, Benny/Sam finira ultimement par se retourner contre ses maîtres pour mordre cruellement la main qui le nourrit, transformant l’épilogue de son périple en déluge de feu et de sang. BRING ME THE HEAD OF ALFRO GARCIA demeure sans nul doute le film le plus totalement introspectif et probablement le plus fascinant de la carrière de Sam Peckinpah. Au travers de ce polar plein de bruit et de fureur, il nous propose une véritable réflexion sur la corruption le pouvoir et l’argent ainsi qu’un troublant auto-portrait de l’artiste, dénué de toute vision romanesque, pétri de contradictions et douloureusement hanté par les démons de son enfer intérieur. LE DVD BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA est proposé dans son format original 1.85:1 avec transfert anamorphosé (16:9). Encore un magnifique transfert signé MGM, qui, décidément, gâte énormément les amateurs de films des années soixante-dix. Les superbes scènes nocturnes qui émaillent le film, tournées en majorité en «nuit américaine», sont à cet égard magnifiquement restituées dans toute leur étrangeté. La copie semble avoir été méticuleusement nettoyée de toutes traces de rayures, points blancs et autres imperfections. Seul petit bémol, lors de certaines scènes, les arrière plans (surtout les cieux) semblent parfois présenter un aspect quelque peu granuleux comme c’est le cas lors de la séquence durant laquelle Benny et Elita font une pause, assis contre un arbre sur le bord d’une route. La bande-son originale de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA est proposée en version originale anglaise Dolby Digital 2.0 Mono. Bien que d’une qualité tout à fait honorable, ce mixage original mono présente toutefois quelques défauts assez surprenants. Le plus flagrant d’entre eux se manifeste sous la forme d’une réverbération excessive de certains éléments sonores tels que des bruits de pas (lors la scène se situant dans le hall du motel) ou encore des bruits de moteurs qui donnent l’impression d’avoir été enregistrés dans un tunnel en courbe. Seul le mixage original anglais est proposé sur cette édition. Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles. Suppléments Audio Commentary : Paul Seydor, Garner Simmons, David Wedlle et le modérateur Nick Redman reprennent encore une fois du service pour assurer le commentaire audio de cette édition de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA. Bien que tout à fait passionnante, cette piste commentaire ne se révèle pas aussi captivante que celle de «Junior Bonner» ou encore «The Osterman Week End». En effet, trop souvent, les intervenants ont tendance à se couper la parole, interrompant ainsi leur interlocuteur au milieu de son exposé et laissant les auditeurs sur leur faim. Il aurait été préférable, à mon avis, de séparer les intervenants en deux groupes et de proposer ainsi deux pistes de commentaires complémentaires. Original Theatrical Trailer : Le film annonce original BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA, présenté ici au format 1.85:1 anamorphosé. Studio éditeur : MGM Date de sortie : 22 mars 2005 Film : 5/5 Image : 4/5 Son VO : 3,5/5 Bonus : 3,5/5 Edmund Dorf edna@dvdquebec.com Mercredi 1 Juin 2005
Dans la même rubrique :
THE LAST TEMPTATION OF CHRIST (LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST), le DVD zone 1 de l’éditeur Alliance Atlantis - 17/12/2007PEER GYNT (1941), le DVD zone 0 - 14/12/2007THE DAY OF THE TRIFFIDS (1981), le DVD zone 1 - 26/11/2007A DOG’S BREAKFAST, le DVD zone 1 - 23/11/2007THE GOOD GERMAN (L’AMI ALLEMAND), le DVD zone 1 - 15/11/2007THE RETURN OF THE LIVING DEAD (LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS) (1985), l'édition DVD de collection en zone 1 - 14/11/2007KANSAS CITY CONFIDENTIAL (1952), le DVD zone 1 - 06/11/2007HD DVD Critiques | Blu-ray Critiques | DVD Critiques | Informations | Tirages | | DVD 2003-2006 (Coups de coeur) | |
||
|
UnePorte.Net est produit au Québec.
Plusieurs logos, images et marques de commerce publiés dans nos pages appartiennent aux propriétaires respectifs. ©Copyright UnePorte.Net 2002-2007. Tous droits réservés. Design : Marie-Hélène Pierre |
||

DVD/HD DVD/Blu-ray (Critiques A à Z)

