ALIEN VS. PREDATOR, le DVD zone 1Deux espèces de grosses bestioles bien connues vont enfin s’affronter sur nos écrans : à ma droite enfouis sous une grosse pyramide, ces immondes Aliens à la double-machoire meurtrière et au sang saturé d’acide… à ma gauche une bande de chasseurs rastas intergalactiques impitoyables plus connus sous le nom de Predators. Si la légende raconte que des patates se cachent au cœur du champ d’astéroïdes de l’Empire Contre-Attaque… l’histoire retiendra probablement (si elle n’a rien de mieux à faire) que la pellicule ayant servi au tournage d’AVP avait une forte odeur de navet.
ALIEN VS PREDATOR, le DVD zone 1
En ce début de 21eme siècle sur notre bonne vieille planète Terre, un satellite appartenant à la Weyland Corporation découvre l’existence d’une pyramide enfouie sous plusieurs kilomètres de glace au cœur de l’Antarctique. Il n’en faut pas plus à Charles Bishop Weyland (Lance Henriksen) -célèbre pionnier en robotique et président de la compagnie qui porte son nom- pour monter illico presto une expédition qui lui permettra d’être le premier à explorer la pyramide en question, et accessoirement se réserver une place de choix dans les livres d’histoire. À l’aide d’une équipe constituée essentiellement de scientifiques en mal de financement et de mercenaires s’y entendant dans l’art de tirer d’abord et de poser les questions ensuite, Weyland ne tarde pas à découvrir que cette mystérieuse pyramide n’est autre qu’un terrain de jeu destiné à l’affrontement de deux créatures extraterrestres extrêmement redoutables…
A+B = Z ALIEN VS. PREDATOR était à juste titre un film extrêmement attendu pour la plupart des amateurs de science-fiction. Ne serait-ce que parce que le dernier film consacré aux bestioles qui nous embrassent d’abord pour mieux nous dévorer ensuite date quand même de 1997, et que la dernière apparition du Predator au cinéma remonte carrément à la fin des années 80. Certes le chasseur rasta le plus impitoyable de la galaxie est un pur produit de série B, dont le premier opus fut magistralement orchestré par un John McTiernan sur le point de nous scotcher à nos fauteuils avec Die Hard. Mais les Aliens de H.R. Giger sont habitués à un traitement royal : mis en scène par des pointures telles que Ridley Scott, James Cameron, David Fincher (dont ce fut le premier film) et l’excellent Jean-Pierre Jeunet. Autant dire que la rencontre entre ces deux bestioles aussi repoussantes qu’intersidérales méritait beaucoup mieux qu’un massacre en bonne et due forme commis par un faiseur de séries Z notoires en la personne de Paul W.S. Anderson… Monsieur Anderson ne se contente pas de filmer des conneries (Mortal Kombat et Resident Evil en tête), il ose hélas en écrire : notamment le scénario de cette croûte infâme défendu par son producteur soutenant mordicus qu’il s’agit du meilleur script ayant réussi à se frayer un passage jusqu’à son bureau. On aura toutes les peines du monde à le croire dans la mesure où ALIEN VS. PREDATOR est annoncé depuis plus de 5 ans, et qu’il faut beaucoup moins de temps à n’importe quel « Nerd » inspiré pour accoucher d’une « fan-fiction » susceptible d’enfoncer cette histoire aussi plate qu’insignifiante : tenant sur un timbre-poste, bourrée à craquer de faux rebondissements atrocement téléphonés, et peuplée de personnages creux dont le spectateur au comble de l’ennui se foutra royalement… Point de personnages attachants et/ou charismatiques comme Dutch (Schwarzenegger), Blain (Jesse Ventura), Ripley (Sigourney Weaver), Dallas (Tom Skeritt), Kane (John Hurt), Newt (Carrie Henn) ou Hicks (Michael Biehn) pour ne citer qu’eux dans le but de meubler agréablement une première partie et d’intéresser le spectateur à ce qui se passe sur l’écran. Et pas un seul comédien potable dans AVP en dehors du trop rare Lance Henriksen (venu cachetonner plus qu’autre chose tant il est sous-employé) et de Raoul Bova (acteur célèbrissime en Italie) qui a très probablement accepté de se fourvoyer dans cette galère dans le seul et unique but de payer ses impôts. Devant ce manque flagrant d’enjeux susceptibles d’impliquer tout spectateur un tant soit peu exigeant dans cette aventure consternante, on en vient à espérer que les bestioles extermineront tout ce petit monde le plus rapidement possible, ce qui –heureusement– arrive assez vite et dans l’indifférence la plus totale ! L’équipe d’exploration alors réduite à son strict minimum lors de la seconde partie du film, ce dernier éveille alors un semblant d’intérêt, hélas miné par ce scénario convenu versant dans la surenchère d’effets visuels à défaut de chercher à surprendre son public. À défaut d’être explosif, cet affrontement mettant en scène un Alien et un Predator à la sauce Paul W.S. Anderson, s’avère être un atroce pétard mouillé. Ouste, aux oubliettes ! AVP nous est offert dans son format original respecté de 2.35:1 d’après un transfert anamorphosé (16:9) (une édition plein écran étant disponible séparément à la vente). Autant le dire tout de suite, Fox fait très fort avec ce pressage tant celui-ci réalise un quasi-sans-faute : la définition est exemplaire, les noirs sont purs (même s’ils virent parfois au gris) et la colorimétrie (malgré le peu de couleurs utilisées sur ce film) est impeccable. La compression numérique s’avère aussi invisible qu’un Predator en tenue de camouflage : rien (hormis la mauvaise qualité du film) ne viendra vous gâcher le plaisir. Le DTS est une fois de plus à l’honneur avec Fox, de même que le Dolby Digital 5.1 pour la version originale anglaise. Ces deux mixages s’avèrent extrêmement agressifs (avec une mention spéciale pour la piste DTS) transformant plus que jamais votre installation de cinéma maison en véritable champ de bataille tout en anéantissant vos relations de bon voisinage. Toutes les enceintes étant constamment mises à contribution (et tout particulièrement le canal .1 LFE) dans un déluge d’effets sonores tonitruants, inutile de préciser que la piste française (doublage produit au Québec) et espagnole en Dolby Digital 2.0 Surround n’ont aucune chance de soutenir la comparaison, même si elles s’en tirent honorablement compte tenu des limitations de ce format. Une fois de plus déplorons la mauvaise habitude de Fox de ne pas inclure de sous-titres français pour le visionnement du film en version originale. Les suppléments suivent hélas la politique éditoriale actuelle du studio concernant ce genre de blockbusters : aussi peu nombreux qu’atrocement promotionnels. Avec par exemple cet immonde making-of réussissant là encore l’exploit de résumer l’intégralité du film en 10 minutes : un détail assez gênant dans la mesure où ce documentaire cultivant autosatisfaction, langue de bois et révélations concernant l’intrigue était très largement diffusé sur Internet pour quiconque ayant eu la mauvaise idée de le visionner. Trois scènes coupées totalement rasoirs pointent le bout de leur nez à défaut de venir relever le niveau. Signalons tout de même la possibilité de pouvoir visionner le film avec une séquence d’ouverture inédite… une séquence qui, bien que n’apportant pas grand chose, permet de rendre le film quelque peu plus cohérent au niveau de l’intrigue. Deux commentaires audio nous sont proposés lors du visionnement du montage sorti en salles. Paradoxalement, le premier commentaire mettant en vedette Paul W.S. Anderson, Lance Henriksen et Sanaa Lathan s’avère relativement agréable à écouter : plein de bonne humeur, bourré à craquer d’autosatisfaction de la part du réalisateur et d’autodérision de la part d’Henriksen… mettant en avant quelques petits détails intéressants sur de nombreuses scènes… mais aucune chance d’apprendre quoi que ce soit de pertinent sur l’art et la manière de réaliser un film digne de ce nom. Le second commentaire audio étant consacré à l’équipe des effets visuels, le contenu potentiellement plus instructif s’avère pourtant totalement soporifique de par le ton des intervenants et les nombreux silences séparant chaque intervention. Une galerie d’images consacrées au comic book d’AVP, ainsi que des bandes-annonces pour des produits Fox viennent clôturer le chapitre des suppléments… ----------------------------------------------------- Tentant de ressusciter deux franchises ayant fait leurs preuves dans le passé, la 20th Century Fox gaspille 65 millions de dollars en se trompant à la fois de réalisateur et de scénariste dans ce ratage intégral qu’il conviendra d’oublier de toute urgence. Dans l’espoir qu’un beau jour, Ridley Scott, James Cameron ou John McTiernan décident de nous embarquer de nouveau à bord d’un vaisseau spatial à bord duquel nul ne nous entendra crier. Studio éditeur : 20th Century Fox Date de Sortie : 25 janvier 2005 Film : 2/5 Image : 4/5 Son VO : 4,5/5 Son VF : 3/5 Bonus : 2/5 Alexandre Doukakis alexandre@dvdquebec.com Jeudi 20 Janvier 2005
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