BREAKFAST AT TIFFANY’S (DIAMANTS SUR CANAPÉ) (1961), l'édition DVD anniversaire zone 1L’aube s’ouvre sur la 5e Avenue dans un Manhattan désert aux lueurs du petit matin. Après une autre nuit agitée, une jolie jeune femme descend d’un taxi garé aux abords de chez Tiffany et se recueille devant les étalages de la célèbre bijouterie tout en dégustant café et croissant. Ainsi s’ouvre l’un des plus célèbres petits déjeuners de l’histoire du cinéma, sur la mélodie enivrante de MOON RIVER de Henry Mancini. Nous voici introduits dans le petit monde de Holly Golightly...
BREAKFAST AT TIFFANY’S (DIAMANTS SUR CANAPÉ) (1961), l’édition DVD anniversaire zone 1
Cautionné par une dame de la haute (Patricia Neal) et fraîchement débarqué à New York dans l’espoir de mousser sa carrière d’écrivain, Paul Varjak (George Peppard) élit domicile dans un immeuble à appartements sis dans un quartier branché de la ville. Il y fait la rencontre de Holly Golightly (Audrey Hepburn), jeune call-girl à la quête d’un bon parti et dont les soirées mouvementées font les délices de ses fréquentations (allant d’un riche héritier brésilien à un caïd de la mafia) tout en s’attirant les foudres de M. Yunioshi (Mickey Rooney), l’étrange photographe japonais qui habite au-dessus. Intrigué et attiré par l’extravagance de sa jolie voisine, Paul se lit rapidement d’amitié avec Holly qui le lui rend bien en l’entraînant dans le tourbillon de sa vie mondaine. Cette amitié profite à Paul qui bénéficie de l’expertise de quelques-unes des nombreuses connaissances de la jeune femme et celui-ci se voit sur le point d’être cautionné par O.J. Berman (Martin Balsam), un agent artistique très influent. Cette amitié se transformera peu à peu en amour véritable pour Paul qui n’est cependant pas au bout de ses peines alors que la visite d’un homme mystérieux lui vaut quelques révélations troublantes sur le passé flou de Holly.
Ce premier opus majeur de la filmographie du père de la Panthère Rose se veut aussi une adaptation de la célèbre nouvelle de Truman Capote (IN COLD BLOOD). Jouer au jeu des comparaisons entre la nouvelle et l’adaptation cinématographique scénarisée par George Axelrod (THE MANCHURIAN CANDIDATE) pourrait résulter en une analyse péjorative ne rendant pas justice à la qualité de la production. Le texte original de Capote (paru en 1958) se voulait un portrait doux-amer et légèrement cynique de certaines moeurs décadentes de la bourgeoisie new-yorkaise. Pour les besoins de la mise en image et surtout pour accommoder sa star, le tandem Blake Edwards/George Axelrod a cru bon de devoir édulcorer certains éléments dérangeants de la nouvelle de Capote, où le personnage principal affichait fièrement sa bisexualité tandis que les propos se voulaient souvent teintés de métaphores à caractère sexuel. De plus, certains des personnages récurrents (le barman Joe Bell, la suspicieuse Sapphia Spanella) s’avèrent complètement absents du script tandis que le personnage de M. Yunioshi est relégué à des fins strictement burlesques et caricaturales grâce à une interprétation surappuyée et outrancière d’un Mickey Rooney, semblant tout droit sorti d’une pièce de vaudeville, maquillage et fausses dents à l’appui. Tout pour laisser libre cours à la colère des puristes de l’oeuvre originale de Capote. Pourtant, le film de Blake Edwards mérite une seconde attention, et surtout d’être abordé comme une entité distincte. Si le script n’adopte pas le ton sardonique de la nouvelle, il n’en demeure pas moins que celui-ci en conserve l’essence, de par ses observations amusées sur cette faune typique de la jungle new-yorkaise, et malgré que certains peuvent être tentés de souligner le caractère souvent superficiel de l’idéal du bonheur véhiculé par Mademoiselle Golightly (représentés par les riches prétendants et les joyaux exposés chez Tiffany), on se laisse pourtant prendre au jeu de cette romance glamour grâce à l’apport énorme de Audrey Hepburn, apparaissant ici dans tout l’éclat de sa lumineuse beauté dans un des rôles les plus célèbres de sa carrière. L’oeil vif et espiègle, avec cette candeur touchante que l’on lui associe toujours, Hepburn, supportée par des tenues signées Givenchy, son couturier attitré, a fait de Holly Golightly une des principales icônes féminines des années 1960. Le charme de cette chère Audrey est si communicatif que l’on ne peut que se laisser emporter par les rêveries de cette jeune fille qui, sous ses allures de délurée, recherche pourtant bien naïvement le prince charmant. Il n’en demeure cependant pas moins qu’Edwards, sachant être sulfureux à ses heures, a su garder quelques aspects égrillards de la nouvelle de Capote, comme ce passage où Holly Golightly se plait à souligner avec quelle facilité elle peut se “faire cinquante dollars simplement en se repoudrant le nez aux cabinets”, citation qui est ici reprise presque textuellement du manuscrit de Capote et qui ne laisse aucun doute sur le plus vieux métier du monde pratiqué par notre héroïne. Certains des personnages, comme le combinard O.J. Berman incarné par Martin Balsam (TWELVE ANGRY MEN, PSYCHO), semble tout droit sorti du texte original du romancier et George Peppard (le futur Hannibal Smith de la série THE A-TEAM) s’acquitte honorablement de son rôle, quoique ses allures de jeune premier toujours vêtu d’un complet veston ne correspond pas exactement à l’image que l’on peut se faire d’un écrivain fauché ; Patricia Neal (HUD), incarnant un personnage expressément inventé pour les besoins du film, prend les rênes d’un rôle ingrat avec toute la dignité qu’on lui connaît. Le talent particulier de Blake Edwards pour la comédie se manifeste encore ici. Grâce à quelques petites drôleries parsemées çà et là, l’on peut reconnaître la touche du réalisateur, comme la séquence de la réception dans l’appartement de Holly où se déroule une multitude d’événements cocasses; une séquence semblant être un prélude en bonne et due forme à THE PARTY (1967), une des plus célèbres comédies du tandem Blake Edwards/Peter Sellers. La mise en scène souple et élégante du réalisateur, secondé par une équipe de vieux pros comme le chef-opérateur Franz F. Planer (THE BIG COUNTRY), s’occupe du reste et insuffle à l’ensemble un rythme languissant et presque hypnotique semblant en complète symbiose avec la partition musicale inoubliable (et oscarisée) de Henry Mancini, musicien attitré de Blake Edwards et auteur du célèbre thème de la série de la Panthère Rose. BREAKFAST AT TIFFANY’S est présenté en format panoramique 1.85:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9) correspondant à son format original de présentation en salle. Le transfert offert ici comprend une belle définition d’image composée d’une agréable saturation des couleurs doublée d’un bon rendu des contrastes grâce notamment à une bonne profondeur des noirs, d’où l’on ne dénote seulement qu’un léger flou dans les contours d’images. Bref, Audrey est ici plus éclatante que jamais ! Cette édition offre BREAKFAST AT TIFFANY’S dans sa version originale anglaise avec une piste offrant un nouveau remixage en format Dolby Digital 5.1. Malgré son format, l’ensemble de l’environnement se retrouve principalement sur le canal central et les canaux avant, avec quelques petits éléments furtifs se faisant entendre dans les canaux arrière. Le tout bénéficie toutefois d’une bonne isolation des textures sonores, où les dialogues sont bien juxtaposés à l’ensemble du paysage, et le niveau des basses est acceptable, faisant particulièrement sentir sa présence à la séquence du générique, s’ouvrant sur le célèbre thème de Henry Mancini. Pour les inconditionnels, cette édition offre aussi la version originale anglaise en format Dolby Digital 1.0 Mono correspondant à son format d’origine et la version française (doublage produit en France) est aussi disponible dans le format Dolby Digital 1.0 Mono, mais de qualité nettement inférieure, de par la présence de nombreuses distorsions et coupures qui altèrent parfois le plaisir de l’écoute. Des sous-titres anglais sont aussi offerts en option, et comme c’est de mise chez Paramount, les sous-titres français y sont absents avec le film. BREAKFAST AT TIFFANY’S a déjà fait les frais d’une précédente édition épurée ne contenant comme supplément que la bande-annonce originale. À l’occasion du 45e anniversaire de la production, cette édition spéciale offre en complément les suppléments suivants : Commentaire audio de Richard Shepherd Producteur de BREAKFAST AT TIFFANY’S, Richard Shepherd (THE HUNGER) nous convie à une piste de commentaires menée d’un rythme inégal, ponctué de nombreuses pauses. Shepherd soutire tout de même quelques réflexions intéressantes sur le travail de George Axelrod et Blake Edwards sur cette production. On y apprend, entre autres, que Truman Capote désirait que Marilyn Monroe incarne miss Golightly à l’écran, et que le premier réalisateur pressenti pour cette adaptation fut John Frankenheimer (BIRDMAN OF ALCATRAZ, GRAND PRIX). Frankenheimer et Axelrod collaboreront finalement ensemble pour THE MANCHURIAN CANDIDATE (1962). The Making of a Classic Petit court-métrage d’une dizaine de minutes récapitulant certaines anecdotes de tournage par le biais d’entrevues avec le réalisateur Blake Edwards et le producteur Richard Shepherd. It’s So Audrey : A Style Icon Autre court-métrage rendant hommage à la carrière d’Audrey Hepburn, en se concentrant principalement sur sa longue collaboration avec le couturier Givenchy. Brilliance in a Blue Box Petite vignette nous offrant une incursion dans les coulisses de la célèbre bijouterie Tiffany. Audrey’s Letter to Tiffany L’année 1987 fut celle du 150e anniversaire de la bijouterie Tiffany. Pour l’occasion, Audrey Hepburn rédigea une lettre ayant servi de préface à un livre commémoratif. Cette lettre est lue ici dans son intégralité. Theatrical Trailer Bande-annonce originale du film diffusée en salle. Trailers Deux bandes-annonces promotionnelles de la Paramount, l’une étant la bande-annonce originale du film ELIZABETHTOWN (Cameron Crowe, 2005) paru récemment en format DVD, et l’autre étant celle de la nouvelle édition spéciale de collection du TITANIC (1997) de James Cameron.
Difficile de juger adéquatement ce classique du cinéma romantique qu’est BREAKFAST AT TIFFANY’S qui, sur certains aspects, s’avère tellement différent de son modèle original. Il n’en reste pas moins une agréable comédie qui se laisse regarder avec un plaisir certain et qui, année après année, rejoint une légion d’admirateurs qui ne jurent que par la beauté et la grâce de sa vedette.
Studio éditeur : Paramount Date de sortie : 7 février 2006 Film : 4/5 Image : 4/5 Son VO : 3/5 Son VF : 2/5 Bonus : 3/5 Marc Lespérance marcl@dvdquebec.com Vendredi 28 Avril 2006
Jean Guèvremont
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